CHAPITRE QUATRIEME
tympan l’image de la royauté, que la Révolution victorieuse avait fait disparaître, par les figures en plâtre de la Liberté et de lEgalité; mais il ne reste aucun dessin de cette œuvre qui, dit-on, m'avait pas un grand mérite, et nous ignorons l’époque précise où elle disparut à son tour.
Le 28 août précédent, à trois heures du soir, on avait renversé la statue équestre de Louis XIV, due au sculpteur Desjardins (1), qui ornait la place Bellecour, mais on conserva et on transporta à l'Hôtel-de-Ville, où elles sont restées depuis, dans le grand vestibule voüté du rez-de-chaussée, les deux statues en bronze du Rhône et de la Saône, appuyées latéralement au piédestal de la statue de Louis XIV, et qui étaient l'œuvre des deux frères Guillaume et Nicolas Coustou (2), neveux
du célèbre Antoine Coysevox (3).
doua
marbre une statue colossale, pour rseille; en 1812, un modèle en plâtre de la statue colossale du général Cervoni, pour le
pont de la Concorde,
Chinard a la bea
tement estimée, du Carabinier.
Paris; enfin, il exécuta, pour de triomphe du Carrousel, la statue, ju
mment des m lités d'im
ination
coup d'ouvrages en terre cuite, no Jaillons ; il n'est pas douteux qu'avec les heureuses q
et de goût quile caractérisaient, il eût produit, à une époque moins agitée, des œuvres plus remarquables. Quoi qu'il en soit, il en a laissé
assez pour qu'il puise prendre place parmi les sculpteurs les plus distingués de Lyon. — (Biographie amiverselle, tome VIII, page 1$7, et autres
documents.)
(G) Martin van den Bogaert, ou Bogaerts est né à Breda (Hollande)
en 1640. Venu jeune à Paris, il traduisit et francisa son nom en celui de
Desjardins; telle est l'orthographe qui est du moins admise communément; cependant on connaît de cet artiste deux signatures, dont l'une,
donnée le 10 octobre 1671
qu'il tint sur les fonds de
ptême, à Saint-Germain-l'Auxerrois, une file de François Girardon, est sous cette
forme : Martin de Jardins ; dans l'autre, en date du 7 septembre 1687, à l'occasion du baptême de Marie-Anne, fille du sculpteur Simon Hurtrel
il écrit: Des Jardins. Le registre de Saint-Germain-l'Auxerrois le fait mourir le 2 mai 1694, « à l'âge de cinquante-cinq ans. » Son corps fut
, et son cœur transporté dans le caveau du chœur de celle de Saint-Laurent.
inhumé dans cette
Desjardins avait un grand talent de sculpteur; il fut surtout célèbre par des monuments en bronze importants, tels que la statue de Louis XIV,
placée sur la place de Bellecour, à Lyon, et celle du même roi, qui décorait la place des Victoires, à Park
; toutes deux ont disparu pendant
la période révolutionnaire, et leurs débris ont servi à faire des canons.
Martin Desjardins eut un f
acques Desjardi
s, qui
Jacques Desjardins, qui était contrôleur des bâtiments du roi de
5 à tait sculpteur comme lui, mais qui parait avoir peu produit, et un neveu, nommé
ire de Biographie et d'Histoire, B
le, etc.)
(2) Nicolas et Guillaume Coustou sont nés à Lyon, tous les deux, de François Coustou, habile menuisier-seulpteur, et de Claudine Coysevox,
sa femme, sœur du célèbre sculpteur de ce nom; le premier en 16ÿ
et le second vi
ans après, en 1678. Nicolas, après avoir pris, chez
son père, les premières notions de son art, vint à Paris, à l'âge de dix-huit ans, recevoir les leçons de Coysevox, son oncle. Ayant remporté le
grand prix de l'Académie, à l'âge de vingt-trois ans, il se
it à Rome, avec une pension du roi. En 1693 il fut reçu de l'Académie et mourut en 1733, à l'âge de soixante-quinze ans. Le second fut aussi élève de Coysevox; comme son frère, il partit pour Rome avec une pension du roi;
ent d'en jouir, et il fut obl
mais des traca
eries l'empêc
pour vivre, de se livrer, dans cette capitale, À des travaux lucratif. De retour à
Paris, il entra À l'Académie, et mourut le 22 février 1746. Les deux Coustou ont eu l'existence la plus laborieuse et on leur doit de nombreux travaux; Guillaume, le plus jeune, fut peutêtre le plus
habile,
ais tous deux eurent un remarquable talent et ils sont des premiers dans cette F
le d'artistes qui entourait Louis XIV.
Il serait trop long d'énumérer le itant la jonction de la Seine et de la
s œuvres; pour le premier, les principales sont un groupe repr
Marne, destiné aux jardins de Marly, d'autres gr
de retours de chasse, aujourd'hui aux Tuileries, ainsi que le précédent, des tritons pour
la cascade rustique de Versailles, une descente de croix placée au fond du chœur
e Notre-Dam
en bronze de la Saône, placée au
piédestal de la statue de Louis XIV, à Lyon. Pour le ond : les figures de D
deux
né et d'Hyppomène, pour !
s Champs-El
jardins de Mar
formés chacun d'un cavalier arrêtant un cheval, placés aujourd’ l'entrée
un Bacchus pour le jardin de Versailles, un
bas-relief dans la ch: le de ce palais; il à
fit celui qui
relief du passage du Rhin, commencé par son
core la porte des
es et beauc portants. Le b
is XIV,
ntant le Rhône, qui ornait un des côtés du piédestal de la statue de
à Lyon, et qui faisait pendant à celui de la Saône, par son frère, se trouve aujourd'hui, avec ce dernier,
de-Vill
jans le grand vestibule de l'Hôtel
Guillaume Cous!
u eut plusieurs enfants, parmi
Ch
s un fils, Guillaume II
ulpteur, né en 1716, reçu à l'Académie le 28 juillet 1742, et mort le
et un autre fils, Pierre
13 juillet 1777. Coustou,
pecteur des bâtiments du roi et architecte. Ce dernier eut un fils, Guillaume-Nicol
continua la carrière de son père, et fut chevalier l'ordre du Roi. — (B.
ne.)
(3) Antoine C
ysevox naquit à Lyon en 1640, d'une
iille qui était d'origine il est mort À Paris le 10 octobre 1
de 80 ans, ayant produit, dans cette longue c
ère, un si grand nombre d'ou
leur énumération donnerait à cette notice une |
qu'elle ne doit pas comf
Saint-Nizie
ter, Une de
premières prod
ctions fut une statue de la Sainte-Vier qui se trouve aujourd’hui dans l'église de
à Lyon, et qu'il exécuta, diton, à dix-sept ans. Bientôt après, il se ren
et sé mit plus particulièrement sous la direction
du sculpteur Lerambert, ami de Lebrun et de Lenôtre. A vingt-s
ace, et ch
ans, il fut appelé
é par le prince évêque
Le parti modéré l'avait emporté à Lyon sur les Montagnards ou Jacobins, tandis qu'à Paris ces derniers avaient triomphé; Lyon fut donc bientôt mis à l'index auprès du Gouvernement; on le représenta comme entaché de sentiments aristocratiques et même de royalisme, et des Commissaires envoyés par la Convention pour connaître l’état des esprits ne firent qu’envenimer la situation par des rapports empreints d’exagération. La tête de Chalier était tombée avec celles de quelques clubistes, après la chute du parti qu'ils personnifiaient, le mouvement Girondin sétait affermi de plus en plus dans la ville, tandis que les Jacobins dominaient, au contraire, à la Convention; celle-ci voulut imposer à Lyon une soumission déshonorante que cette dernière dut refuser. Le siége de la ville fut entrepris par les armées révolutionnaires ; il fournit à la population l’occasion de montrer tout ce que peuvent valoir des citoyens qui combattent pour leurs droits et pour la justice, en leur donnant la force de soutenir une lutte disproportionnée, du 8 août au 9 octobre 1793, avec 8 ou 10,000 hommes, sans habitude des armes, contre une armée de 60,000 hommes, parmi esquels se trouvaient des soldats aguerris. Mais le siége, conduit à la fin avec la plus impitoyable énergie, fit un mal affreux à la ville : des quartiers entiers furent incendiés et détruits par le bombardement, les édifices publics souffrirent tous; l’Hôtel-de-Ville ne fut pas épargné et les dévastations qu'il reçut sont restées apparentes jusqu’au moment de la dernière restauration qui en fut entreprise.
Après le siége, la Convention, folle de vengeance contre les Lyonnais qui avaient tenu en échec
pendant soixante jours les armées républicaines, voulut détruire leur ville, et elle rendit ce fameux
décret : « Lyon n'est plus, » qui atteste le parox
sante. La réaction
rsme d’une rage heureusement impui
jacobine ensanglanta la cité; décimées par la hache du bourreau ou par les fusillades en masse, peu de familles furent épargnées, et jusqu'à la chute de Robespierre, les ruines s’ajoutèrent aux ruines, et les dégâts matériels aux édifices publics furent les conséquences les moins graves de la victoire du parti montagnard.
Toute compression violente entraîne sa réaction, et celle-ci, après le 9 thermidor, fut à Lyon accompagnée des mêmes excès qui avaient été reprochés aux Jacobins; en résumé, l’ordre ne se rétablit que lentement dans cette ville où les hommes les plus considérables avaient disparu, où les
intérêts avaient été si violemment comprimés, où la notion du bien et du mal, la conscience
publique enfin, avaient perdu leurs appuis normaux et leur foi dans les destinées du pays.
Le monument municipal par excellence, l'Hôtel-de-Ville, avait été associé plus que d’autres à toutes les destinées de la cité; privé d’une partie des œuvres d'art qui le décoraient, pillé et pollué par les mains de la populace, criblé par les projectiles de la guerre des rues, écrasé
enfin par les bombes du siége, il avait survécu néanmoi
; mais, nous l'avons vu encore ainsi dans notre jeunesse, quels n'étaient pas labandon et la ruine dans lesquels il était tombé?
Un événement funeste vint lui porter le dernier coup; le 14 juillet 1803, un nouvel incendie éclata dans la grande salle, et cette fois encore, comme en 1674, le monument faillit périr en
entier.
François de Furstemberg, de travaux importants en son palais de Saverne, C<
evox y resta quatre ans, puis il revint à Paris, qu'il n'a plus quitté depuis
pour exécuter, sous Colbert et ses s eurs, les ouv
lus considérables et les plus variés dans les palais etjardins de Marly et de Versailles et
dans plusieurs églises de Paris. Reçu à l'A il y fut d'abord professeur, puis successivement recteur, directeur et enfin chancelier perpétuel. Aussi recommandable par ses qualités morales que par son talent tout à fait supérieur, cet artiste a laissé la mémoire la
parm ntemporains, et malgré la perte d'un assez grand nombre de ses œuvres au milieu de la tourmente révo aire, nous pouvons apprécier ce qu'il valait, et le considérer comme un des premiers sculpteurs du siècle de Louis XIV. — (B Recherches historiques
et statistiques du département du Rhône, 182ÿ