‹ Monographie de l'Hotel-de-ville de Lyon. Restauré sous l'administration de M. M. Vaïsse et Chevreau, senateurs. Accompagnée d'un texte historique et descriptifChapitre 34 sur 43 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

qui a eu l’honnenr de les préparer, n'y resta pas longtemps attaché; en 1854, il se démit des fonctions qu'il avait remplies pendant vingt-sept ans avec une rare distinction, et nous fümes appelé à l’honneur de lui succéder.

Lorsque nous primes en 18ÿ4 le service des bâtiments communaux, la restauration de la façade sur la place des Terreaux était commencée, mais depuis peu de temps seulement; la mise en place d’un échafaudage, établi de manière à rendre le travail facile, ayant pris la fin de la saison précédente, et les premiers mois de l’année ayant été utilisés à faire des approvisionnements, à relever les moulages des frontons et des trophées des pavillons, et en général ceux de toutes les sculptures supérieures, dont l’'altération était telle qu’elle devait nécessiter une réfection complète.

Toute cette façade, que son exposition aux intempéries des vents d’ouest avait profondément

la division de ces derniers forma un service particulier, sous le nom d'Architecture de la Ville, dont nous fûmes appelé à prendre la direction

avec le titre d'architecte en chef, et le concours d'un architecte-adjoint et de trois a

ch

Il nous semble opportun, à ce propos, et intéressant, de dresser, depuis Simon Maupin, démissionnaire en 1661, la liste

tes

specteurs.

nérale des architectes-

voyers de la ville de Lyon jusqu'à M. Dardel, puisque la démission de cet éminent artiste a clos, pour ainsi dire, une phase dans un des sel

les plus importants de la municipalité, et qu'avec notre nomination aux fonctions d'architecte en chef, une nouvelle ère a commencé.

Du 9 juin 1637 au Simon Maur. . . . . . Voyer de la Ville.

10 décembre 1661 Du 19 déce

Fils du précédent, nommé en concurrence et survivance.

Ferdinand Secuin. .

Paul BerrauD

Clé BenraUD DE LA VAURE Ecuyer, Conseiller en la Cour des monnaies, Secrétaire du roi, ete. Gaspard- Louis Benraup. Fils du précédent, Conseiller du roi, Intendant des fortifications. François GRAND. - . . . Conseiller du roi, Intendant des fortifications au département de Lyon Fils du précédent, nommé en concurrence et survivance de son 1789 Jean-François Grano. . Voyer-Architecte | père depuis 17793 disparaît du cadre des officiers municipaux à partir de 1791.

1792 FOROBERT. + «+ +. Architecte-Voyer.

{ Nord : PÉRANGIOL.

1803 FOROBERT. . . . Voyer. . . . . . Trois architectes de la ville 4 Midi : Manon. l'onstaiere : £ PErANGIOL.

1804 FOROBERT. 4 + +... idem. Deux architectes de la ville Manon.

PERANCIOL.

180$ FonoëenT, . - « . + +. idem. Trois architectes de la ville MaRION. FLACHERON.

1807 ne no ren Lotto Ge Di a) ER OENENC IE | Hersits es À Fiacurron, contrôleur des travaux. ( dirigent la voirie. Gay, architecte-adjoint.

1810 HOTELARD. «ee. idem. FLAGHERON, contrôleur des travaux. PALHION, voyer.

181$ FLACHERON. + +... « Architecte de la Ville . . . . . Couer, voye { Nord :

1828 FLACHERON, en Voyerss Mid: Team l de, { : LauwErT.

182 CE RE Trois voyers ) Tru, ( Men 1831 DARDED eu rasé en AT 1 Des eser LOS UE UE } Midi 1838 DanDent ee ee an Deux voyers | Nordiet aucste ER Midi : TERRA.

[Nord et ouest: PRosT.

1840 Dan FEU A AT 0: Deux voyers !

1852 Dani Architecte en chef de la ville. Cinq voyers sous ses ordr DESJARDINS . . . . « . . idem.

4 RE ARE {Ingénieur en chef des Ponts] La voirie sous ses ordres avec deux ingénieurs adjoints:

Ü et chaussées . . .. ... MM. Grive et DELERUE.

Le tableau qui précède est établi d'après les indications remises très-obl

amment à l'auteur par MM. Charvet, architecte, et Rolle, archiviste-adjoint

Î fl |

dégradée, qui avait subi le choc de trois Révolutions, celui du Siége, et reçu le contre-coup de toutes les émotions populaires, qui, du reste, m'avait été l’objet d’aucune espèce de restauration depuis les grands travaux que Mansard avait dirigés au commencement du dix-huitième siècle ; cette façade, disons-nous, était si altérée qu’elle ne se laissait plus reconnaître et que ses parties supérieures, et en particulier les frontons, trophées et statues qui les décoraient, mutilées et sans formes, ne pouvaient se contenter de réparations partielles, mais exigeaient une réfection radicale et un renouvellement complet.

Pendant près de deux années nous donnâmes nos soins à ce travail, qui comprenait, en plus de la façade, les retours sur les rues latérales des deux pavillons. Les corniches, cordons, couronnements de croisées, et en général toutes les parties saïllantes de l’œuvre furent remplacées par des pierres de taille neuves; le grand balcon, les sculptures du portail, la charpente du corps de logis central, les bas-reliefs en ronde bosse des frontons et leurs trophées, les deux statues isolées du centre, les cariatides accompagnant la statue d’Henry IV et les génies supportant un cartouche aux armes de Lyon qui la couronnent, tout dut être entièrement refait, depuis le remplacement dans les œuvres vives des pierres de taille et des autres matériaux en mauvais état, jusqu'au dernier et complet achèvement.

Les quatre médaillons en bronze exécutés par Claude Warin et représentant Louis XIV enfant et Anne d'Autriche à gauche, Louis XIIT et Henry IV à droite, et qui avaient été détruits en 1793, furent rétablis avec beaucoup de talent par M. Fabisch, statuaire, d’après les médailles que Warin a laissées, et fondus à Lyon dans les ateliers de M. Nicolas Rozier.

MM. Fabisch et Bonnet furent chargés, le premier des sculptures du fronton nord et de la statue d'Hercule, le second de celles du fronton sud. Ce fut pour ces artistes l’œuvre la plus ingrate que celle de rétablir une statuaire complètement mutilée, qui ne présentait plus que des fragments sans forme; ils s’en tirèrent avec un talent qui fut apprécié et leur fit le plus grand honneur. M. Bonnaire exécuta toute la sculpture du fronton central et celle qui encadre la porte; M. Cubizole

a statue colossale de Minerve qui se trouve sur la balustrade supérieure, et M. Bernasconi les

ses et ornements divers qui entrent dans la décoration de la façade.

Nous avons dit plus haut que le monument est construit en pierre de Seyssel, pierre tendre et spongieuse, qui n'avait pas résisté à la gelée, et qui, partout où elle présentait des surfaces à ’action de la pluie, avait subi une complète décomposition. Déjà, plus antérieurement et dans es parties les plus menacées, les anciennes corniches avaient été remplacées par des pierres dures ; mais ce travail, fait sans suite et avec peu d'intelligence, avait plutôt nui que servi à l'édifice,

et, comme nous venons de le dire, il fallut retirer des murs les anciennes pierres de taille

partout où elles se présentaient en saillie extérieure, et les remplacer morceau par morceau.

Les mauvais résultats qu'avait donnés la pierre de Seyssel nous parurent nécessiter son remplacement par une pierre d'une autre qualité, et après bien des recherches et quelques tätonnements nous nous décidämes pour lemploi de la pierre de taille calcaire oolithique des carrières de Sainte-Juste et de Saint-Restitut, dans la Drôme, en choisissant les bancs les plus résistants, et nous wavons pas lieu de regretter, après quatorze années écoulées, d’avoir pris cette détermination.

Un lavage général et la silicatisation des surfaces réparées complétèrent la restauration, en harmonisant sous une nuance uniforme les parties nouvelles avec les anciennes, dont du reste elles

différaient peu par la couleur.

Enfin, les échafaudages purent être enlevés à la fin de 1855, et le monument entier fut livré

Page 1