CHAPITRE QUATRIEME
à la critique du public, qui, en se prononçant avec une faveur marquée, facilita beaucoup l'exécution définitive du reste de la restauration. Les gros travaux de cette entreprise, bien conduite par l'entrepreneur Riffat, et qui se composèrent
des maçonneries et pierres de taille, charpentes, échafaudages, toitures, plomberie, serrurerie,
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Cependant l’Hôtel-de-Ville de Lyon était toujours à lextérieur dans la situation la plus déplorable sur la grande étendue de ses façades, celle à l’ouest et le beffroi ayant seuls été jusques-là l’objet de travaux de consolidation et de restauration.
Les toitures des ailes de l'édifice sur les deux rues latérales, établies sur des charpentes en
bois de sapin, tandis que celles des pavillons étaient généralement en bois de chêne, avaient tous
les caractères de couvertures provisoires, puisqu'elles étaient à comble bas, et simplement recouvertes en tuiles creuses (1); elles se trouvaient en outre en mauvais état, ainsi que celles des pavillons. Les planchers étaient altérés sur beaucoup de points; plusieurs étaient étayés depuis nombre d'années. d'autres étaient si peu sûrs, notamment tous ceux du premier étage dans l'aile sud, qu’il fallait les renforcer par des étampages chaque fois qu'il y avait à l’'Hôtel-de-Ville des réceptions un peu nombreuses. Enfin, comme sur la façade à l’ouest, les corniches, les couronnements de croisées et les cordons en pierre de taille, les sculptures présentant des reliefs, tout cela était dans un tel
état de dégradation que ceux qui en ont été les témoins peuvent seuls s’en faire une idée.
Nous pourrions leur rappeler ici ces ouvertures percées dans les façades mêmes, au travers des moulures, voire même des sculptures, sans souci de la solidité de l'édifice et de la symétrie de ses lignes architecturales, pour aérer de simples réduits ou éclairer des chambres sans importance.
À l'intérieur, la situation était tout aussi déplorable, et ïl est difficile de se rendre compte aujourd’hui de l'étendue et de l'importance des dégradations.
À commencer par les œuvres vives de l’édifice, il fallait non-seulement refaire presque toutes les charpentes, mais même une partie des planchers, au moins les réparer tous; les murs euxmêmes avaient été profondément altérés par les cheminées ou les portes qui avaient été percées au hasard, soit pour satisfaire les caprices des occupants, soit pour obéir à des nécessités passagères, sans égard pour la construction proprement dite, et sans aucune espèce de précautions. Des aména-
ements disposés sans utilité, les distributions les plus incommodes, l’état de ruine à peu près P
complet des anciennes salles de réception, dont les décorations, autrefois si somptueuses, ne présentaient plus en général que des débris, tout cela constituait le tableau très-réel de la situation
de l'édifice, après tant d'années d'abandon. Mais il fallait en outre pourvoir, dans une restauration,
aux nécessités qu'imposait la nouvelle destination donnée à l’édifice. En effet, un événement
considérable, le décret sur l’agglomération lyonnaise, en date du 25 mars 18$2, avait complètement
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modifié l'assiette administrative de la cité; les services de la municipalité et ceux de la préfecture
(1) Peut-être ces toitures avai brûlé au mon grand incendie? Les docum
accident.
que nous avons consultés n'en disant rien, on peut
sup
er que la façon dont elles avaient été faites, provenait de la grande pénurie de ressources que nous avons constatée plus haut, à propos de cet
devaient être centralisés à l’Hôtel-de-Ville, appelé à devenir ainsi le centre de ladministration générale de la ville et du département, en même temps que la résidence du préfet.
Un double problème se présentait donc au moment de la restauration qu’on avait en vue : celui d'établir les services nouveaux sans altérer aucune des parties du monument qui se recommandaient par quelque mérite d'art ou de souvenir, et l'obligation, dans lintérèt même de sa conservation à venir, de rechercher la plus grande commodité possible pour une occupation, plus complète et plus régulière que par le passé, de tous les appartements.
Construit par les Echevins pour recevoir des services peu nombreux et peu compliqués, et surtout comme un édifice d’apparat, destiné à servir de cadre brillant aux fêtes qu’ils donnaient à leurs concitoyens ou aux réceptions des souverains, l'Hôtel-de-Ville, sous l’ancien régime, renfermait sans doute toutes les dispositions nécessaires alors; mais, altéré par tant de révolutions successives dans les administrations communales, il ne présentait plus rien de bien approprié aux si différentes de celles du passé. Il fallait ainsi une transformation radicale, de
coutumes actuelles
nature à permettre à l'édifice de recevoir les services municipaux et départementaux, le logement
ses secrétaires généraux et des personnes de leur suite, des appartements pour
du préfet, ceux d les réceptions, des locaux pour les archives; tout ce qui, en fait de services, se trouvait déjà dans le monument, ajouté à tout ce que renfermait l’ancienne préfecture. On pensa en outre qu'il était digne de la ville de Lyon de pouvoir offrir aux souverains qui la traverseraient désormais une
hospitalité convenable, et puisque l'étendue de l'Hôtel-de-Ville se prêtait à la réalisation de cette
pensée, l'établissement d’un appartement pour le chef de lEtat figura dans le programme de la restauration complète et définitive de l'Hôtel-de-Ville de Lyon.
Nous avons expliqué déjà que dès l’année 18$3 cette restauration avait été entrevue, mais il n’y eut que des avantages à ce qu’elle füt ajournée à cette époque, puisque chacun se rendit mieux compte, par ce retard, de ce qu'il y avait à faire, tant pour les nouveaux services que le monument était appelé à recevoir, que pour la mise en train intelligente des travaux qu’il nécessitait.
Le 7 février 1857, on commença seulement les travaux de la restauration générale, tant intérieure qu’extérieure, de toutes les parties de l'édifice autres que celles peu importantes encore qui venaient d’être réparées, mais elle fut exécutée en deux périodes distinctes : la première, qui se termina le 8 août 1858, et la seconde à la fin de l’année 1866; la restauration, pour être complétée, a donc duré neuf années.
La première période de ces travaux (1) comprenait tout l'extérieur de lédifice, l'installation
des nouveaux logements et services, et en général tous les ands appartements du premier
étage, à l'exception de ceux à louest, comprenant les salles Louis XIIT et Henri IV et la grande salle, suivis de ceux au nord, jusques et y compris la salle des banquets.
La seconde période a été remplie par l'exécution des ouvrages que ces dernières salles nécessitaient.
Mais ces ouvrages, quoique exécutés en deux fois, ont été la suite les uns des autres, et ils ont eu pour but la réalisation du même programme; il #y a donc pas lieu de les diviser
quant à la dépense générale, et nous les comprendrons sous les mêmes dénominations.
() L'auteur a publié, au mois de juillet r86r, une notice sur l'Hôtel-de-Ville de Lyon et sur les restaurations dont il a été l'objet, à laquelle il
croit devoir renvoyer pour les détails de l'entreprise.