‹ Monographie de l'hypogée-martyrium de PoitiersChapitre 30 sur 43 · ET ARCHÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ET ARCHÉOLOGIQUE

Procès-verbal de l’ouverture des tombes contenues dans l’hypogée chrétien du plateau des Dunes de Poitiers, découvert parle révérend père Camille de la Croix.

Le lundi 28 avril mil huit cent soixante-dix-neuf, à neuf heures du matin, la commission ecclésiastique nommée par Monseigneur l’évêque de Poitiers, et la commission archéologique désignée

par la Société clés Antiquaires de l’Ouest, se sont transportées sur le plateau des Dunes, au lieu dit le Champ-des-Martyrs ou CMron-Martyr, pour assister à l’ouverture des tombes contenues dans l’hypogée chrétien (Martyrium) découvert par le révérend père de la Croix, à l’extrémité de ce champ qui touche le chemin appelé anciennement chemin des Martyrs et aujourd’hui chemin de Montbernage.

Ces deux commissions sont composées ainsi qu’il suit :

Commission ecclésiastique :

1° M. l’abbé Fossin, chanoine honoraire, pro-secrétaire de l’évêché, délégué par Sa Grandeur Monseigneur Louis-François-Désiré-Édouard Pie, évêque de Poitiers;

2° Monseigneur Xavier Barbier de Montault, prélat de la maison de Sa Sainteté;

3° Le très révérend pèreDom Joseph Bourigaucl, abbé de Saint-Martin de Ligugé;

4° Le révérend père Adigard, de la Compagnie de Jésus, professeur de droit canon à la Faculté de théologie de Poitiers, délégué par le révérend père Michel Fessard, supérieur de la résidence et recteur de la Faculté de théologie;

5° Le révérend père Mercier, de la Compagnie de Jésus, recteur de l’école libre Saint-Joseph;

6° Dom François Chamard, bénédictin de Saint-Martin de Ligugé;

7° Le révérend père de Saint-Maixent, de la Compagnie de Jésus, ministre de l’école libre Saint-Joseph;

8° M. Ferrand, architecte diocésain à Poitiers;

9° M. Jallet, docteur médecin, professeur à l’école de médecine de Poitiers;

10° M. Jablonski, docteur médecin;

11° M. Genesteix, notaire à Poitiers.

Commission archéologique :

1° M. Philippe Rondeau, conseiller à la Cour d’appel, président de la Société des Antiquaires de l’Ouest;

2° M. le comte Paul de Cessac, président de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, correspondant du ministère de l’Instruction publique, de la commission de la topographie des Gaules, etc.;

3° M. Abel Bardonnet, conservateur du musée archéologique de Niort;

4° M. Camille de la Ménardière, vice-président de la Société des Antiquaires de l’Ouest, bâtonnier de l’ordre des avocats, professeur à la Faculté de droit de Poitiers;

5° M. Léon de la Tourette, docteur médecin à Loudun, membre de la Société française d’archéologie et de la Société des archives historiques du Poitou;

6° M. Auguste de la Bouralière, membre de la Société des Antiquaires de l’Ouest;

7° M. Redet, ancien archiviste de la Vienne, bibliothécaire archiviste de ladite Société;

8° M. Bonvallet, vice-secrétaire de ladite Société;

9° M. Lecointre-Dupont, membre de cette Société;

10° M. de Longuemar, membre de la Société, conservateur des musées delà ville de Poitiers;

11° M. Grellault, ingénieur, entrepreneur de travaux;

12° M. Briault, entrepreneur de travaux;

13° Le révérend père Camille de la Croix, de la Compagnie de Jésus, membre de la Société des Antiquaires de l’Ouest.

La présidence a été décernée à M. l’abbé Fossin, représentant Monseigneur l’évêque de Poitiers.

Le révérend père de la Croix a alors fait passer sous les yeux de l’assemblée un plan géométrique du monument dressé par lui, sur lequel chaque tombe ou fosse a été relevée avec son

numéro cl ordre. Il a fait remarquer qu’aucune n’a subi le moindre dérangement depuis le moment de sa découverte, à 1 exception des ossements mélangés à des matériaux de remblai qui ont été recueillis entre deux gros sarcophages et inscrits sous le numéro sept du plan.

Il a été immédiatement procédé à l’ouverture de ces tombes dans l’ordre ci-dessous. Les docteurs Jallet et Jablonski ont accepté la mission d’examiner et de déterminer les débris humains qu’elles pourraient contenir, et les constatations suivantes ont été faites :

N° 1. Ce grand sarcophage de pierre était recouvert cl’une dalle cassée en deux morceaux, dont l’un, légèrement déplacé, avait livré passage aux terres. Il contenait les ossements épars de deux adultes et d’un enfant.

N° 2. Quand le couvercle de ce sarcophage a été soulevé, les assistants ont pu voir le squelette, paraissant intact au premier abord, d’un homme couché sur le dos. La tête, entraînée par son propre poids, avait roulé un peu à gauche. Le bras droit était étendu le long du corps, le bras oauche était replié sur la poitrine. Ce squelette avait un mètre cinquante-cinq centimètres de longueur et appartenait à un septuagénaire. Un examen attentif a fait reconnaître les particularités suivantes : La partie supérieure du crâne était tombée en poussière, et la boîte osseuse contenait, avec cette poussière, les os d’un pied, d’une main et os coccyx. Les docteurs Jallet et Jablonski constatèrent que ces os manquaient précisément à la main droite, au pied droit et au bassin du squelette.

N° 3. La dalle qui recouvrait ce sarcophage était cassée en deux. Le révérend père de la Croix a fait connaître qu’au moment des fouilles, cette dalle, déjetée à vingt centimètres sur le côté, avait été remise en place sans qu’il fût touché au contenu de l’auge . Cette auge, envahie par les terres, a été vidée; on y a trouvé trois squelettes, dont deux d’enfants de six à sept ans, et celui d’une jeune femme; elle renfermait de plus une tête de jeune individu.

N° 4. Sarcophage rempli de terre. On en a retiré des ossements se rapportant à trois corps d’adultes, dont l’un était probablement une femme. Les crânes manquaient.

N° 10. Fosse creusée dans le rocher et recouverte d’une dalle. On y a trouvé le squelette d’un enfant de sept ans environ.

N° 8. Fosse dont le couvercle avait été enlevé pour en prendre le moulage. — Piien.

N° 9. Fosse dont le couvercle manquait pour le même motif. Elle renfermait les ossements de cinq personnes, savoir : Un enfant de quelques mois, un enfant de deux ans, deux de dix ans et un crâne se rapportant à un individu de quinze à seize ans. Les terres ont livré une fibule ou agrafe en bronze d’apparence mérovingienne.

N° 13. Toute petite auge en pierre avec couvercle. On y a trouvé une tête de femme et quelques ossements d’enfant.

N° 11. Fosse dépourvue de son couvercle, qui a été également enlevé pour le moulage. — Rien.

N° 12. Fosse creusée dans le roc et couverte d’une dalle. Trois enfants de quatre à cinq ans.

N” 14. Fosse creusée dans le rocher et couverte d’une dalle. Sept enfants de quelques mois à sept ans.

N° 15. Grand sarcophage vide et brisé.

N° 5. Petite fosse munie d’un couvercle. On y trouve un enfant de six à sept ans.

N” 6 Petite fosse munie d’un couvercle. Elle contenait les ossements de deux enfants et d’une femme On a trouvé dans les terres deux fibules en bronze de même aspect que celle retirée de la fosse n° 9, deux boucles d’oreilles de bronze dont l’une est intacte et l’autre brisée, et des grains de collier de forme et de couleurs diverses.

Après l’ouverture de chaque fosse, les ossements qui en ont été retirés ont été mis séparément

dans des sacs portant des numéros correspondant à ces fosses. Les sacs ont été licelés, scellés el remis à M. l’abbé Fossin, qui en a pris charge.

Les opérations se sont terminées à une heure de relevée.

Fait audit lieu des Dunes, les jours, mois et an que dessus, et certifié véritable.

(Signé) A. de la Bouralière, secrétaire de la Société des Antiquaires de l’Ouest.

Suit cette mention :

Enregistré à Poitiers, le 9 décembre 1879, f° 98, V°, Cc 3. Reçu trois francs, décimes soixantequinze centimes. *

(Signé) Badou M aubert.

Certifié véritable, signé, paraphé en présence des notaires soussignés, et annexé à la minute d’un acte de dépôt dressé par Mc Genesteix et son collègue, notaires à Poitiers, le vingt-neuf novembre mil huit cent soixante-dix-neuf.

Suivent les signatures de tous les dénommés ci-dessus.

QUITTANCE D’ ARRÉRAGE DE RENTE (22 avril 1797)

:î floréal l’an VIe.

Par-devant les notaires publics eL patentés à Poitiers soussignés, fut présent Pierre Coudreau, cultivateur, demeurant à Saturnin, section de l’Égalité de cette commune de Poitiers, lequel déclare et reconnaît avoir reçu de Marie-Anne Jamain, veuve Louis Bouillaud, demeurant audit Saturnin, la somme de sept livres à laquelle il a composé pour six années d’arrérages pour le tiers qui lui revient en la rente totale de deux boisseaux froment, une douzaine d’alouettes et dix sous en argent, prise sur une pièce de vigne située en Chiron Martir, de terme écheu du huit vendémiaire dernier, les impositions foncières ayant été déduit, dont il quitte ladite Bouillaud, sans préjudice de l’année courante et de tous autres droits si aucuns sont, dont jugé et fait et passé à Poitiers, trois floréal l’an VI de la République et a déclaré ne pouvoir signer de ce enquis et interpellé.

Cuisinier.

Enregistré à Poitiers, le 3 floréal an VIe de la République française. Deux sols quinze deniers.

Boyer.

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