Stearns, Noies on the Nat. IJist. of Labrador
318 MONOGKAPHIE DE L'ILE D'ANTICOSTL
avançant de plus en plas, la baleine se rapprochera de terre avec lui et finira par s'échouer, bien vivante, sur la plate-formc littorale. Là, après s*étre débattue en poussant des rugissements terribles, entendus à plusieurs kilomètres, elle fmira par mourir, quand elle n'est pas tuée par les pêcheurs, comme cela est arrivé à Riche-Pointe sur la côte Nord du Golfe, et sera rejetée par les marées sur le rivage à la limite des hautes mers.
Les maxillaires inférieurs seront utilisés comme patins de . traîneaux par les pêcheurs qui, pour cet usage, trouvent cette substance bien préférable au fer.
Balaenoptera musculus, Linn.
Le Rorqual bleu. P. G. : Sulphur.
Les pêcheurs du Golfe appellent improprement cette baleine sulphur ou sulphur bottom, car ce nom anglais désigne le Balaenoptera SULFUREA *, Gope,de l'Océan Pacifique. Il se peut que le même nom vulgaire sulphur ait été appliqué à notre rorqual par des baleiniers américains qui ont fait la pêche à la baleine dans les deux Océans, étant donné que ce rorqual est la plus grande espèce de l'Atlantique, comme le sulphur bottom du Pacifique est la plus grande espèce de ce dernier Océan et un des plus grands animaux actuellement connus.
Megaptera nodosa, Bonnaterre.
La Baleine à bosse. P. G. : Baleine noire.
Cette baleine, qui était commune autrefois, est, pour son huile, la plus appréciée des pêcheurs; c'est elle qui en fournit la plus grande quantité. Ses fanons, qui ont à peine 80 centimètres, ont peu de valeur. Il n'en est pas de môme de ceux de l'espèce suivante.
Balaena GLACiALis, Bonnaterre.
La Baleine boréale ou baleine franche.
Assez commune sur les côtes orientales du Labrador et de Terre-Neuve, elle se montre rarement dans le Golfe Saint- Laurent 2.
1. Balaenoptera sulfurea, Cope, The Sulphur Bottom Whale ofthe Pacific. y in JoRDAX, Manual of Vertebratesy p. 336.
2. « Comme ils (les Cëtacés du fleuve et da Qolfe Saint- Laurent) ont été jusqu'ici peu étudiés, quant à leur présence dans nos eaux, il peut se faire que des recherches et des études ultérieures en augmentent ou en restreignent le nombre », in DiONNE. Les Mammifères de la province de Québec. — Cette réflexion
Phocidœ. — PnocA vitulina, Linn.
P. G. : Loup-marin d'esprit.
Le matin du 31 mai 1902, à l'Anse aux Roches, près du Grand Mac Carthy. j'ai trouvé sur le sable du rivage deux tout jeunes Phoca vitulina, Linn., dont un était encore pourvu de son cordon ombilical. Us semblaient abandonnés et mourant de faim. D'autres jeunes phoques autopsiés dans des circon- .stances analogues, le 5 du mois suivant, avaient le tube digestif complètement vide. Certains pêcheurs prétendent que la femelle, qui, du reste, le plus souvent, ne donne naissance qu'à un petit, n'en garde, quand il en ost autrement, jamais plus d'un. Le 6 du même mois, une femelle adulte autopsiée avait dans l'utérus un fœtus à teime.
PnocA FOETiDA, Fabr.
P. G. Cœur.
PaocA GROENLANDicA, Fabr.
p. G. : Loup-marin brasseur.
Sa quantité est très variable chaque année»
Erignatuus barbatus, Fabr.
P. G. : Wabisbtouis (nom Montagnais).
Halicuœrus grypus, Nils.
P. G. : Tête de cheval.
CySTOPUORA CRISTATA, Nils.
P. G. : Poches.
Odobœnidœ. — Odobaenus rosmarus, Malm.
P. G. : Vache marine.
Ce morse, dont quelques vieux pêcheurs ont encore vu des individus, semble avoir complètement disparu du Golfe Saint- Laurent.
J'ai trouvé une canine supérieure d'un de ces animaux dans du sable de la côte près de la Baie du Renard.
très judicieuse de M. Dionae doit s'étendre à toute la faune maritime du Golfe Saint-Laurent, et il est à désirer que la station biologique du Canada vienne bientôt s'installer dans quelque région du Golfe.
Ursidœ. — Ursus americanus, Pall.
L'ours noir. P. G. : Ours.
D'un caractère assez paisible, notre ours, qui durant Tété s'approche souvent pendant la nuit des fermes et des campements pour manger les déchets de cuisine, ne s'est jamais ' attaqué à l'homme ou aux animaux domestiques. Je l'ai va maintes fois, au crépuscule, à Rentilly, à la Meynardière, à la Baie Ellis, manger avec nos porcs dans l'auge où l'on venait de jeter les restes du souper, et sans leur faire aucun mal.
A la fin de l'été, Tours choisit sa retraite d'hiver dans un endroit sec, en pente, où il creuse son trou sous les racines des arbres. A partir du 1°' novembre, on n'en voit plus jamais un seul. Il sort de son sommeil hibernal dans le mois d'avril, plus ou moins tard suivant l'époque du dégel et se rend au bord de la mer où il trouve des détritus animaux de toutes sortes. Le 10 mai, tous les ours sont sortis de leur cachette.
Pendant ce temps, les larves d'insecles se sont développées dans les laisses des hautes mers d'automne et l'ours, abandonnant les détritus du rivage, passe à côté de poissons échoués sans y toucher et fait sa nourriture favorite de ces larves qu'il passe beaucoup de temps à chercher dans le goémon. Dans rintérieur de l'Ile, il dévaste les fourmilières et jusqu'à la fin de juillet a l'estomac rempli de larves de fourmis et de fourmis adultes. Le mois suivant, les petits fruits et les baies ont fait leur apparition et l'ours en fait alors son unique nourriture. Il semble donc essentiellement frugivore et ne devient camivore que par nécessité, comme il le sera de nouveau, aux premières gelées de l'automne. C'est alors, comme disent les pêcheurs, qu'il est terriblement effronté. Il n'hésite pas, en effet, à défoncer la porte ou la fenêtre du campement pour pénétrer à l'intérieur, en l'absence de celui qui l'occupe, pour briser les caisses de provisions et tout mettre à sac, exposant ainsi les légitimes propriétaires à sentir la faim.
Quoi qu'il en soit, il préfère, quand il a le choix, ce qui éclate sous la dent, c'est-à-dire, tous nos petits fniits, et après eux, ce qui les lui rappelle le plus, les larves d'insectes.
Mustelidœ. — Lutra canadensis, Schreb.
La loutre.
Elle se trouve le plus souvent à l'embouchure de nos rivières et même de certains ruisseaux. Mais il arrive que, dans ces derniers, elle parvient à épuiser la nourriture dans
MAMMIFERES. 321
l'endroit où elle se trouve, et alors il n'est pas rare de la voir en plein hiver entreprendre sar la nei;:;e,dans laquelle la brièveté de ses pattes lui fait faire un sillon de la hauteur de son corps, un voyage de plusieurs lieues, pour aller à la recherche d'un nouvel emplacement abondant en poisson.
MUSTELA AMERICAN A, KeFF.
La martre.
On verra au chapitre XI, au mot Betula papyrifera, Marsh., un des moyens dont se servent nos trappeurs pour attirer les martres dans la région où ils tendent leurs attrapes,
VULPES PENNSYLVANICUS, Bod.
Le renard roux.
Outre celui-ci, on trouve le renard croisé, Vulpes pennsylvANicus, Bod., var. dkcdssatus (Desm.) et le magnifique renard argenté, Vulpes PENNSYLVANicur?, Bod., var. AROEiNTAïus. Plusieurs individus de cette dernière variété ont été placés dans deux grands parcs, en pleine forêt, où ils se sont reproduits avec un plein succès et où Ton en fait l'élevage.