De désert, c'est-à-dire qui sont défrichés
20 pieds en quarré et environ 10 à 12 arpents de désert, et sur une autre isle du dit fief, dans la Baie, vis-à-vis le lieu appelé Mécatina, une autre maison aussi de 20 pieds en quarré et S ou 6 arpents de désert, lesquels lieux sont ordinairement occupés par le sieur Jean Jolliet de Mingan et ses engagés pour la chasse et la poche au loup-marin * et au moyac ^. »
A partir de 1725, la question de l'identité des propriétaires de l'île devient singulièrement compliquée. Aussi, pour éviter un trop long exposé, je renverrai pour tous les détails contenus dans les actes de foi et hommage à ce sujet, au livre de M. E. Gagnon^, où se trouvent les mutations essentielles qui établissent la filiation, pour arriver jusqu'à nos jours.
Voilà donc une propriété qui, après des débuts intéressants, est restée pendant deux siècles sans être mise en valeur. Le fief d'Anticosti se perpétue bien en la possession indivise d'héritiers ou ayants droit, mais la plupart de ceux-ci habitent l'Europe et ne semblent pas avoir d'autre souci que de protéger les richesses de leur domaine en en interdisant l'entrée.
Entre temps, le Gouvernement canadien faisait installer des phares sur l'île pour faciliter la navigation dans ces parages. Le premier en date est le phare de la pointe Sud-Ouest construit en 1831, le second est celui de la pointe aux Bruyères (Heath Point), près delà pointe de l'Est, érigé en 183S. Le troisième a été construit à la pointe Ouest en 1858. Enfin le quatrième est le phare de la pointe Sud élevé en 1871.
Tous ces phares* sont reliés par une ligne télégraphique qui va de la baie du Renard au Grand Mac Garthy et qui communique avec le Continent par deux câbles sous-marins, l'un qui traverse à Mingan et l'autre à l'anse aux Fougères .surlacôte de la Gaspésie.
Il nous faut arriver à l'année 1874 pour voir une société, la Compagnie Forsyth, essayer, sans succès d'ailleurs, de