RossA, La construction des navires à Québec
rivage, à de nombreux chevreuils issus d'une cinquantaine do couples introduits il y a quelques années par M. Henri Menier. Ils y voisinent avec les ours qui chaque nuit viennent manger les déchets de la cuisine des camps et laissent la large trace de leurs pas dans le tapis de mousse où se voient, çà et là, les ravissantes orchidées^ des régions froides.
Sur l'eau tranquille de cette baie, des légions d'oies sauvages, de canards et d'autres oiseaux d'eau d'espèces variées^ prennent leurs ébats, tandis qu'au milieu d'eux se montre le visage du phoque qui vient en curieux observer ce qui se passe, de son gros œil rond, et ne tarde pas, à mer basse, à se hisser sur un rocher découvert, où il fait la sieste au soleil.
Cette tranquillité des animaux sauvages qui se montrent à nous, en pleine liberté, sans contrainte dans leurs allures naturelles, ce calme du pays sans grand relief, le lointain horizon de la mer, cette odeur vivifiante du large, mélangée à celle des essences de la forêt, la pureté du ciel, le pittoresque des sites, l'éloignement de l'agitation des grands centres, la vie familiale qu'on y mène, le bien-être de tous par la puissance d'un seul, l'intérêt que l'on prend au développement d'une entreprise que l'on a vue naître et dont on se sent solidaire, tout cela fait que le devoir y semble doux à accomplir. Il en résulte une harmonie qui contribue à donner à l'île un charme tout particulier; aussi, tous ceux qui y viennent ou y sont venus, même en promenade, n'ont qu'un désir, y rester ou y revenir.