‹ Monographie de l'Ile d'AnticostiChapitre 48 sur 154 · Actuellement Baie Sainte-Claire · texte numérisé non relu

Actuellement Baie Sainte-Claire

CASCADE DU GUAND RUISSEAU (Hig. -'ô)

LE CAP OUEST (wBST CLIFF) (Vu à un demi-mille au large) (Fig- 26)

arrivons à la colline du Grand Mac Carthj, parfois pompeusement qualifiée de montagne, et qui a un peu plus de 130 mètres d'élévation, à un kilomètre de la côte. J'en ai fait l'ascension en hiver et ai rencontré avant d'arriver à son sommet une ancienne falaise taillée à pic. Le lit à traces par^ ticulières se retrouve à sa base siir Te rivage, à l'Est.

A partir du Grand Mac Carthy, pour aller jusqu'à la Baie du Renard, nous voyons une succession de collines séparées les unes des autres par des vallées de 6 à 10 kilomètres, et la plupart en bordure de la mer où elles se terminent par un cap taillé à pic.

Après le Grana Mac Carthy, la plus grande élévation visible de la mer est le Grand Cap (la Falaise haute) d'environ 150 mètres de hauteur. Avant d'y arriver, nous avons rencontré la Pointe Nord qui est un rivage bas où se montrent de nombreux blocs erratiques, puis le Cap Blanc. Ce dernier, comme aspect de la roche et comme fossiles, rappelle le Cap Sainte-Claire et le plongement des couches y est S. lOoQ.

Le Grand Cap [Falaise haute) que nous trouvons plus loin ne nous apporte pas grand changement, sauf son inclinaison qui est beaucoup plus accentuée, mais qui reprend bientôt sa pente habituelle. Le reste de la côte jusqu'au Cap Ouest offre une grande régularité et présente toujours des lits calcaires et des fossiles analogues à ceux du Cap Sainte- Claire. Mais en approchant le Cap Ouest, à moins d'un kilomètre de son bord occidental, se trouve un filon de diorite d'une largeur d'une cinquantaine de mètres environ et dont une portion s'est abattue dans la mer, à l'Est. A un demi-kilomètre de là, s'en trouve un second d'à peu près 20 mètres de largeur. Le premier court dans la direction N. 47" 0. et le second fait le N. 62" 0. Ni l'un ni l'autre ne semblent avoir apporté de modifications dans la stratification des couches calcaires au milieu desquelles ils s'élèvent comme deux murailles, pour disparaître bientôt aux regards sous l'épaisseur des arbres de la forêt. Ces filons sont composés d'une diorite

très dure à grains fins avec du feldspath blanc et de la hornblende noire.

Le Cap Ouest ^ haut d'environ 100 mètres, taillé à pic, présente dans plus de sa moitié inférieure un éboulis renfermant des fossiles semblables à ceux du Cap Sainte-Claire. Il montre également des couches d'une quarantaine de mètres d'épaisseur, supposées appartenir à la division A. Le prolongement est S. 17" 0,

Aune centaine de mètres sur le côté oriental du Cap Ouest, se trouve une petite chute d'une trentaine de mètres de hauteur et au pied de laquelle se voit un lit de calcaire dur et compact qui ferait de l'excellente pierre à bâtir. Les fossiles, — des mollusques pour la plupart, — y sont assez nombreux et bien conservés.

En continuant notre route à l'Est, nous trouvons des lits présentant toujours à peu près les mêmes caractères et sans grandes déviations, puis nous arrivons à la Pointe Charleton qui est sensiblement à égale distance de la Pointe Ouest et de la Pointe Est. Cette Pointe Charleton, haute d'une dizaine de mètres au bord de la mer, s'élève à un demi-kilomètre du rivage à une hauteur de près de 120 mètres. Certains lits, très fossilifères, y présentent des surfaces à découvert oii les fossiles sont en relief. Plusieurs de ces fossiles sont des mêmes espèces que ceux du Cap Sainte-Claire : Favosites pROLiFicus, Stenopora fibrosa, Illœnus grandis; mais beaucoup d'autres sont différents : Dendocrinus latibrachiatus, Pales-

TR1NA RUGOSA, StROPHOMENA GeRES, MuRCHISONIA ïERETIFORMIS,

Orthockras magm-sulcatum, Orthoceras anticostense*. Ces mêmes lits se continuent à la Pointe à l'Epinelte et nous arrivons enfin au Cap Observation, dont il a déjà été parlé à propos du lit à traces particulières qui se trouve être la continuation de celui de la Baie Sainte-Claire. Richardson fait de ce lit à empreintes « une station stratigraphique dans la superposition des couches, et entre ses deux points extrêmes

\. Bii.LiNGS, Explorai, f/éol. du Canada, p. 331.

GORGES DE LA RIVIÈRE VAURÉAL (Fig. 27) (Les parois ont quatre-vingts mètres de hauteiir)

d'apparition, la Baie Sainte-Claire et le Cap Observation, se trouve contenue toute sa division A, la plus basse de l'île. »

Ici, nous allons nous reporter un peu en arrière et revenir à la Baie Sainte-Claire pour de là gagner la Pointe Ouest et V Anse aux Fraises. Comme l'histoire nous l'apprend*, à l'époque de l'exploration de Richardson, il n'y avait pas encore à' Anse aux Fraises et le Cap de la Jonction dont il parle a été depuis appelé Cap de r Hirondelle. Entre la Baie Sainte-Claire et VAme aux Fraises, se trouve un ensemble de lits de calcaire, tantôt gris de fer, tantôt gris rougeàtre, entremêlés de lits de schiste verdâtre. C'est à cet ensemble que le géologue canadien a donné le nom de Division B, dont la moyenne de plongement est sensiblement S. 11" 0 dans cette région.

Cette Division B qui, à la partie occidentale de l'île, commence et finit par une anse ou une baie (Anse aux Fraises, Baie Sainte-Claire) qui en précisent bien sa ligne côtière, court ensuite parallèlement au côté Nord de l'île, au-dessus de ,1a Division A de laquelle il est parfois difficile de la distinguer, et réapparaît seule à partir du Cap Observation. Dans l'intervalle, elle se laisse voir en arrière de la côte et par exemple au Grand Mac Carthy où le rivage est de la Division A et la colline qui est en arrière se trouve appartenir à la Division B.

Après le Cap Observation, en continuant notre route à l'Est, nous arrivons à la Rivière Vauréal. Avec M. Henri Menier et M. Georges Martin-Zédé, nous avons pu, au mois de juillet 1896, remonter à cheval dans le lit remarquable de cette rivière jusqu'à la ravissante chute- de 70 mètres qui est à 11 kilomètres dans l'intérieur. Toutes proportions gardées, ce lit encaissé me rappelle les gorges du Niagara que je devais voir quelques années plus tard, et la chute elle-même se présente dans des conditions analogues à ces fameuses chutes . Celan'arien, d'ailleurs, qui doive nous surprendre, puisque nous

1, Voir Histoire. Chapitre II.

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