‹ Monographie de l'Ile d'AnticostiChapitre 49 sur 154 · Voir lis. Q · texte numérisé non relu

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nous trouvons, ici comme là, dans des terrains de formation assez semblable. Ces gorges de la Rivière Vauréal nous montrent une magnifique coupe de la division B. Les circonstances ne m'ont pas permis d'y retourner depuis 1896, et maigré l'examen trop rapide que j'en ai pu faire alors, dans cette île d'Anticosti que je voyais pour la première fois, et avec une géologie comme toute celle de l'Amérique très différente d'allure de celle de l'Europe, j'en ai gardé des échantillons, des notes et un souvenir, qui se sont trouvés concorder avec ce que j'ai lu, plus tard, de cette division B, dans la Géologie du Canada de la Commission géologique.

A partir de la Rivière F«z«'e«/ jusqu'à la Pointeau Renard, la côte présente une succession de falaises taillées à pic d'une hauteur de trente à cent mètres et laissant entre elles des baies où l'eau est assez profonde pour que les bâtiments puissent y trouver un refuge contre tous les vents qui ne sont pas de la partie Est. La dépression qui constitue la baie se poursuit à l'intérieur des terres en des vallées bien dessinéesdont les flancs s'égoutteraient facilement par la culture et dans le fond desquelles se trouve un ruisseau.

Ces falaises qui se succèdent présentent toujours les mêmes lits calcaires, le même aspect lithologique et paléontologique. A partir du Cap Observation, en allant à la Rivière aux Saumons,, elles ont reçu les désignations suivantes : La Pointe Guy qui a une hauteur de 70 mètres ; la Tête de rOurs où le plongement des strates est S. \1°0', la Pointe de la Tour; le Cap Robert où le plongement est S. 23''0, et enfin le Cap Henri \

Ce dernier cap, taillé à pic sur la mer, a une hauteur d'une centaine de mètres. A sa base se trouvent les premiers fossiles en forme d'arbres % que l'on trouvera plus loin en abondance.

1. Il y a un autre Cap Henri, à l'entrée Ouest de la Baie Ellis.

2: J'ai également trouvé de ces fossiles en arrière du village de VAnse aux Fraises, sur la petite crétc qui le domine, dans le creusement des trous qui ont servi à la pose des poteaux téléphoniques.

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Mais poursuivons notre route. Nous arrivons bientôt dans une anse où se jette la Rivière aux Saumons. Cette anse est limitée à l'Ouest par une falaise verticale au pied de laquelle, regardant l'Est, se trouvent, au niveau de l'eau, deux petites excavations de quelques mètres de profondeur, creusées par les vagues, et qui, à quelques centaines de mètres de distance, ressemblent à des entrées de grottes.

La Rivière aux Saumons, que j'ai remontée à plusieurs lieues dans l'intérieur, présente une série de chutes intéressantes dont la plus élevée a 18 mètres de hauteur. L'embouchure de cette rivière dessine un assez large estuaire qui a été comblé par des caillloux roulés formant un banc considérable dans lequel la rivière sort au Levant, en biseau. On y peut entrer en baleinière, mais il y a à franchir une barre qui peut être dangereuse par certains vents.

L'anse de cette rivière est limitée à l'Est par une petite falaise des plus intéressantes. C'est ce qu'on appelle la Pointe à la Ratterie. Elle doit son nom à ce qu'il s'y trouve un grand nombre de fossiles ressemblant a des troncs d'arbres * et présentant souvent, dans la paroi de la falaise, une extrémité libre, circulaire et percée d'un orifice central qui leur donne des allures de bouches à feu. Le diamètre de ces fossiles varie de 3 ou 4 centimètres à 25 ou 30. Les lits qui les contiennent se poursuivent dans l'intérieur, et à deux kilomètres dans la Petite Rivière aux Saumons qui se trouve un peu plus loin, j'ai rencontré plusieurs de ces fossiles, dont un, dégagé par l'action des eaux du calcaire environnant, présentait une partie libre de 1™,50 de longueur et d'un diamètre de 0™,15.

Passé cette Petite Rivière aux Saumons, nous rencontrons dans une anse des schistes arénacés qui probablement couronnent la Pointe Joseph dont la hauteur est d'une soixantaine de mètres. Le fond de cette anse présente des lits de grès qui forment une large bande de plusieurs mètres d'épaisseur dans la partie supérieure du Cap Jacques et vont de là

1. Billings les a décrits sous le nom de Bealricœ. Explorât, géol. du Canada.

en s'abaissant vers la Baie Prinsta où ils se trouvent au voisinage de l'eau. Ils se montrent encore à la partie inférieure du Cap de la Table et plongent ensuite sous l'eau avec une inclinaison S. 19°0.

Ces grès d'un gris verdàtre sont très calcaires. Ils se présentent en lits de quelques centimètres à plusieurs mètres d'épaisseur, dont quelques-uns sont espacés par de fines couches de mica brunâtre. Peu riches en fossiles, ils contiennent quelques petits cailloux de quartz, ainsi que de petits fragments de jaspe d'un beau rouge sang. Leur hauteur totale est de 18 mètres.

A ces grès, succèdent des lits calcaires de la division B, qui se termine à la Pointe du Renard près de la baie du même nom.

Division G. — Les divisions A et B sont étendues sur le côté Nord de File, de la Pointe Ouest à la Baie du Renai^d; elles ont comme homologue la formation de Hudson River.

Avec la division G commence ce qu'on a appelé le GROUPE D'ANTICOSTI, parce qu'il présente un caractère qui lui semble spécial. Les divisions de ce groupe, sauf la division F qui est tout entière du côté Sud, apparaissent sur une certaine étendue de la côte Orientale de l'île, disparaissent bientôt pour s'étendre comme de larges bandes à l'intérieur, courant plus ou moins parallèlement aux divisions A et B et réapparaissent à la côte dans la région Occidentale.

Dans la région de l'Est où nous sommes actuellement sur le côté Septentrional, la division G commence déjà dans la portion Orientale du Cap Jacques, se continue dans le fond de la Baie Prinsta sur près de trois kilomètres et plus loin, à l'Est, couronne la tête du Cap dé la Table. Elle arrive ensuite à la Baie du Renard qui est entièrement creusée dans ceflte division et où le plongement des roches est S. 18°0 avec une pente de 18 mètres par kilomètre, pour se terminer à une baie Innomée, baie située de l'autre côté de la Pointe du Reef (Pointe du Récif qui ferme à l'Est là baie du Renard). Les

FALAISE DE LA BAIE DES OISEAUX (Fig. 29)

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roches de cette division sont généralement plus tendres que celles vues précédemment. Elles présentent toutefois des lits minces très fossilifères, beaucoup plus durs que les autres et qui résistent mieux aux intempéries, comme on peut le voir dans la partie gauche de la figure 30.

Les lits, en général réguliers, sont composés de calcaire gris, parfois compact et argileux, parfois plus pur et plus clair, d'autres fois légèrement arénacé; ils nous montrent aussi des schistes argileux et des schistes verdâtres renfermant des coraux et des Beatbicea.

Nous allons maintenant nous transporter près de l'extrémité occidentale de l'Ile pour retrouver cette division C. Là, nous la voyons commencer au Cap à t Hirondelle pour se terminer à la Pointe aux Graines (autrefois Longue Pointe) avec une moyenne S 13" 0. pour le plongement de ses lits.

Les roches qui la composent sont dans cette partie des calcaires gris jaunâtre, gris cendre, gris bleuâtre, entremêlés de schistes argilo-arénacés.

Les fossiles Jsont assez nombreux au Cap à V Hirondelle et parmi eux se trouvent un assez grand nombre de Petraia GRACïLis que les gens du pays appellent des cornes.

On rencontre, en outre, Favosites prolificus, Stenopora FiBROSA, Halisytes catenulatus, Leptœna cericea, Strophomena PECïEN, Orthis laurentina, ctc. A la baie Ellis, dans une carrière qu'on a ouverte près de la Falaise Blanche [Cap Blanc), les brachiopodes sont nombreux et bien conservés; je signalerai particulièrement : Lepto^na sericea, Strophomena rhom- BomALis, Orthis lynx, Orthis porcata, Pentamerus reversus, Atrypa marginalis.

11 est digne de remarque que la Baie Ellis comme la Baie du Renard — les deux seules baies de l'île qui puissent actuellement servir et qui servent, en effet, de ports, — sont toutes les deux creusées dans la division G. Il en résulte que l'extrémité Occidentale et l'extrémité Orientale de cette division sont les deux principaux points d'amorce de la colonisa-

tion de l'île, où la première de ces baies joue, pour le moment, le rôle principal.

Division D. — Dans la partie Septentrionale de l'île, cette division s'étend de la Pointe du Reef à la partie Orientale de la Baie aux Oiseaux (fig. 28), près du Ruisseau de la Chute, tout à côté de la Pointe Est.

Avant d'aller plus loin, il est nécessaire de faire observer que les noms géographiques donnés par Richardson à cette partie de la côte ne sont pas exacts en ce qui concerne la Baie et le Cap aux Oiseaux [Gull Cove et Guil Cape).

La carte de Bayfield, ainsi que tous les marins que j'ai consultés nomment Baie aux Oiseaux, la première baie au Nord-Ouest de la Pointe Est. Je la connais particulièrement pour m'y être réfugié mainte fois à bord du Savoy alors que la tempête sur le côté Sud de l'île nous obligeait à y chercher un abri momentané. De plus, c'est dans cette baie qu'a eu lieu le naufrage du Merrimac\ et comme le Savoy a porté secours à ce bâtiment malheureux, j'ai eu l'occasion de l'accompagner et de rester plusieurs jours au mouillage dans cette baie, à quelques brasses de la falaise. C'est même plus particulièrement en cette circonstance qu'il m'a été loisible de faire provision d'échantillons géologiques et d'observer en même temps les nombreux oiseaux de mer ^ qui y établissent leurs nids.

La baie appelée Gull Cove par Richardson n'ayant pas de nom, je le désignerai par le vocable de Baie Jnnomée. Gela étant établi, nous voyons qu'à la Baie Innomée, les lits sont composés de calcaire gris plomb surmonté de schiste verdàtre arénacé, qui est recouvert lui-même de calcaire gris jaunâtre, puis gris foncé, tant soit peu bitumineux. Le tout a une épaisseur d'une quarantaine de mètres et un plongement S. 28« 0.

Dans la concavité de côte qui lui fait suite, la Baie à Crête

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