Van Tieohem, Traité de Botanique, p
Parcours de la taleine franche ....
S I du j)Aojue ffTCBJilaadais.
Limite nord de Ja loutre
du castor
q ( de l'ours noir.
limite septentrionale des arbres.
ligne isotherme de Juillet
de Janvier
Limite des jlaces flottantes .
Courant du fairadar
Courant du Grœnland
(Fig. 16)
BOTANIQUE. 431
lier formé de taches gris blanc, gris perle, brun tabac, brun roux, brun jaunâtre, pointillées de quelques fleurs et des aigrettes d'Eriophorum. Çà et là, dans la savane dont le sous-sol reste constamment gelé, sur une faible épaisseur il est vrai, quelques centimètres seulement dans les mois de juillet et août; çà et là, dis-je, se trouve un Larix* rabougri de moins d'un mètre de hauteur et qui rappelle tout à fait les arbres nains des Japonais'. La coupe d'un de ces Larix de 3 centimètres de diamètre m'a montré qu'il était âgé de soixante-quinze ans, alors que j'ai examiné dernièrement à la Baie EUis la coupe d'un Larix de 90 centimètres de diamètre et qui était âgé de cent quarante-deux ans.
Quoi qu'il en soit, Anticosti se trouve donc posséder deux flores bien différentes : l'une, celle de la forêt, qui est subalpine; l'autre, celle de la savane, qui est une flore arctique.
Les végétaux d'Anticosti ont souvent une allure différente de celle des mêmes espèces de l'intérieur du Continent, et des environs de Québec en particulier. Cette différence entre des plantes de même espèce n'est pas considérable, mais elle est réelle et je tenais à signaler sa réalité, qui n'a d'ailleurs rien qui doive surprendre. Pour donner un exemple, je noterai simplement le « Taraxacum dens leonis », cette plante si répandue sur la terre, et dont les feuilles sont, ici, beaucoup plus découpées que dans la même espèce au voisinage die Québec.
11 est certain que les influences de nos conditions climatologiques particulières, associées aux effets d'un terrain formé le plus souvent de terre noire avec sous-sol calcaire, impriment une modalité spéciale aux végétaux de l'île et nous valent une flore assez limitée et avec des caractères qui lui sont propres. L'abondance du calcaire nous prive des plantes nettement calcifuges, aussi les fougères qui semblent
1. On verra plus loin que dans les bons terrains de l'ile j'en ai trouvé souvent qui avaient près d'un mètre de diamètre-
2. AsA Gray, Observât, upon the relal. japanese Flora to Ihat of North America.
faire partie de ces dernières ne sont-elles représentées que par un petit nombre d'espèces. Il y a heureusement çà et là des îlots quaternaires d'argile oii la chaux est rare et qui donnent asile à des plantes calcifuges parmi lesquelles je n'hésiterai pas à placer notre Crataegus, puisqu'on ne le rencontre sur l'île que dans ces plaines de l'époque pléistocène.
Dans l'étude des plantes qui va suivre, j'ai eu à ma disposition certains ouvrages français que je possède dans ma bibliothèque, ainsi que plusieurs ouvrages spéciaux à l'Amérique du Nord et publiés tant au Canada qu'aux États-Unis. Mais je me permettrai de rappeler que dans l'état d'isolement où j'ai vécu depuis huit années, bien des livres et bien des revues m'ont manqué, qui auraient facilité singulièrement mes recherches et dont l'absence expliquera en partie bien des imperfections rencontrées non seulement dans la botanique, mais aussi dans les différents chapitres de cette Monographie. J'ajouterai même que chacun d'eux, pour montrer tout l'intérêt dont il est susceptible, aurait dû être écrit par un spécialiste, mais les circonstances qui ne l'ont pas permis maintenant, le permettront peut-être dans l'avenir et je ne m'illusionne nullement sur tout ce qu'alors il y aura à corriger et à ajouter. Je dirai seulement que cette Monographie, dans laquelle j'ai toujours préféré une lacune à une inexactitude, n'est qu'un premier coup d'œil d'ensemble sur l'île d'Anticosti, et, qu'à défaut d'autres, son mérite sera la sincérité.