‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 279 sur 437 · XII: siècle · texte numérisé non relu

XII: siècle

La plus ancienne des deux tables de vermeil du maître-autel au commencement du XVe siècle, avait été donnée par Normand de Doué (évêque d'Angers en 1149), alors qu'il n'était qu'archidiacre pour l'autel matutinal, « tabulam argenteam triginta et amplius marcharum ad altare matutinale dedit (°). » |

Si, dès le XIIe siècle, l'autel matutinal possédait une table si riche, il est bien probable que le maître-autel était décoré de la même manière : nous n'avons cependant à son sujet aucun renseignement avant le don de Guillaume de Beaumont.

La table de Normand de Doué comprenait quinze arcades cintrées : au centre, la statue de Notre-Seigneur, celles des douze apôtres ensuite : aux extrémités, les figures de deux évêques (S. René et peut-être S. Maurille).

Ces deux statues avaient, sans doute, été ajoutées pour donner au retable flus de longueur, car on fait la remarque (Bibl. mun. Ms. n° 624, t. I[, p. 551) qu'elles avaient des mitres pointues, tandis que Normand de Doué et son successeur les portaient encore, comme Ulger et autres, fourchues. Les anciens sceaux antérieurs au XIIIe siècle nous montrent presque toujours les évêques portant des mitres fourchues, c'est-à-dire dont on voyait les deux pointes à la fois.

L'inventaire du 18 mars 1421 l'appelle #e#sa superior allaris et donne quelques détails intéressants sur ses dégradations à cette époque.

1. La cathédrale d'Angers n'était pas la seule église d'Anjou, qui possedât des tahles de vermeil ; je citerai celles du maître-autel de l’abbaye de Saint-Florent, près Saumur, pillé par les Huguenots et décrites par dom Huynes dans son Aistoire de l'abbaye de Saint-Florent : & Le bas de l'autel estoit garny et couvert d'une table d'argent doré en laquelle estoient les ymages de Notre-Seigneur et de ses apôtres faisant la Cène et autres ymages, le fout couvert d'argent doré. Le dessus de l'autel semblablement garny et couvert d'une table ou contretable couverte d'argent doré sur laquelle étaient neuf ymages relevées en bosse, l'une de N. Seigneur et les autres de quelques Apôtres et Martyrs, sur lesquelles et chacune d'icelles estoit un chapiteau doré et azuré. Au-dessus étoit la case de S. Florent toute couverte d'argent doré (ou i/ya plusieurs pilliers et ymaiges autour).» Cette châsse avait été donnée par Louis XI. Aux deux côtés de l'autel, il y avait deux grandes pièces de broderie de fil d’or et de sote, sur d'une desquelles était figuré Octavien se voulant faire adorer et l'autre ledit Octavien et une sybille lui démontrant l'autel du ciel et autres grands personnages. Tout cela fut démoli somme aussi l'image de Moïse, les orgues, quatre anges de cuivre, deux piliers d'airain..……. (Revue d'Anjou, 1887, t. I, p. 267.)

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