‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 291 sur 437 · XIV: siècle · texte numérisé non relu

XIV: siècle

Aux extrémités de l'autel, devant deux espèces de fenêtres ou crédences, on plaçait, les jours de fête, de grands bassins de vermeil, comme ornements.

J'en trouve deux dans l'inventaire de 1391 ; ils avaient été donnés par Louis IT après la mort de son père : Duo alit platelli magnt argenti deaurati cum armis in medio... regis Sicilie, quos dominus Ludovicus, juvenis filius quondam Ludovici regis Sicile, fecit afferre eidem ecclesie post mortem patris sur ponderis X 1111 m. V onc.

Il n’en restait plus qu'un en 1525 ; Jean de la Chesnaie, chanoïne, en donne un autre pour faire le pendant en 1541.

Inv. de 1532. Article ajouté après coup: Z/{em unus alius bacinus sive pelvis argenti in guibusdam locis deauratus ponderis quinque marcharum seplem onciarum, ecclesie dalus Der egregium dominum fohannem de la Chesnaye canonicum mense octobrt anno M° D° XL7, in fundo cujus snnt arma, videlicet tres cignt azuret 1n auro.

Voici ce qu’en disent l'inventaire de 1596 et celui de 1646 :

Item ung grand bassin d'argent doré, dans lequel est un escusson des armes du rot de Sicile, semé de fleurs de lis d'or avecques un soleil, pesant dix marcs bien juste.

tem ung aultre grand bassin d'argent doré sur le bord et en plusieurs endroits du champ zl y a ung escusson et ung soleil auquel escusson sont trois chevrons Orisés au milieu d'une couronne verte, pesant cing marcs, sept onces. Ce ne sont plus les armes de la Chesnaye.

& Pendant l'offerte de la messe épiscopale, dit Lehoreau (°), grand epistolier tient devant

1. Bib. de la Ville, Ms. n° 656, t. II. Niche. 2. Lehoreau, I, p. 164.

228 Sonograpbie de la cathédrale D'Angers.

« soi un bassin de vermerl, qui est un des deux, qui servent d'ornement ou de ot aux € deux côtés de l'autel el c'est toujours celur de l'évangile. Chacun y met son oblalion avant de € baiser l'anneau de l'évêque. »

Après la reconstruction de l'autel, en 1699, on plaçait ces deux bassins devant les piédestaux des statues de S. Maurice et de la Sainte Vierge.

Ils servaient encore à la cérémonie des PRÉMICES ("). « Le jour de la Transfiguration, dit Lehoreau, 4 sacristain fournit deux Bassins de raisins coupés par petites hallebottes (si la saison le permet), qu'il met sur l'autel du côté de l'Épître, pour que le célébrant les Bénisse après l'Introit. Le grand diacre officiant prend une halleboite, la plus mûre, qu'il presse entre deux patènes dans le calice du côté de l'Epître, puis verse d'autre vin de la burette ordinaire, qui domine entièrement le nouveau. On appelle cela consacrer avec du vin nouveau, ce qu'on nomme les PRÉMICES. Après la bénédiction des raisins, on met les deux bassins de vermeil aux deux bouts du grand autel.

A l'Agnus Dei, Les deux maires chapelains, aidés du chantre, en surplis el aumusse, vont au sanctuaire el reçoivent les deux bassins du grand et du petit diacre, entrent au chœur chacun de son côté, présentent des raisins, tous deux au chantre et ensuile à chaque côté du chœur, puis rapportent les deux bassins dans le sanctuaire.

Ils furent vendus au XVIIIe siècle.

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