LE SU
30 @onograpbie de la cathédrale D'Angets.
— Îlem per dictum regem ef Volandam ejus uxorem, in ipsius obsequio, data fuit una tnfula cum dalmatica et lunica et quinque cappe et paramenta altaris, cum duabus stollis et lyiôus mantpulis cum paramentis trium albarum et frium amitlorum el uno paramento, una mappa allaris, lola de panno damasceno nigro figurato cum aurifragiis aureis cum scutis ad arma regis el regine predictæ. (Unum paramentum altaris, continens duas pecias de panno damasceno nigro : et in superiori pecia est ymago Crucifixi, cum ymaginibus beatæ Mariæ et beati Johannis Evangelistæ et in inferiori pecia est ymago beatæ Mariæ. In qualibet quarum dictarum peciarum sunt arma domini Regis Siciliæ, 1467, 1643.)
— Îlem una capella rubea, de veluto figurato ad flores aureas, continens casulam, dalmatican et tunicam cum duabus stollis, tribus manipulis, uno paramento unius albe et duobus paramentis allaris, dupphlicata lotaliter bougrano perseo et uno... dupplicato éiercelino perseo ad XV palmas aureas cum armis dicti domint Ludovict secundi, regis Sicilie, dupplicata tiercelino rubee cum orfrasiis ad ymagines…. (de panno sericeo rubeo, cum coronis et foliis aureis floribusque persei coloris... 1467) (la chapelle de vieux drap d'or rouge, qui sert aux octaves du Sacre et de saint Maurice 1595) (et y a en quelques endroits de petits rondeaux de fil d'or 1606).
L'évèque Hardouin de Bueil (1387-1439) donna les trois chapelles suivantes, inscrites à la suite de l'inventaire de 1421 :
— Una (capella) rubea, de panno veluto, ad cestercia argentea stellasque, coronas aureas, ornata, in qua capella sunt infula, funica, dalmatica cum stollis et mantpulis. Ilem tres albe el amuili eodem panno parati. — Item tres cape seu pluvinalia ejusdem pannt cum ornatu, cum aurifrasiis ad ymagines et arma de Castro Fromondi. Ilem pluviale seu capa de panno el veluto ditiore, ornatu parato, cum aurifrasiis similibus praedictis el in dorso 1psius est Assumplio seu coronatio beate Marie, ditissime composita et ornata. Cum coronatione beatæ Mariæ, angelis et Agnis Dei,cum pluribus stellis de broderia, cum armis de Castro Fromondi in aurifragiis 1467.) (La chapelle des Croissants 1561,1643). Cette chapelle était munie de deux parements d’autel fanni similis. (De velosio rubeo, semmato de crorssants gallice, stellis et corronis 1467.) (.. quasi consumpti 1595.) Elle fut prêtée au roi de Sicile, pour sa chapelle du château d'Angers, pour la fête de Noël (1443), qui fut célébrée coram rege (1).
— Îlem alia capella, in qua sunt infula, tunica et dalmatica cum stollis et manipulis, de panno albo damasceno. Îlem tres cappeæ de eodem panno, cum aurifragiis persers consimilibus.
Îlem duo paramentti albi pro paramento altaris (Ad arma de Castro-Fromondi 1467.)
— Îtem alia capella, alba panni de satino, in qua sunt infula, tunica et dalmatfica sine caprs. Îlem unum corporale cum corporalibus. Llem duo pannt albi pro paramento allaris que quidem capella deputata est ad missam beate Marie diebus sabbatinis. (Parvum paramentum de satino, album in duabus peciis, qui servit altari beatæ Mariæ in navi ecclesiæ subtus Crucifixum, 1467.)
Plusieurs ornements furent remis à l’église, après la mort d'Hardouin de Bueil, entre autres les deux chapelles suivantes :
— Una infula, cum slolla et manipulo et paramento allaris, de quo paramento facte Jfucrunt due dalmatice rubei coloris ct albi ad modum scangrir, galice descequier (échiquier).
1. Conclusions du Chapitre, 23 octobre 1443. On prête au clerc de la chapelle du Roy, pour la fête de Noël, trois chappes aux croissants, les parements d’autel semblables et les ornements de drap de panne donnés par la feue reine Yolande.
Broderies et tissus. 31
— Îlem una alia infula, cum paramento allaris in duabus pecirs, viridis coloris, figuratis. De predicto paramento facte fuerunt due dalmatice. Item duo paramenta altaris, viridis coloris ad barras auri, quorum unum posttuim fuit in paramento dictarum dalmaticarum.
Viennent ici, suivant l’ordre chronologique, les riches chapelles, données par René d'Anjou.
Ce prince, ami des arts et très généreux, fit présent, le 4 mars 1462, d'une magnifique chapelle, connue jusqu’à la Révolution sous le nom de /4 grande Broderte. Le roi et la reine de Sicile assistèrent à une messe du Saint-Esprit, chantée par le chapitre, pour la réception de ce chef-d'œuvre. Voici la lettre de René, concernant ce don royal (1).
« Nous, René par la grâce de Dieu, Roy de Thülm et de Sicile, duc d'Anjou et per de France et duc de Bar, comte de Provence, de Forcalquier pour la singulière et cordialle affection que avons et portons à la dicte église en Révérence et honneur du dit monsieur saint Maurice et de ses benoistes compaignons soubs la protection duquel avons fondé l'ordre du Croissant. Nous a icelle église pour icelle décorer avons donné et octroié, donnons et octroions par ces présentes les aournements d’une chapelle toute batue à broderie d'or contenant cinq pièces, c'est assavoir chasuble, tunicque, dalmaticque, chappe et ung parement dautel hystoriés de la Passion Notre Seigneur. Et avons voulu et voulons que des à present comme pour lors notre deces advenu la dite église et les supposés d'icelle puissent joir et user de notre present don et octroie et eulx servir d'iceulx aournements aux jours et festes convenables et requis sans ce que après notre deces il leur...... avoir autres lettres de don des dicts aournements que ces presentes et sans que nos successeurs ou aiant cause leur en puissent faire demande en question aucune le temps aucun. En reservant touttefois avons que tant que vivrons nous nous en pourrons servir en notre chappelle aux jours et festes que bon nous semblera. En tesmoing de ce nous avons signé et desputé et fait signer de lun de nos secretaires et apposer et placquer notre scel de scrict. Donné en nostre chastel d’'Angiers le 111] jour de mars lan de
grace mil CCCC soixante et deux.
) Par le roy mons le marquis Dupout aisné, fils de R'né. monseigneur le duc de Calabre et de Loraine aisné filz du dit S' Roy. Les comtes de Waudemont et de Troye Jehan s' de Beauveau, sen* daniou Sallahdin dangleure s' de Nogent le s' de Natelieure et plusieurs autres presens.
NARDEAU.
1467.— Pulcherrima cappella, data ecclesie per serenissimun donrinun nostrum, dominum Renalum regem Therusalem, Sicilie et Aragonts ducenique Andegaviæ, MIRABILI ARTIFICIO contexta, brodata ad historiam de vita Christi ab annonciatione dominica usque ad resurreclionem Christi inclusive, continens caphpam, infulam, duas dalmaticas el unum paramentum altaris de resurrectione Dominr. (La grant chappelle, qui sert à Noël — le grand parement, qui sert à Pâques 1561) (la grande chapelle, faite de broderie à ymages fort précieuses et riches... 1643). (Un autre parement, fait en Provence, comme le reste de la chapelle, fut donné quelques années après. Item unum aliud paramentum de passione Domini 1505.) (Le grand parement du devant d'autel, qui sert à Noël 1561.) (Deux beaux et riches parements, faits de broderie à ymages, fort précieuses et d'une même façon, 1643.)
1. Registres de la Fabrique,t. 1, p. 72. Littera donacionis pulcherrimæ capellæ per Renatum regem Siciliæ.
32 Sonograpbie De la cathédrale D'Angets.
. Item une estole et un fanon de drap d'or changeant, qui ne sont apariés, faits à broderic et personnages et servent à la grant chapelle, 1595.
Picrre du Villant, peintre du roi de Sicile, broda ces belles pièces ; son héritière reçut.
en 1478 à titre de reliquat de compte la somme de 4782 florins, 8 gros (').
René écrivit au chapitre le 15 nov. 1479 pour le prier d'envoyer chercher un second parement d'autel, du même travail... €... Avons fait continuer depuis notre partement de notre ville d'Angers le parement d'autel, selon l'ouvrage des orfrois des chappes, chasuëbles cl autres ornements que picçà donnämes en la dite église, tellement que de présent est du tout parfait el achevé. V'eurllez envoyer aucuns de vos confrères et conchanoines pour recevoir le dit parement, que leurs ferons bailler. — Arles, 15 nov. 1479 » (°).
Cette chapelle était fort estimée en 1533. Art. 276. Zlem da grant chapelle, qui est une chaphe, chasuble, pour diacre el sousdiacre, loute d'or fin nué tant du long que du travers, que l'on estime LX MIL ESCUS, pourra cousler à réparer 33 escus (°).
La grande broderie dont Lehoreau parle avec admiration dans son Cérémonial, était estimée de son temps 40,000 escus (+) ; elle ne servait que le jour de Noël, de Pâques et de la Fête-Dieu. Le règlement de la sacristie de 1757 dit qu'on ne la prenait plus le jour du Sacre, crainte de la poussière, dont l'église était remplie. Les parements d'autel ornaient le reposoir du Jeudi Saint : l'un d'eux fut restauré et monté sur une carrée de tringles en 1764 (°). La chasuble fut raccourcie en 1763 (*).
À la fin du règlement de 1757 on lit parmi les observations faites aux sacristains celle-ci : € On ne peut trop engager les sacristains d'avoir un soin particulier des ornements, surtout de LA GRANDE BRODERIE, gui est le plus bel ornement de france, de le couvrir toujours avec des chappes doublées de soie et jamais autrement... (7).
L'unanimité des élowes, donnés par tant de témoins vivant à une époque où le style gothique était pourtant bien dédaigné, est curieuse à constater. Ce magnifique ornement fut dépecé et brûlé à la Révolution (*).
— Secunda pulchra cappella panni auri preciosisstmr fiourati, continens caphpam, infulam, duas dalmaticas, cunr aurifragiis ad listoriam de passione Domint Jesu Christi bcatique Mauricit c£ sociorum ejus, data per diclum regem. —- Tres pecte panntaurt cramorsy, gallice, semmalæ floribus cardonum cl cum scuczonibus ad arma domint KRenati, regis Sicilie ad parandum majus a!tare de lonciludine dictr allaris el lalerum, dale per dictum Aegem et sun£ de panno ditissimo et serviunt in majoribus festis. [Len due pecie faramentorum pannt aurei seminali foliis aureis, continentes qualide£ becia tres alnas vel circa et ponuntur de longiludine dicli altaris. [tem nnum paramentuin altaris tn una pecia de velosio r'udeo, in quo est coronatio beale Alarie, continens tredecim ymagines de broderta. (Le grand parement de drap d'or rouge, qui sert aux festes solennelles comme Noël, la Saint-Maurice 1643.)
1. Recuue des questions historiques, 1874, p. 164. Extrait des Archives des Bouches-du-Rhône, B. 273, f° 190.