Bib. de la Ville. Ms. N° 807, p
234 gponographie de la cathédrale d'Angers.
enchassé et garni d'argent. Le deux matre-chapelains les suivent cf tous ensemble, précédés des enfants thuriféraires avec leurs encensoirs vont au chœur, en chantant RESURREXIT éf alors on entonne au chœur le TE DEUM.
Le jour de Pâques, deux corbelliers se rendent, après Matines, à la sacristie, prennent l’'amict sur la tête, la barette sur l'amict, se revêtent de l'aube, des gants brodés, de la ceinture et de la dalmatique blanche, puis sans manipule et sans étole se dirigent vers le tombeau. Là chacun d’eux prend un bassin, sur lequel repose un œuf d’autruche, couvert d'étoffe blanche, puis ils se rendent au trône de l'évêque. Le plus âgé s'approche de l'évêque en lui présentant le bassin contenant l’œuf d’autruche, disant tout bas d'un air mystérieux : Surrextl dominus, allelura ; évêque répond : Deo gratias, allelura.
Le second corbellier fait la même chose du côté gauche. Puis chacun d'eux parcourt tous les rangs des ecclésiastiques, l'un à droite, l'autre à gauche, en commençant par les plus dignes, répétant les mêmes paroles et recevant la même réponse. Les œufs étaient ensuite reportés à la sacristie sur les bassins.
Cette cérémonie est racontée dans une strophe d'Urbain Renard, l'un des auteurs des Noëls Angevins :
La joie est angélique
A Pâques d'ouir
Cloches, orgues, musique, Les Maries venir
Chercher dans le Sépulchre Jésus qui n'est plus là,
Puis portant œufs d’autruche, On chante AY/elura.
M. de Mély, dans la bibliographie de la Revue de l'Art chrétien, année 1887, critique le symbolisme de l'œuf d'autruche donné par Didron et par l'abbé Vincelot. « S'il y a € symbole, ajoute-t-il, c'est à l'Orient où on le trouve dans les synagogues, dans les € mosquées, dans les temples de Boudha aussi bien que dans les églises chrétiennes, qu'il & faut demander ce qu'il signifie. Nous en avons rapporté de Crimée ( Zour du Monde, € 1878, t. I, p. 372) une explication qui nous a été fournie par Kartchimkow, un des plus & savants rabbins Karaïm et qui nous semble la plus simple en même temps que la plus « exacte ('); c’est celle d’ailleurs adoptée par M. l'abbé Corblet dans son //stoire du « Sacrement de l'Eucharistie, t. V1, p. 113). D | |