Répertoire archéologique de l’ Anjou, 1869, p
3. Comptes et Mémoriaux du roi René, par Lecoy de la Marche, p. 318. ... pro quadam ydria, quam in dicto monasterio capi fecimus eo quia dicebatur quod fuit illa in qua Christus mutari fecit aquam in vinum. — Le couvent de Sainte-Paule avait été fondé par Yolande, épouse de Louis II. Anno 1383 Cœnobium virginum titulo S® Paulæ viduæ a se fundatum Massiliæ sub regula sancti Augustini copiose auxit et ornavit Yolanda regina, uxor Ludovici 11, Siciliæ regis ac provinciæ comitis. (Provinciæ Massiliensis Annales de Guesney S. J. 1657.)
4. Bib. de la Vill, Ms. n° 656, t. 11, Hidrié. — Fab, t. II, p. 71. In reliquario solito est altera idriarum... (Inv. de 1539).
240 Sonograpbie de la cathédrale D'Angets.
des commissaires pour lui faire construire une fenétre ou reliquaire, près le tombeau de l'évêque Foulques de Mathefelon, dans le chœur . C'était un monument de vingt pieds de haut, orné de clochetons et de motifs d'architecture ; il coûta 40 écus d'or le 16 sept. 1460, et fut démoli en 1699 pour le changement du chœur.
Le roi René institua, le second dimanche d'après l'Épiphanie, une /#{e en l'honneur de l’Æydrte, destinée à rappeler le miracle des noces de Cana, avec gasteaux, vin, chappeaux ( de fleurs ), luminaire et distribution au chapitre ; ordonna cette cérémonie lui-même et la jt faire en sa présence (),.
De 1459 à 1480, il est plusieurs fois question, dans les lettres du roi, de la fète de l'ÆAydrie (*). Il donna par testament 30 livres de rente pour la fonder à perpétuité. Ce legs n'eut point son effet. Amaury Denyau, chanoine, par un acte de touchante fidélité pour le roi René, fit continuer le dit service sa vie durant et annonça son intention de fonder le service d'icelle Ydrie le 28 janvier 1481 (°).
Le 28 janvier 1481 {le XXviII1 jour de janvier, l'an dessus dit, qui est le jour que on fait la sollempnité et service de l'idrye en l'église d'Angiers, qui est délaissée par la mort du feu roy de Sicille, René, à qui Dieu pardoient, decédé le X° jour de juillet précédent, fut ledit service fait faire par maistre Amaury Denyau chanoine en ladite église d'Angiers et doyen de Craon, lequel dit à aucuns des auditeurs de ceste chambre des comptes que pour l'avenir il ferait continuer ledit service sa vie durant et que, o l'aide de Dieu, il avait intencion de fonder le service d'icelle ydrie. Dieu lui doient la grâce de toujours persévérer en sa honneste et bonne volonté. Amen. »
Il réalisa ce projet en donnant 100 écus au soleil, le 22 décembre 1490 (). |
Le second dimanche après l'Épiphanie, le garde-reliques apportait, sur une crédence, parée d'une nappe, la précieuse Farte, après l'avoir remplie de vin, pendant Prime, et la laissait exposée aux yeux du public jusqu'après Sexte : un cierge ardent brûlait devant. Le maire-chapelain bénissait le vin, {exant en sa main un missel dans lequel il prenait la benédiction, qui était autrefois particulière, mais perdue par négligence (°). Après l'aspersion de l'eau bénite, deux maïres-chapelains portaient, autour du cloitre, la cruche pleine de vin, pour être distribué ensuite aux assistants, après la grand’ messe. Ladite cruche fut cassée, puis restaurée, en 1666 (*): dès lors on cessa de la porter. Depuis, un mairechapelain, couronné de romarin, revêtu d'une chape blanche et les épaules couvertes d'un voile blanc, portait une burette de cristal, remplie de vin bénit, puisé dans l'hydrie. Il était accompagné de deux chapelains en chape blanche, portant des torches de cire et couronnés de romarin (7). C'était la représentation du warté et de la mariée des noces
de Cana.
1. Comptes el Mémoriaux du roi René, par Lecoy de la Marche, p. 322.