‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 313 sur 437 · CUVE DE MARBRE VERT ANTIQUE. — FONTS BAPTISMAUX · texte numérisé non relu

CUVE DE MARBRE VERT ANTIQUE. — FONTS BAPTISMAUX

Le roi René envoya de Provence, en même temps que l'Urne de Cana, une baignoire antique en marbre vert. J'en ignore la provenance exacte. Elle fut placée dans le chœur de la cathédrale, sur deux lions de marbre blanc, montés sur une espèce de soubassement orné de quatrefeuilles sculptés et relevée de trois marches au-dessus du pavage (°). Le chapitre s’en servait comme de fonts baptismaux pour les grands personnages.

Ainsi, le 28 avril 1585 (*), dans l'après diner, la fille de D. le duc de Prissac a été baptisée sur les fonds, qui sont près de l'autel de S. René, par Monsieur l'Evéque Guillaume Ruzé, laquelle fut portée par M. de la Garde Avril, porte-manteau du roy, le bacin et l'esguière portée par un eschevin de la ville, l'orerller sur lequel estort le cresneau tout couvert e£ enrichi de pierreries, et la salière portée aussi par deux eschevins, aux costés desquels il y avait treize marchands des plus honorable de la ville qui portartent cing flambeaux de cire &lanche, et après marchaïent M. Morin, accompagné de NM. de la justice de la dite ville. à laquelle fille fut donné le nom de Renée Angélique, et au soir M. le Cie de Prissac donna Le souper au dit sieur Morin et autres, qui fut préparé dans la grant salle du pallais épiscopal, où y avait un buffet tout couvert de vaisselle d'or et d'arsent et ladite salle tendue de riches tapisseryes qu'il faisait beau voir et y avait audit soupper dix plats garnis…

Au changement du chœur, le 23 janvier 1699, on transporta la cuve au bas de la nef du côté de la chapelle de Sainte-Anne, là où elle est encore pour servir de bénitier. En 1785, on la fit entourer d'une grille de fer ou plutôt soutenir d’une armature en fer, portée par

de 1712, comme elles étaient en /#urs peintes ou bouquets d'hiver (artificielles, dirait-on maintenant), elles servaient

d’une année pour l’autre.

x. ÆRépertoire archéologique de Anjou, 1865, p. 145. 2. Bulletin monumental de Anjou, 1854, p. 263. 3. Bibl. de la Ville, Ms. N° 871, p. 100.

A4. Revue d'Anjou, 1854, t. II, p. 55.

ET

242 %onograpbie De la cathédrale d'Angers.

quatre montants. Le soubassement, sculpté en marbre noir, a été mutilé ; les deux lions de marbre blanc existent encore ; l’intérieur de la cuve a été garni de plomb.

Il y avait une cuve du même genre dans l'église abbatiale de Saint-Denis. Dans cette chapelle (de S. Hilaire) dont l'autel fut consacré en 1247, on doit considérer particulièrement une cuve de porphyre, que nos auteurs modernes assurent avoir été donnée par Dagobert, qui la fit apporter de Poitiers, où elle servait de baptistère. On en voit en effet de semblables à Æome et ailleurs. Celle cuve a 5 pieds 3 pouces de long, sur 2 pieds 2 pouces de large, et 16 pouces de profondeur. Elle passe chez les connaisseurs pour l'un des plus grands et des plus beaux morceaux de porphyre qui se voient. (Histoire de l'abbaye de Saint-Denys, par Dom Félibien, p. 532.)

Mgr Barbier de Montault dit avoir vu un font analogue à la cathédrale de Capoue, porté comme ici sur le dos de deux lions accroupis. (Za tapisserie de St-Gervais et de St-Protais, à la cathédrale du Mans, p. 6, note 3.)

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