‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 318 sur 437 · XV: siècle · texte numérisé non relu

XV: siècle

Des bandes rouge-foncé, comme du velours, semées de rosettes d'or, imitant l’orfévrerie, divisent le tableau long de 2,20 en sept « kzsloires » ou scènes de la Passion. — L’Arrestation de Jésus. — La Flagellation. — Le portement de Croix. — La Crucifixion. — Jésus dans les Limbes. — La Descente de Croix. — La Résurrection.

Cette curieuse peinture vient de l'église de Saint-Mathurin (Maine-et-Loire) ; elle a été léguée par M l'abbé Choyer à M. le chanoine Machefer, custode de la cathédrale, qui l’a fait déposer au-dessus du parement précédent dans la chapelle du Christ. Quelques personnages ont été légèrement endommagés : à part ces détériorations peu importantes, l'ensemble est bien conservé.

RELIQUAIRE EN FORME DE TABLEAU, DE O,48 DE LONG SUR 0,23 DE LARGE. XV: siècle.

Hors de service aujourd'hui, ce curieux objet viendrait, d'après une note du chanoine Joubert, de l'abbaye de Ronceray, d'Angers. Il est divisé en vingt-quatre compartiments, jadis remplis de reliques, placées sous verre.

La patte d'argent, destinée à tenir le € {abu/are }, incliné pour l'exposition des reliques, se rabat à volonté pour le mettre à plat. En voici le dessin : rien de plus simple, de plus solide et de mieux combiné ; elle assure à merveille la stabilité du reliquaire. Les volutes, formées de moulures triangulaires, étirées à la filière, ont été courbées avec art et soudées sur leur partie plate aux diverses pièces de la patte pour la renforcer.

Une assez large moulure, composée de deux tores, séparés par une gorge, encadre le reliquaire ; des clous d'argent à grosse tête ronde sont espacés de distance en distance : de jolies feuilles découpées et repoussées accusent les quatre angles du tableau. Toute la surface de celui-ci est couverte de six plaques d'argent, percées chacune de quatre orifices rectangulaires, découpés à l'outil : une moulure en vermeil, perlée, recouvrait la jointure des six plaques dans le sens de la hauteur et aussi l'espace qui sépare en longueur, les différentes cases entre elles. L'ensemble était couvert d'argent blanc et de vermeil.

Aucune relique n'y a été laissée ; on a négligé d'enlever les bandes de parchemin, sur lesquelles sont écrits les noms des saints en lettres d'or, d'azur ou de vermillon : elles attestent le talent du calligraphe du XVe siècle.

Ce reliquaire en somme est d'une importance secondaire, mais consciencieusement exécuté : il mériterait une restauration soignée.

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