XV: siècle, dans la chapelle du Christ
Quelle était la destination première des deux frises sculptées, polychromées d’abord, puis argentées et dorées au XVIIe siècle (à l’imitation des tables d’autel de métal), dont on a composé ce parement, placé jadis au maïtre-autel, et depuis la révolution à l'autel Saint-Amand de l'église de la Trinité d'Angers ? On ne le sait au juste. Servaient-elles de predelles ? décoraient-elles une /rabes, chargée de cierges, comme on en voit encore à la cathédrale de Cologne ? peut-être. En tout cas, elles m'ont paru remarquables ; je les ai arrachées de la boutique d’un antiquaire pour les donner à la fabrique.
La partie inférieure représente la Parabole du mauvais riche et de ;-azare. — Banquet du mauvais riche. — Lazare, le pauvre lépreux, demande l’aumône, la cliquette à la main: on le repousse durement, mais les chiens lui lèchent les pieds. — Lazare meurt abandonné ; son âme est emportée dans le sein d'Abraham. — Mort du mauvais riche, entouré de tous les secours spirituels et temporels : le démon s'empare de son âme. — Le mauvais riche implore en vain du fond de l'enfer le secours de Lazare.
Au-dessus, voici les Œuvres de miséricorde. Le Christ y prend la figure d'un pauvre :
on le reconnaît à son nimbe crucifère. — Donner à manger à ceux qui ont faim, — à boire à ceux qui ont soif, — des vêtements à ceux qui sont nus, — l'hospitalité aux voyageurs, — soigner les malades, — ensevelir les morts.
Les deux extrémités de cette frise ont été rallongées par des groupes sculptés. C'est à gauche, d'après le chanoine Tardif, le pécheur repentant, devant le prince des prêtres,
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248 Donograpbie De la cathédrale D'Angers.
auquel il découvre sa lèpre. Nous le retrouvons à droite, revêtu de la robe de justice, que lui a value sans doute l’accomplissement des Œuvres de miséricorde, une bourse à la main (le prix de sa rançon ou la figure de ses aumônes). Il reçoit l’accolade de la réconciliation et s'apprête à entrer avec le pontife dans la demeure des saints.