‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 337 sur 437 · OSTENSOIR EN VERMEIL · texte numérisé non relu

OSTENSOIR EN VERMEIL

Dans un siècle où le balancier et tant d’autres appareils récemment découverts facilitent à l’industrie la reproduction indéfinie des mêmes modèles, il est bon de tenter autre chose de temps à autre et de recourir non plus à des manœuvres mais à des artistes. Cet ostensoir est unique : un dessin de grandeur d'exécution fut envoyé à M. Willemotte, de Liége, qui a dû travailler au repoussé le pied tout entier, ajouter les filigranes et les souder parties par parties, comme au moyen âge. Dieu sait ce que demande de travail une pareille pièce, où tout est à créer. La difficulté principale dans un ostensoir est toujours le passage de la tige à la gloire : des feuillages formant au-dessus du nœud une sorte de chapiteau dont les parties latérales se développent en gracieuses volutes, ménagent la transition. Quant aux rayons, ils sont inspirés de l’un des flabella d'Hildesheim, sur lequel on trouve également de charmants rinceaux à jour reproduits ici entre les rayons. Les douze apôtres sur fond d'émail bleu sont particulièrement bien réussis. Le nœud est orné de médaillons émaillés, l'agneau triomphant, les quatre évangélistes et le pélican. Partout sont semés des perles, des pierres de couleur et des coraux dont les couleurs se détachent agréablement sur l'or ou sur les émaux. Ce bel ostensoir, en style de la fin du XIIe siècle, est un présent de Me: la Ctesse de la Grandière, dont les armes sont émaillées en arrière du pied: il a coûté 6.000 fr. On a gravé sur le piédestal ces mots :

J. WILLEMOTTE AURIFABER LEODIENSIS, J. HELBIG ET L. DE FARCY CURANTIBVS, FECIT ANNO MDCCCLXXX VII.

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