LÉGENDE DE SAINT MAURICE ET DE SES COMPAGNONS
Bibliothèque de l’Arsenal de Paris. N° 940.
Ce beau manuscrit, dont il est fait mention pour la première fois dans l'inventaire de 1505, fut écrit en 1453; il débute par une lettre de /acques Antoine Marcello, provéditeur des armées de la république de Venise, chevalier du Croissant, au sénateur et aux confrères du même ordre: ///ustrissimis el magnificis senatorti et reliquis fratribus Crescentis ordi. nis, Jacobus Antonius Marcellus provisor exercitus, se commendat.. Les premières lignes sont tracées en or brillant. Dans cette lettre, le nouveau chevalier, trop occupé pour assister aux cérémonies et remplir les obligations de l'ordre, s'excuse avec force compliments, de ne pouvoir faire connaissance &e visu avec le sénateur et les chevaliers ; il y supplée par l'envoi de ce livre, à la fin duquel il a fait peindre son propre portrait ('). Sa lettre se termine ainsi: € Wadete feliciler, vestri memores Jacobi Antonii Marcelli. Ex Jelicissimas castris illustrissimi D. D. Venetiarum, post caplum Quintianum et Pontem vicum. KT. jun. MCCCCLZZZ.
Le manuscrit remonte donc à l'année 1453: il est orné de cinq grandes miniatures fol. C'°, 5°, 34*°, 38" et 39 et de six petits folios 9, 13, 16, 20, 25° et 28.
Après l'épitre dédicatoire, se trouve une sorte de préface : DE sANCTO MaAURITIO. Z#cipit el primo argumentum in passione ejusdem el soliorum (sic).
Le reste du manuscrit est rempli par le récit du martyre de saint Maurice : « Zncipit passio Mauritir el sociorum ejus ÿ terminé par une miniature représentant la figure du saint patron de l'ordre, une palme à la main.
Enfin on lit une hymne en vers latins consacrée à saint Maurice,après laquelle se trouve le portrait de /acques Antoine Marcello et une allégorie, composée d'un éléphant portant une tour. L'inscription, peinte au bas du portrait (*), a beaucoup intrigué les savants. Le père Mabillon et le père Mathurin, de l'ordre de Saint-Benoît, n'avaient pu en découvrir le sens. M. Henri Martin, bibliothécaire de l'Arsenal, a été plus heureux : il a bien voulu me communiquer le résultat de ses recherches.
Voici la traduction de linscription en caractères de convention, dont Cossa et Marcello avaient la clef, telle que M. Henri Martin l’a proposée pendant la séance des Antiquaires
1. L'auteur du manuscrit 1001, de la Bib. d'Angers, Péfrineau des Noulis, eut le manuscrit entre les mains en 1695; il fit faire des calques des principales miniatures et prit alors copie intégrale de la lettre dédicatoire. En voici quelques phrases, pour donner idée de l’emphase du style : € Cum ardeam tincredibili cupiditate vestras amplissimas dignitates regales que majestates visere, magnanimi ac illustrissiméi principes, non mediocrt afficior tristitia, quod occupationibus necessariis tmpeditus mihi ipsi eë in re morem gerere non possum. Opiarem enim gloriosas vestras facies contemplari, alloqui presentiaque ora tueri..… In meæ vero de nobis recordationts testimonium hunc ad vos mitlere vice mei nuntium legalumque constitui... Cerimonias, exhortationes et constitutiones celeberrimi consortii nostri non minus humanas quam honestissimas summa cum letitia et veneratione pronus accepi a magnifico fratre nostro Jo. Cossa, quas studiosissime et accuratissime toto, ut aiunt, pectore complexus sum easque expolile et plenis munditits compositas integre per omnem vilam meam lenere et servare enttar atque contendam.
2. Ce portrait, dit Pétrineau des Noulis, est apparemment celui du chevalier qui a adressé cet ouvrage à l’ordre: il y à au haut des deux I, qui commencent l’un VÉpître dédicatoire, l’autre l’hymne, deux petites figures approchantes.
ES
Ce es
&rcbives et Livres. 275
de France du 24 janvier 1000, telle aussi qu'elle est insérée dans le tome LIX des Mémoires de la même société :
SE - MIA : SPERANZA + NON : DIXE : BUGIA :