NON -+ FARAI + INGRATA : PATRIA : COSSA + MIA
En français : Sz mon espoir ne me trompe pas, tu ne feras pas une ingrate de ma patrie, o Cossa. Invitation à trahir le roi René, adressée par de Le a son ami Cossa, avec lequel il avait autrefois combattu.
« La figure (l'éléphant) et la tour, qui suivent, sont peut-être quelque devise du symbole € fait par ce chevalier, mais pour l'entendre voici comment il faut lire : Fafeor me precipi- € tantem sustinuisti (cela est présumé dit par le chevalier et aussi écrit du même côté du € rouleau), l'éléphant répond: /nfcior nam divina virtute evasisti..C'est ainsi que le père € Mabillon entend cette inscription (:).»
La tour placée sur le dos de l’Éléphant est assurément une reproduction un peu libre du palais des doges de Venise.
Pétrineau des Noulis écrit au sujet de la 1° miniature : « Cette porte grillée sur laquelle «est la figure de saint Maurice ne répond pas à l'état actuel de l'autel, il n'y a pas € apparence que ce soit la Chapelle des Chevaliers, mais plutôt la salle d’assemblée car «€ la voûte ne correspond pas à celle de l’église Saint-Maurice. »
Évidemment, le miniaturiste a voulu représenter l'assemblée des chevaliers non point à la cathédrale mais chez le sénateur, élu chaque année : là avait lieu la réunion le jour de la Saint-Maurice. I] n'était pas venu à Angers et a peint un intérieur d'appartement quelconque (°).
Rapporté en France par /ean Cossa, le livre d'Antoine Marcello fut sans doute conservé quelques années par le trésorier de l’ordre du Croissant avec les manteaux et les coussins des chevaliers. Après la suppression de l’ordre, entre 1480 et 1484, le chapitre de la cathédrale hérita de ses dépouilles (:). Ce fut alors, très probablement, que le manuscrit devint la propriété du chapitre: toujours est-il qu'il figure parmi ses livres dans les inventaires de 1505, 1525 et 1532, mais plus dans celui de 15309.
C'est donc entre les années 1532 et 1539, qu'il lui fut enlevé. Par qui et comment ? je ne saurais le dire.
€ Il passa plus tard, dit M. Henri Martin (*), dans la bibliothèque d'un archéologue « célèbre, Paul Petau (1568-1614), qui le fit relier à ses armes et y mit sa devise, dont la « dernière syllabe devait rappeler son nom: Von est mortale quod opto. Après la mort € de ce dernier (1614), il fut recueilli par le vieil historien d'Anjou, Claude Ménard. & Celui-ci l'envoya au célèbre Peiresc, à Aix, pour qu'il en prit des extraits (°). À la mort