Pour le chapitre
L'église de Saint-Maurice étant à la fois cathédrale et paroissiale, les offices des vêpres et de la grand'messe sont exclusivement réservés au chapitre ; seul il a donc besoin d'ornements complets. |
Comme il serait par trop fastidieux de les signaler tous, je me bornerai aux principaux, en suivant l'ordre chronologique. Le prix des étoffes est intéressant à comparer.
Broderies et tissus. 75
En 1818, deux chapes de drap d'or et d'argent nué, à 142 livres l'aune, coûtent 21101. 125. — Une chape de première classe, en étoffe brochée d'or et d'argent nué, fond brillant, or triple, à 230 liv. l'aune, est payée à M. Gibert 1852 livres.
Le 27 juin 1821, M. Lemoine de Nantes fournit un ornement complet en tissu argent, or et soie nuée (6 chapes, 4 dalmatiques et chasuble) pour 3875 liv.
A l'occasion du baptême des quatre cloches, le 16 sept. 1822, la fabrique reçut un ornement (chasuble, quatre dalmatiques et deux chapes) partie en damas blanc broché d'or à 80 fr. l’aune, partie en broché soie à 54 fr. l'aune, du prix de 3193 francs. Les huit parrains et marraines se partagèrent la dépense.
M. Gibert fournit, en 1834, une chasuble, six dalmatiques, huit chapes et un ds mortuaire en velours noir pour 4412francs.
En 1836, quatre chapes, une chasuble et deux dalmatiques en velours rouge avec orfrois en brocart d’or et soie furent achetées pour 3466 francs.
La fabrique profite du sacre de Mgr Angebault, en 1842, pour demander un ornement pontifical au gouvernement. Le devis de 6000 fr. accordés par l'État comprenait une chasuble,six dalmatiques et dix chapes en drap d'or frisé avec orfrois en brocart d'or relevé en relief : il fut dépassé de 1644 francs, payés par l'église à cause de certaines modifications demandées au cours de l'exécution. Cet ornement fut exécuté par Melles Quinet, de Paris, chez lesquelles avaient été pris tous ceux du sacre de Charles X. Le centre de la croix de la chasuble et du chaperon de la chape principale sont les seules parties, où l'on remarque un chiffre brodé et entouré de paillettes. Pas une ôroderie sur tous les ornements qui précèdent. On se contentait alors de tissus, plus ou moins riches. Il n'en sera plus de même, comme nous allons le voir.
L'architecte Duvêtre dirige, en 1846, l'exécution du trône épiscopal en bois sculpté et velours rouge, montant à 4590 francs, sur lesquels M. SAR reçoit pour les tentures, franges, etc. 2773 francs.
Le même brodeur fournit à l'occasion du baptême de deux cloches, en 1848, une chape et une chasuble de velours rouge, 6rodée d'or et d'argent du goût le plus exquis, dit le procèsverbal du registre de la fabrique. C'étaient les cadeaux des parrains et marraines.
Ces objets, d'une exécution parfaite, sont très beaux pour l'époque. Une chape semblable et quatre dalmatiques assorties, payées en partie par l’État et en partie par la fabrique (2250 francs), complétèrent ce riche ornement.
Le chanoine Raveneau fit don, en 1868, à l'église, d'une belle chasuble de drap d'argent brodée d'or.
En 1872, une chape et une chasuble en velours noirs, brodées d'argent, auxquelles furent ajoutées, l’année suivante, deux dalmatiques, furent données à la fabrique.
M. Grossé, brodeur à Bruges, fournit, en 1873, un ornement violet en damas et velours avec broderies d’or (une chasuble, deux dalmatiques, une étole pastorale, quatre chapes et un voile huméral), offert par un des marguilliers.
À l'occasion du baptême de la 4° cloche, en 1878, M. le Cte de Saint-Pern et Me de Farcy donnèrent une chape en brocart de soie et d'or, orné de médaillons à griffons, tissé tout exprès d’après un fragment d'ancienne étoffe du musée diocésain. Les orfrois fond blanc, sont couverts de broderies d'or et de soie: on voit au chaperon la figure de
76 onograpbie De la cathédrale D'Angers.
Notre-Seigneur entre les symboles des Évangélistes. Il est intéressant de comparer cette belle pièce, qui a coûté 1400 francs seulement, à la chape de première classe de 1818, dont le prix est bien plus élevé. On voit le progrès accompli au double point de vue archéologique et artistique.
Elle a servi de type et de point de départ pour le xouvel ornement fpontifical, dont la chasuble, ornée de plusieurs médaillons à personnages, et le voile huméral ont été donnés en 1884, par M. le Cte de Saint-Pern et un autre marguillier.
La fabrique y a joint, l'année suivante, quatre dalmatiques pour 4083 francs. Seps chapes assorties ont été payées, en 1898, par plusieurs chanoines et par de pieux paroissiens ; deux l'ont été en 1899, et prochainement, {yots autres formeront avec tout ce qui précède un magnifique ensemble pour les jours de grande fête.
Signalons en terminant deux chasubles offertes en 1881, par M. le chanoine Chesnet, et deux autres très riches, par Mgr Chesneau, en 1891.
3° Pour la paroisse.
La messe de huit heures et demie de chaque dimanche est le seul office (en dehors des cérémonies funèbres, des mariages et des baptêmes) réservé à la paroisse. Il en résulte que le clergé paroissial se sert des ornements destinés aux messes particulières. Quatre chasubles, en forme moyen âge, furent données en 1877, spécialement pour cette messe de huit heures et demie.
En 1881, la fabrique fit venir de Lyon un ornement de velours noir brodé d'argent (chasuble, deux dalmatiques et chape) pour les offices funèbres.
Comme conclusion, disons que si les ornements modernes ne peuvent être comparés en aucune façon à ceux que possédait la cathédrale aux XVe et XVIesiècles, ils sont relativement suffisants et surtout parfaitement entretenus, grâce aux soins de M. le chanoine Machefer, custode.
D'après le dernier inventaire, les armoires de la sacristie renferment 120 chasubles, 96 dalmatiques, 90 chapes sans parler des étoles, voiles, grémials et écharpès.
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