‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Le mobilierChapitre 73 sur 437 · TS TE SR PET UE DE RE SN EN PRIE ENT I TETE · texte numérisé non relu

TS TE SR PET UE DE RE SN EN PRIE ENT I TETE

88 Monographie de la cathédrale Dv'Angetrs.

je le suppose. La chapelle, antérieure à celle d'Yolande d'Aragon, terminée en 1411 étant dédiée à saint Jean-Baptiste (‘), Louis I a pu faire tisser l'Afpocalypse de Saint Jean l'Evangéliste pour décorer les murs. La croix d'Anjou, à double traverse, figure sur la tapisserie en face des armes d'Anjou (*) : or, le 12 juillet 1359, Louis Ier fit déposer dans sa chapelle une célèbre relique de la vraie Croix, pour la mettre à l'abri des 7ard-venus, qui ravageaient les environs de l'abbaye de la Boissière à laquelle Jean d’Alluye l'avait cédée en 1244 (:). Le duc l'honora d'une façon toute particulière (+), reçut dans sa chapelle les pèlerins, désireux de la vénérer, y établit même une confrérie, dont il fut le chef. Cette relique y resta jusqu'en 1388 ; elle y revint en 1399 pendant l'absence de l'abbé Étienne. Très probablement la dévotion du duc pour cette vraie Croix, l'inclina à faire tisser une croix de même forme sur la tapisserie de l' Apocalypse destinée à /a chapelle plutôt qu'à une salle d'apparat. |

Le souvenir de la croix de la Boissière (conservée aujourd'hui à l'hôpital de Baugé) était encore si vivant, au moment de la construction de la nouvelle chapelle du château, qu'on en sculpta une reproduction à la clef de voûte au-dessus de l'autel ; on l’y voit encore. Voilà assurément l'origine de la Croix d'Anjou, devenue plus tard la Croix de Lorraine, sous le règne du duc René IT (1473-1508) (5).

Donc, à mon avis, l’Apocalypse a été tissée pour {a chapelle du château, dédiée à S. Jean Baptiste, précisément pendant que la Vraie-Croix de la Boissière y était conservée. Elle a du figurer aussi dans la chapelle actuelle et la grande salle.

Jusqu'à l’année 1877, le lieu de la fabrication de l'Afocalypse, l'auteur des cartons et le tapissier restèrent inconnus. À M. Guiffrey, l’'éminent directeur de la manufacture des Gobelins (5), appartient l'honneur d’avoir retrouvé leur nom aux Archives nationales, dans les registres de la Trésorerie de nos ducs. Un de ces précieux documents (de 1375 à 1379) (’) mentionne les articles suivants :

€ À Wicolas Bataille, sur la façon de deux draps de tapisserie à l'histoire de l'Apocalice, « qu'il a faitz pour monsieur le duc, par le mandement rendu ci-dessus en la prouchaine € partie et quictance du dit Vicolas, donnée le septième jour d'avril 1377, 1000 franz.

€ À Hennequin de Bruges, peintre du Roy, notre Seigneur sur ce qui lui peut ou pourra «€ estre deu à cause des pourtraiteures et patrons par lui faiz pour les ditz tappiz à listoire « de l'Apocalice, par mandement du dit notre seigneur le lieutenant, donné le derrenier « jour de janvier 1377 et quictance du d. Æ/ennequin de Bruges, donné le vingt-huitième € du dit mois, 5ofranz.

1. Extraits des comptes et Mémoriaux du Roi René, par Lecoy de la Marche, p. 2, en note.

2. Voir les tableaux n°° 46 et 61, probablement aussi le n° 1, dont une bannière est coupée.

3. Notice historique sur la Vraie Croix de Baugé, de M. l'abbé Barrau.

4. Nouvelles Archives de l'Art Français, 1878, p. 166. En 1378, Jean Belin, peintre, reçoit 30 sous pour la peinture de 12 escussons aux armes de Mgr le duc et de M: la duchesse pour iceulx cierges (destinés à être placés devani la Vraie Croix de la Boissière, au château d'Angers) le lundi après la Résurrection 1378. Archives Nationales KK, 24% fol. 67.

5. Origine de la Croix de Lorraine, par Léon Germain, Nancy, 1895.

6. Lire dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile de France, t. X (p. 268 à 317), l’article COnsacré à Vicolas Bataille, par M. Guiffrey.

Page 1