Jbidem, p. 32 et suivantes
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Les tapisseries. 89
« À Vicolas Bataille, tapissier de Parzs, sur la somme de 3000 franz, qu'il doit avoir « de mond. Seigneur, par marchié fait pour lui faire trois tappis de listoire de l’Afocalice, € rendus dedans Noël 1379, par mandement du dit mons. le duc donné le 9 juin l'an « dessus dict et quictance du dit Nicolas, donné le 16° jour du dit mois, 300 franz. »
Là nous trouvons le /eu de fabrication, la date, le nom du dessinateur, celui du fapissier et le prix de chaque pièce.
D'après un calcul de M. Guiffrey, le franc de cette époque représenterait 70 francs de: notre monnaie ; ce serait 70,000 francs qu'aurait coûté chaque pièce (de quinze tableaux comme nous le verrons).
Tous les draps ou pièces ont-ils été faits en même temps ? Cette question n'est pas facile à résoudre. D'une part, les registres de la trésorerie de Louis Ier postérieurs à l’année 1379 ont été perdus ; on peut cependant présumer, à en juger par la rapidité avec laquelle cinq pièces avaient été entreprises de 1377 à 1379, que les deux autres durent suivre de près. D'autre part, il n'y a entre l'ornementation des fonds de chaque tableau aucune différence, entre la 4° pièce sur laquelle sont tissés les chiffres de Louis Ier et de Marie d'Anjou entrelacés et la 7° pièce : j'en concluerais volontiers que toute la tapisserie a été exécutée sans interruption. On m'objectera sans doute les Y semés sur certaines parties (lettre initiale de Yolande, mariée, en 1400, à Louis [[). Ilest facile de répondre que ce mariage était négocié peu après 1380. En outre, si de la présence de cette lettre YŸ, qui se trouve sur la 1'€ pièce (7€ tableau), on veut conclure que la tapisserie n’a pas été faite avant l'année 1400, on est condamné par les textes précédents.
M. Guiffrey fait connaître notre tapissier dans sa brochure : Vicolas Bataille, tapissier parisien du X'1Ve siècle, sa vie, son œuvre et sa famille (‘), M. L. Douët d'Arcq le cite aussi dans Le Nouveau Recueil de l'argenterie des rois de France (*). Quant à Æennequin de Bruges, peintre de Charles V, son vrai nom retrouvé par M. B. Proust ést /ekan de Brandol (:).