DÉCORATION DES FONDS BLEUS ET ROUGES
Jusqu'au n° 33, à part le n° 7, sur lequel paraissent des Y, tous les fonds sont unis : l'effet général est excellent pour la cathédrale, parce que les personnages y ressortent à merveille. Ce parti, emprunté aux anciennes miniatures, dut paraître un peu dur et passablement sévère dans les salles du château d'Angers. Aussi, dès la 4° pièce, le tapissier cherche-t-il à en atténuer la rudesse. Si dans les tableaux n°5 12, 20, 21, 26, 28 et 32, il
nous représente des arbres et des arbustes, dessinés au naturel (autant qu'il le pouvait NP RE NN RO RE OR ER RE RS ER
1. Celui de M. le V'* de Coussemaker, exposé à Lille et qui datait du XIII° siècle, par exemple.
2. Dictionnarre du Mobilier Français de Violet-le-Duc, I, p. 11.
3. Une réduction de ces peintures, par M. Charles Lameir, figurait à l'exposition d'Anvers en 1885, dans la salle des monuments de la commission historique française.
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Les tapisserics. 09
tout au moins), il cherche dans les n°5 3, 5, 11 et 13 à couvrir le plus possible le fond de ses tableaux par les feuilles et les fleurs de ses arbustes ou de ses plantes. Cette élégante végétation, étalée avec soin, est bien encore portée sur un tronc ou une tige, il | est vrai; mais c'est pour lui une vène, un embarras; bientôt, il va s'en affranchir et renoncer | à toute imitation de la nature. De charmants rinceaux, chargés de fleurs et de feuilles, | serpentent entre les personnages sans aucune attache avec le sol. | Les fleurons aux couleurs variées et dessinés dans le genre de ceux du bel antependium de Lille (1), le séduisent un instant : les n° 33 et 68 nous en donnent des exemples. Il y | renonce promptement : le parti de les tisser en simple camaïeu, c'est-à-dire, bleu clair sur bleu foncé, ou rouge clair sur rouge foncé, lui semble préférable, (n°5 53, 54, 58, 62, 64 et 87). Ailleurs (n° 47, 66 et 70), il sème les fonds de petites branches de pensée sauvage ou de liseron.
Le n° 39, quadrillé bleu sur bleu, paraît un essai : il est seul de son genre, c’est une | imitation de certaines miniatures contemporaines.
Les initiales Ÿ se voient sur le n° 7 et celles de Louis I et de Marie de Bretagne L. M. | entrelacées sur le n° 42.
Quelle variété dans le tracé de ces fleurons, placés au-dessus d’un petit écusson, ren- | fermant soit une fleur, soit un Y (n°5 52, 62, 69, 81), de ces dragons volants, de ces petits
médaillons, mêlés à des tiges arrondies et régulièrement espacées!
| La prédilection du tapissier semble enfin se fixer. Entre les arbres, l'architecture et les personnages, il s'ingénie à plier en tous sens des rinceaux, tous variés, chargés de fleurs légères et de feuilles découpées, à la façon des miniatures ou des émaux du XIVe siècle, c'est-à-dire en les arrêtant aux bords de chaque tableau et en respectant le contour des
figures. Tels sont les n°5 37, 38, 40, 43, 45, 48, 50, 54, 55, 56, 57, 63, 67, 71, 73, 75, 85 et 86.
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