‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 100 sur 212 · Arch. de M.-et-L. G. 332, p · texte numérisé non relu

Arch. de M.-et-L. G. 332, p

Go ogle

126 ggonograpbie de la Œatbédrale D'Ængers.

pain, le vin, les cerises qui étaient dus dans le revestiaire aux Chanoines de Saint- Maurice et aux offciers du Haut et du Bas Chœur, au retour des processions d’été. Les objets en nature finalement furent remplacés par une somme d’argent après accord (').

Fêtages du Chapitre et autres fêtages. — Le Chapitre en corps, sans distinction de dignités ou de chanoines, comme l’Évêque, devait les féages aux corbelliers, maireschapelains, chapelains, psalteurs, et enfants de chœur, dix-neuf fois par an, aux jours suivants : vigile et jour de la Toussaint ; — Saint-René ; — vigile et jour de Saint-André ; — vigile et jour de Noël ; — fête des Rois ; —- Purification ; — la veille et le lendemain de Pâques ; — le jour de l’Ascension ; — la veille et le lendemain de la Pentecôte ; — la veille de la Saint-Maurille et de la Saint-Maurice ; — la veille et le jour de Notre- Dame de la mye-août. — Arrêt de la Cour du 22 février 1536.

Les Dignités avaient à donner des fêtages, certains jours, à certains chanoines et bénéficiers. — De même les chanoines en leur particulier à quelques officiers du Bas Chœur, à la fête du Saint ou de la Sainte dont leur prébende portait le nom.

D’autres fêtages existaient, en dehors de ceux que devaient l’Évêque, le Chapitre, les dignités et les chanoines, fondés par certaines personnes, par exemple celui du Sacre, grâce à une rente perpétuelle établie par Emery de Villeneuve, valet, 19 décembre 1393, — celui des Rameaux, fondé le 8 août 1506 par Robert Ribaille pour tous les chapelains. Cette fondation fut augmentée par Jacques Lemesle, chapelain, en 1518, par Robert Breton et Louis Fournier, chapelains. — Enfin le 14 avril 1587, quatre-vingt chapelains augmentèrent encore la fondation de 12 1. de rente. |

Ces fêtiges se donnaient, comme ceux des chanoines, dans le réfectoire du Chapitre. Les chapelains se servaient de la cuisine et des ustensiles du sacriste à qui ils donnaient 10 sols. Le linge, la vaisselle et autres ustensiles de table nécessaires à ce festin étaient conservés dans un grand coffre du réfectoire, de forme demi-ronde et fermant à trois clefs. — Et comme il fallait faire face à l'entretien du linge, chaque chapelain devait payer, sa première année, une serviette parce qu'il se faisait 2x cibariis. Depuis qu’il cessa de se faire in cibariis. on continua de faire payer la serviette ou bien il était donné 10 s. à la place, et l'on vendit les vases d'argent dont on n’avait plus besoin, en 1645 (*).

Aux fêtages du Chapitre, des dignités, des chanoines, ou de fondation, les choses se passaient comme à ceux de l’Évêque. La dépense toutefois y était moins grande. A la longue, l'obligation pour les dignités de régaler tout le Chapitre ayant paru trop onéreuse, à cause de la modicité de leur revenu, fut réduite considérablement. On assigna à chacun un nombre de chanoines et d’officiers du Bas Chœur à traiter (*).

D'ordinaire, les Dignités et Messieurs du Chapitre exécutaient ponctuellement leurs .

obligations. Jean, évêque de Dol, précédemment maître-école d'Angers, le jeudi d’avant la Saint-Clément, 1314, charge son vicaire de faire savoir à ses anciens confrères qu’il leur assignait une rente de 12 1. 16 s. pour les fêtages de l’Annonciation, de la Saint- Jean-Baptiste, de la Saint-Pierre, de la Nativité de Notre-Dame et de Saint-Michel « pro festagiis que fieri facimnws aunuatim ut sequitur, et ut in Martyrologio dictæ ecclesire continentur. »

1. Bibl. m. d'Angers. M°* 1855, p. 128 2. Lehoreau, op. cit, 1, 1. 1, p. 511.

3 Bibl m. d'Angers. M" 656, II.

Œbapitre 0. — Le Œbapitre de Baint-@aurice et les fétages. 127

Mais, le plus souvent, Messieurs du Chapitre, comme Monseigneur l’Évêque, sont effrayés par le taux des dépenses et essaient de s’y soustraire. Le 7 mars 1310, Jordanus de Calumpnia, archidiacre d’Outre-Loire, refuse de donner le fêtage qu’il doit ; alors par mandement du Cardinal d’Ostie, légat du Pape Jean XXII, daté d'Avignon, le 7 mars 1310, « il est forcé de le donner, vu qu’il y est obligé à raison de son Archidiaconé, selon la coutume observée par son prédécesseur. » — Le 2 février 1565, « il est fait sommation dans sa maison, par quelques chapelains, à René de l’Esperonnière, archidiacre d’Outre- Loire, de donner le fêtage de la Chandeleur. » Il leur est répondu par Jean Davy, prêtre, son serviteur, que son maître est à dîner en ville et n’a laissé aucun ordre. — Le 12 avril 1579, « le Doyen et les Chanoines se rendent chez le Pénitencier pour le fêtage des Rameaux. Ils demandent à son clerc s’il leur a fait accoustrer le dîner et festage qu’il doit chacun à pareil jour. Lequel leur a répondu que le Pénitencier estoit à prescher aux Champs, et qu'il n’y avait aucun préparatif pour diner, et que, suivant l'arrêt pour la rétormation des festages, il offrait de payer 20 sols au Doyen, et 10 aux Chanoines. À quoi le Doyen et les Chanoines ont dit qu’ils ne voulaient argent, mais disner. » — « Etienne Quantin, notaire royal, constate le fait pour servir et valloir, en temps et lieu, ce que de raison (').»

De temps en temps, de commun accord, les chanoines décident de renoncer à leur droit, et de consacrer le montant de la somme qui en représentait la dépense à la réparation de la cathédrale ou à quelque œuvre de charité. — En 1469, réparation des clochers et des cloches « à tout le moings jusqu’à tel temps qu’il plaise à la Cour d’arbitres qui le jugera nécessaire. » — Le 24 juillet 1531, à la requête de M. Guy Ligier « sigillafero Reverendi in X° Patris Domini Andegavensis episcopi. vu le péril qui courait du fait d’une épidémie de peste, les chanoines délibérants décident, pro hoc anno dumtaxat, sine prejudicio ecclesie et arresti nuper contra eumdem Reverendum obtenti ordinarium, prandia seu festagia in proximis festis S" Maurilii et Mauritii dominis debita in pecunia fieri solvenda per eumdem Reverendum, seu alium ejus nomine et pro eo pro quolibet duorum prandiorum summam LXX l.inter Dominos capellanos et habituatos præfatos distribuendam et faciendo ultra ante dictam summam eleemosinas dictis diebus debitas et feri solilas ac satisfaciendo Capitulo ecclesiæ S° Maurilii et aliis de corpore hujus ecclesie non existentibus. » — Le 31 mars 1533, à la requête de M. Boutier, après l'incendie du pignon de la cathédrale et de la galerie qui était au-dessus, « Domini canonici, super hoc deliberantes, considerantes fabricam nullas penitus habere pecunias commodius non valentes ecclesiæ providere, concluserunt unanimiter, instante dicto Domino procurante, festigia ecclesiæ tam per Reverendum Ep" Andegavensem quam per Dignitates debita fore et esse in pecunüs, reparationis dicte ecclesie et pinaculi et, si opus fuerit, ipsius demolitioni ac demum restaurationi et reedificationi convertendis fiendis absque tamen eo quod ipsum in prejudicium juris per dignitates aut dominos, aut capellanos circa festigia in posterum trahi possit in consequentiam (*).»

Mais quand les chanoines offraient une somme pour aumône et réparation quelconque, ils entendaient bien que l’Évêque fit de même (*). — « Et en tout ce qui touche les dignités, archidiacre, trésorier et autres de ladite église, qui ont confessé avoyr de coustume de faire les convivialités honnestes, ils sont tenus garder et entretenir cette louable et

Page 1