‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 99 sur 212 · Chapitre 0. — Le Œbapitre de Saint-Maurice et les fFêétages · texte numérisé non relu

Chapitre 0. — Le Œbapitre de Saint-Maurice et les fFêétages

avoir 7 ou 8 mets de rôti, sans les entrées, bouilli et les issues, être servis 4 à 4, et tout dans un plat, sans qu’on puisse souffrir autrement que pour l’honnêteté on leur donne pour chaque mets un plat. On veut avoir de trois sortes de vin, blanc, rouge et clairet, et s’il ne s’en trouve de bon, on envoie de la vaisselle à la taverne pour en querir de meilleur, et jamais la fête ne se passe qu’il n’y ait quelque mutinerie et malcontent. Outre ces banquets, il faut célébrer les Avents de Noël, les mener dans une grande salle, leur donner à boire par trois fois sans rien manger, puis offrir à chacun un cornet où l'exigence est qu’il se trouve toutes sortes d’épiceries, et de ce mélange il n’y a personne qui en pût manger ni goûter ou autrement en faire son profit, et ces cornets coûtent 24 ou 25 livres. Or les dignités, les archidiacres surtout n’ont ni revenus, ni temporel, et si les églises ne voulaient les défrayer au passage, leur archidiaconé ne leur vaudrait un liard. »

Si bonnes que soient les raisons de l’Évêque, le Chapitre n’en veut rien savoir. Son orateur délégué « allègue le droit, les actes qui l’attestent, la modestie du banquet en regard des allégations contraires, l’heureuse influence de ces réunions fraternelles, la nécessité enfin de les maintenir ; les jours de fête, les distributions du Chœur sont supprimées, les fêtages les remplacent ; supprimer les fêtages aux chanoines, c’est vouloir les faire de gente Astronomorum, les envoyer vivre au pays d’astfrologie, car il faudrait alors qu’ils vécussent de vent, parce qu’ils n’ont fondations, rentes ni revenus comme ont les évêques et les dignitaires, qui ont leurs cuisiniers, et sont assurés au retour du service de trouver leur dîner à point. Et de plus il est à noter que, ces jours-là, ils sont dès 2 heures du matin jusqu’à 11 heures ou midi, au service, et n’ont aucune distribution en l’église (*). »

Malgré une verte réplique de l’Évêque, celui-ci ne put se dérober. Un arrêt porta « qu’ès cinq jours que ledit évêque doit lesdits fêtages, sera tenu par convivialité honnête, sans aucun luxe, mais modestement et frugalement, ainsi qu’il appartient à la dignité sacerdotale, le pasi et refection aux chanoines, chapelains et habitués de ladite église, qui, èsditz jours, se seront trouvez et auront assisté au service divin d’icelle, et que ledit évêque, même s’il est en son diocèse, et s’il n’est malade ou nécessairement empesché, sera tenu à assister au dit pasé, à ce qu’il n’y ait durant icelluy past et reffection aucunes confabulations, irrisions, choses ridicules et aliénées de l’honnesteté et modestie sacerdotale, et icelle réfection prise, le résidu qui sera d’icelle sera entièrement donné aux pauvres, et après ladite réfection, ledit évêque et les chanoines... et habituez qui y auront assisté se transporteront processionnellement en l’église pour illec rendre grâces à Dieu, et fera iceluy évêque en ladite église fère par le chanoine théologien d’icelle église, où par tel autre personnage, qu’il avisera, homme docte et de bien, une prédication en la présence de luy et de ceux qui auront été du fêtage... en exhortant iceux à se maintenir en fraternité et union. » 2 février 1538.

L'affaire paraissait arrangée. L’Évêque Jean Olivier ne contesta pas l'obligation à laquelle il se soumit ; mais il chicana sur le menu. Un nouvel arrêt du Parlement fixa la valeur du plat à 60s., un plat pour six personnes, 1565. Le 7 avril de la même année, comme l’évêque, Gabriel Bouverv, n’avait fait aucune invitation pour le Jeudi absolu, il fut sommé officiellement d’avoir à s’exécuter. Il fait répondre qu’à la vérité il avait bien entendu dire qu’il y avait un arrêt contre lui, lequel lui avait été signifié ; mais que les Huguenots lui avaient rompu toutes ses selles, tables et tréteaux, ce qui fut pris pour un refus (*). — Les chanoines ne se laissèrent pas convaincre et l’Évêque fut condamné à continuer de leur donner past et réfection. En 1558, sont supprimés, mais non sans protestation, le

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