I. AVANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Il est malaisé de dire à quelle époque a été fondée la Fabrique de Saint-Maurice. Dans les premiers siècles du Christianisme en Anjou, l’évêque administrait lui-même les biens de son église et ne devait de compte qu’au concile provincial. Quand, avec le nombre des fidèles, les biens de l’église se furent développés, et que l’on fit le départ de la manse épiscopale, de la manse capitulaire et de la propriété de l’église cathédrale, l’'Évêque chargea, sous sa surveillance et son contrôle, des intérêts de l’église Saint-Maurice, l’archidiacre, et un chanoine, qui faisait partie des Dignités, s'appela le Trésorier. —
Avec la fin du XII siècle et les-débuts du XITF', les biens de la cathédrale apparaissent de plus en plus distincts de ceux de l’Évêque et du Chapitre, et de plus en plus leur administration se particularise. Après le rescrit du Pape Honorius, en 1225, des laïcs, sous le nom de »watricularii, marguilliers, en font partie, de concert avec des ecclésiastiques. « Lorsque les hommes du siècle, dit l’acte pontifical, s'élèvent aux œuvres de l’ordre spirituel, touchés de la crainte et de l’amour du nom divin, il ne faut point entraver leur dévotion, mais plutôt l’entourer de bienveillance et de faveur (!).»
Le premier document qui ait trait à la Fabrique de Saint-Maurice est un accord, com positio, intervenu entre Guill. de Beaumont, évêque d'Angers, Gilles, doyen, Hugues, trésorier, et le Chapitre, à la suite d’une plainte des chanoines qui se lamentaient de voir quantité d’ustensiles et d’ ornements de l’Église dépérir « per negligentiam sacristarum et culpam. » 1 fut décidé alors qu’une rente de 60 livres « wswalis monetæ » serait perçue désormais, chaque année, à la fête de la Pentecôte, sur le revenu du Trésorier, — que toutes les oblations faites à la cathédrale, ad reliquias pro juramento, seraient à prendre à la dite fête de la Pentecôte, ou au sy node qui suivra, — que, en plus, 25 livres de cire
1. Mélanges d'art et d’archéol. de l'École française de Rome, 1805, p. 387. — Recherches sur les paroisses et les fabriques au comm. du XIII 5. d'après les Registres des Papes, p. P. Clément, p. 407.