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Œhapitre i. — La fabrique de Saint-Maurice. 145
vacations et procès qu'il faut soutenir, pour tendre les tapisseries, à la Fête-Dieu, devant la maison des hérétiques. » — Pour toutes ces choses et d’autres encore, « en la Grande Bourse de la Fabrique, en laquelle sont les deniers pour l’entretennement du service divin, les araignées tissent leurs toiles à plaisir, tant et si bien qu’à force d'entendre les marguilliers geindre et se lamenter, criant famine, le Chapitre décide, le 21 juillet 1751, que « vu la pauvreté de la Fabrique, la Grande Bourse est obligée de contribuer aux réparations de la charpente et de la couverture grandement endommagée par le grand ouragan de la présente année. »
Il est impossible de dire à combien montèrent les revenus de la Fabrique de Saint- Maurice à chaque époque de son Histoire, avant 1789 ; mais nous savons ce qu'ils étaient au moment de la Révolution. — Nous avons la Déclaration des revenus et des charges du temporel de la Fabrique d'Angers, rendue par le Doyen, et des charges du temporel de la Fabrique d'Angers, rendue par MM. le Doyen, Chanoines et Chapitre de ladite église, le 24 février 1790, devant L. Ayrault, conseiller du Roy, juge, magistrat-doyen en la Sénéchaussée d'Anjou et Siège Présidial d'Angers, assisté de Louis Testard, son grefher.
« GHAPITRE I. — Les rentes foncières dues par le Trésorier, les maires-chapelains de la Treille et de la Rue-Chèvre, de la maison des Deniers, la maison de la Chapelle S' Julien de la Bretonnière, les 3 maisons de la Place-Neuve et du haut de la Rue Baudrière, pour le temporel de la chapelle de la Perronnière, la terre de la Paulmerie, paroisse de Bazouges, pour deux maisons, sises rue Saint-Laud, pour les maisons du Molard et du Chateigner, le Secrétariat de l'Évêché, la Bourse de la Galerie, pour la métairie de Gazay, paroisse de Douces, le pré des Hureaux, paroisse de Brain-s-l’Authion, les terres de la Possonnière et de Rochefort, pour la cure de S' Denis d'Anjou, la maison du Poulet, sise près de la Porte de Fer, les six cures de Bierné, Marigné, Montreuil, Crosmière, la terre de Roche-Gelise, la châtellenie de Bancé, la maison du Chêne Vert, sise rue Saint- Aubin. — Total : 338 1. 105. 6 d.
«€ GHAPITRE II. — Les rentes en bled, fermes et loyers. — Rentes de 8 septiers de bled, seigle, mesure de Craon, requérable sur la terre de Chavigné (paroisse d’Athée). — 20 septiers de bled, mesure des Ponts de Cé, loyer de la maison dite de S° Pierre, de la maison dite de Jallais ; dixmes et rentes de Jallais ; fermage de la closerie du Boisbrault ; 10 septiers de bled froment, mesure de Brissac, requérable de par M. le Duc de Brissac ; ferme des chaises. — Total 5000 I. #4
«@ CHAPITRE TITI. — Les rentes constituées et celles dues par la Bourse des anniversaires, la grande Bourse, la Bourse des messes, plus les intérêts des différentes sommes colloquées
| par le Clergé de France au profit de ladite Fabrique. — Total 2742 1. 4 s. 8 d. »
En plus il était dû deux pipes de vin, l’une par l’'Hôtel-Dieu, l’autre par la terre de Rossieu « sans estimation, les 2 étant à l’usage de la sacristie. »
En plus, la Recelte extraordinaire qui provient des droits que la Fabrique percevait sur les chanoines, au jour de leur réception et dans leur rigoureuse, et autres de cette espèce, estimés, par approximation à cause de leur incertitude, année commune, 300 1. — Soit un total de recettes de 8.380 1. 15 s. 2 d.
La même Déclaration nous fait connaître les charges de la Fabrique en 1789. La Fabrique avait à payer les honoraires de l’official et du promoteur du Chapitre, ceux du
| Sacristain et du sous-sacristain. — Elle avait à donner différentes sommes au maître de | Psallette pour payer les musiciens et enfants de chœur, aux maires-chapelains, aux cor-
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146 onograpbie de la Œatbédraie v’Angers.
belliers, au premier diacre, au premier sous-diacre, aux deux grands bedeaux, comme honoraires, et pour conduire le prédicateur, aux petits bedeaux, au 1° chantre chargé du calendrier, au garde-reliques pour services que la Fabrique doit faire acquitter, au receveur des décimes, à M. l’archidiacre d’Outre-Maine, pour prestation au receveur de la Grande Bourse, pour deux rentes au chapelain de la Véronique, au prédicateur de l’année, au suisse pour ses gages, pour l’entretien des cordes, aux deux domestiques de la sacristie, au cirier pour fournir le luminaire de l’année, pour la contribution aux réverbères, au procureur marguillier de Saint-Aignan pour emprunts faits à sa fabrique, pour emprunts faits à son cordonnier, pour honoraires du sous-chantre des féries, pour l’aumône du Jeudi-Saint. — A toutes ces charges ajoutons encore celles qui résultaient des sommes dues à tous les marchands et employés de la fabrique, « tels que le marchand d’oing pour les cloches, celui qui fournit l’huile et l’encens, le marchand de toile, le chapellier, le marchand de draps, le facteur d’orgue, le vitrier, l’orfèvre, le charpentier, celui qui est employé à l'entretien des aubes et enfants de chœur, le libraire, le plombier, le souftleur d’orgue, le tailleur, le maçon, le menuisier, les lingères, le couvreur, le serrurier, le brodeur, qui a soin de raccommoder les ornements. » Cet article varie considérablement, soit par approximation : 4767 1.4 s. 4 d.
Outre les charges ordinaires, « il serait encore nécessaire de relever la couverture de l’église et de la continuer comme elle a été commencée, de continuer la réparation des vitraux dont il n’y a que la moitié de faite, de reprendre les joints du clocher, ce qui se fait tous les quinze ans, de refaire à neuf la soufflerie de l'orgue, la réparation des maisons dépendantes de la Fabrique. Le tout, chacun an, reviendrait à 500 1. — Soit pour le total des charges : 9489 L. 175. 10 d. »
L'argent qui, toutes dettes payées, restait dans la bourse de la Fabrique, fut confisqué. Les maisons qui appartenaient à l’église, devenues biens nationaux, furent vendues ; les rentes constituées autrefois sur des terres, des prés, des vignes, des prairies, disparurent avec la destruction des privilèges.
Un inventaire fut fait en même temps de l’argenterie de l’église, 11 décembre 1790. Ce qui fut jugé nécessaire au culte fut remis à l’Évêque constitutionnel Peltier. Du reste ce qui était en métal précieux fut porté à la Monnaie ; ce qui était en métal ordinaire fut à peu près perdu par l’incurie et la haine de ceux qui en avaient la garde.