De la Colombière, op. cit
3 Bibl. m. d'Angers. M** 911, p.
4 Lecoy de la Marche, Roi René, I, p. 535.
PEN PE te Fe
168 &ÿonographie de la Œatbédrale v'Angers.
Chevalerie du Croissant. — Louis XI donna même une nouvelle consécration à l'Ordre, fondé par son oncle, en autorisant les Chevaliers qui lui appartenaient à en porter les insignes avec le collier de saint Michel. Il semble que les successeurs de Pie II, qui furent en excellentes relations avec le Roi René, laissèrent de côté la bulle de leur prédécesseur. — L'Ordre du Croissant existait encore en 1480. À ce moment, le trésorier Benjamin étant décédé, les gens des Comptes reprirent à ses héritiers, à la demande du roi, « les habits et tentures de cérémonie que le défunt avait confiés aux chanoines de la cathédrale : un vêtement de velours cramoisi aux armes de saint Maurice,servant au roi d'armes, un chapeau couvert de velours noir, dix carreaux armoriés en satin ou en velours, un drap de satin cramoisi, destiné à recouvrir le siège du Sénateur, et deux écussons brodés aux armes du roi René (:).»
De ces carreaux on enleva les broderies armoriées pour décorer les chaperons et les orfrois de chapes qui servirent aux chanoines pendant diverses cérémonies de la cathédrale, comme nous l’apprennent les Inventaires de 1469, 1505, 1525, 1532. — Bibl. m. d’Angers, M“ 1003. — En 1719, Joseph Frain de la Vrillière, depuis chantre et fabriqueur, les vendit à un Juif qui les brûla. — La casaque du Roi d'armes, par décision du Chapitre, 1482, servit au Grand Bedeau, qui la portait le jour de la Saint-Maurice. Depuis, on en fit une autre, toute pareille, pour le second Bedeau. Les deux ont disparu sans laisser de traces (*).
Les vingt tableaux à armoiries, qui existaient encore dans la Chapelle du Croissant, en 1780 (*), furent enlevés des murs auxquels ils étaient attachés, quand on décida de les blanchir. Ce travail terminé, les chanoines décidèrent de ne pas les faire remettre à la place d’où on les avait enlevés, ni à un autre endroit, à l’intérieur de l’église. On les fit transporter dans la chapelle de Sainte-Anne attenant à l’église, pour les faire poser et attacher aux murs de ladite chapelle. — Le 18 mars 1789, à la suite de la réunion de la noblesse d'Anjou dans la salle capitulaire de Saint-Aubin, en vue de l'élection des députés de l'Ordre aux États-Généraux, « une députation de six gentilshommes, MM. de Cossé, de Savennières, de Beauvau, de Mailli, de Clermont et de Villiers, fut envoyée au Chapitre pour le prier de vouloir bien replacer incessamment dans la Chapelle des Chevaliers les tableaux d’armoiries qui en avaient été enlevés. M. de Villeneuve, le doyen d'alors, fit bon accueil à la demande des délégués de MM. de la noblesse, qui se retirèrent enchantés, reconduits jusqu’à la porte des cloîtres par les commissaires délégués qui étaient allés les recevoir, et après avoir accepté les présents du Chapitre (*). »
Je ne sais si MM. les chanoines de Saint-Maurice obtempérèrent au désir qui leur fut manifesté. En tout cas, les écussons de l'Ordre du Croissant furent détruits en 1793. Il serait intéressant de les rétablir, et de leur redonner leur vieille place d’avant la Révolution, comme on a fait dans les cathédrales de Bruges et de Gand, et dans d’autres églises des Pays-Bas, pour les écussons des chevaliers de la Toison d'Or, qui y avaient tenu Chapitre. La plupart des écussons des membres de l‘Ordre du Croissant seraient faciles à refaire, ils se trouvent en quantité de vitraux et surtout dans des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, des Bibliothèques de l’Arsenal et de Sainte-Geneviève, d’Aix en Provence ou de Carpentras.
1 Cf. Arch. Nat, II, P. 1334", f° 230". — Arch. des B. du Rh. — B. 205, f° 9 ; B. 690. — Villen. Barg., II, 44. — CL Ménard, écrivant en 1644, dit que l'Ordre du Croissant avait disparu depuis 160 ans, ce qui met sa disparition en 1484.
2. Bibl. Nat. M°° fr., 5605 ; — de Quatrebarbes, op. cit., I, 71 ; — Lecoy de la Marche, Le R. René, p. 536. 3. Les collegiales de la ville en firent faire de semblables aux armes de S. Maurice. 4. Blordier-Langlois, Angers et le Dép. de M.-et-L., Ip. 47.
Cbapitre di. — fêtes de Confréries en l’église | seems De Saint Maurice. BASES
à LS confréries autrefois avaient chacune leur saint patron, et, tous les
& ans, elles en solennisaient la fête dans les chapelles qui leur appartenaient. Si elles n’avaient pas de chapelle particulière, elles venaient à l’église où un autel lui était consacré. C’est ce que faisaient les confrères de Saint-René à la cathédrale. Comme les confréries, les nations des Universités, c’est-à-dire les groupes d’étudiants des différentes provinces, avaient, elles aussi, leurs patrons qu’elles célébratent à à date fixe, selon leurs moyens, à la cathédrale ou dans les églises de la ville où elles se trouvaient. À l’Université d'Angers, il y avait six nations. Celle d'Anjou, (Saint-Lézin), avait sa fête, le 13 février, aux Cordeliers ; celle du Maine (Saint-Julien), 29 janvier, à l’église de Saint-Jean-Baptiste ou Saint- Julien : celle de Normandie (l’Immaculée Conception), le 8 décembre, aux Cordeliers ; celle du Poitou (Saint-Blaise), le 3 février, aux Jacobins ; celle de France, la plus richement fondée (la translation de saint Martin), à Saint-Martin. La nation de Bretagne, seule, célébrait en notre église cathédrale la: fête de son patron, Monsieur S' Yves.