Chapitre i. —ples fêtes v’obligation em l'Église. D Angers
François de Rohan, s'adressant à ses prêtres, au synode de la Pentecôte, 1507, leur disait : « Ayant remarqué que dans mes visites pastorales on célébrait avec grande dévo tion la fête de la Transfiguration ({a Saint-Sauveur), nous vous permettons de la célébrer et de la faire solenniser à vos paroissiens. — Dans le synode de la Pentecôte, 1500, il retranche cinq fêtes d'obligation : l’Invention de Saint-Étienne, la Décollation de Saint- Jean-Baptiste,la Chaire de Saint-Pierre, le mercredi d’après Pâques et d’après la Pentecôte. — Les grands-vicaires de François de Rohan, présidant le syÿnode de la Pentecôte de 1510, énumérèrent toutes les fêtes d’obligation en exceptant les cinq indiquées plus haut qu'ils laissent ad devotionen.
Gabriel Bouvery, au synode de Saint-Luc, 1552, déclare que la fête de la Résurrection de la Sainte-Vierge et celle de Sainte-Anne ne sont pas d'obligation, mais sont laissées ad devotionem populi.
Charles Miron, au synode de Saint-Luc, 1615, art. XX XII, fait la déclaration suivante : « Ayant égard à la pauvreté du peuple, et ayant appris que quelques curés avaient enjoint à leurs paroissiens de garder les fêtes du Nom de Jésus, de Saint-Sébastien et de Sainte- Anne, nous déclarons que ces fêtes ne sont pas du commandement de l’Église, qu’elles sont non chômables ; il en sera de même des troisièmes féries d’après AQU et la Pentecôte. »
Au XVIIT siècle, François Grandet, seigneur de la Plesse, ancien maire d'Angers, et frère de Joseph Grandet, curé de Sainte-Croix, supérieur du Séminaire, rapporte ce qui suit dans un Mémoire sur la vie de Henri Arnauld : « Quelques jours avant sa mort, il se passa une chose assez mémorable entre luy et moi : plusieurs personnes de considération et moi-même, en qualité de maire de la ville d'Angers, avions pris la liberté de lui remontrer la nécessité de retrancher plusieurs fêtes de l’année, tant par rapport à la profanation que le peuple en faisait par ses débauches, que parce que les temps devenant durs, les artisans de la ville et le menu peuple de la campagne étaient obligés de travailler les fêtes clandestinement ou souffrir de besoing. Le pauvre homme, par pitié, n’avait pas su se résoudre à finir sa vie par un extrat aussi éclatant, quoiqu'il fut bien persuadé de la nécessité de le faire, et qu’il en fut même convaincu par l’exemple de plusieurs grands évêques des diocèses circonvoisins. Cependant son grand âge et la faiblesse de ses yeux, étant devenu depuis longtemps aveugle, lui avaient fait pendant un très long temps rejeter cette proposition. »
L’ordonnance demandée ne fut donnée que par son successeur, Michel Le Pelletier, comme nous l’apprend un document des archives de Maine-et-Loire : « Le 1° mars 1693, le curé de Fontaine-Guérin publiait au prône de la messe paroissiale l’ordonnance et mandement de l’Évêque, en date du 18 février de la même année, portant retranchement des fêtes cy-devant gardées et festivées pendant le cours de l’année, sçavoir celles cydessous nommées et défendues aux vicaires et curés d'annoncer dans leurs prônes et instruction : S. Vincent, 22 janvier ; Conversion de S. Pierre, 29 janvier ; S. Julien en la paroisse de Fontaine, 29 janvier ; S. Mathieu, 24 février; S. Marc, 25 avril; S. Jacques et S. Philippe, 1" may ; l’Invention de la S° Croix, 3 may ; S. Barnabé, 2 juin ; la Visitation de la S* Vierge, 2 juillet ; la feste de S* Marie-Magdelaine, le 22 juillet; la S. Jacques, le 25 juillet ; la Transfiguration de N. S., le 6 août ; la S. Barthélemy, le 2 août ; la S. Maurille, 13 septembre ; la dédicace de S. Michel, 29 septembre ; S. Luc, 18 octobre ; la Commémoration des fidèles après midy, 2 novembre; S. Martin, 11 novembre ; S* Catherine, 25 novembre ; S. Nicolas, 6 décembre ; S. Thomas. 29 décembre ;
178 @onograpbie ve La Cathédrale d'angets.
les S“ Innocents, 28 décembre, pour les fêtes mobiles en mars ou avril, le Vendredy Saint (').»
L'assemblée provinciale, tenue le 20 juin 1775, au palais de l’archevêché de Tours « ayant reconnu unanimement la nécessité de rétablir une conformité parfaite par rapport aux fêtes chômées et aux jeûnes des vigiles dans tous les diocèses de la province, les évêques présents, après avoir consulté les députés du 2° Ordre, en dressèrent l’état ainsi qu’il suit : la Circoncision, l’Épiphanie, la Purification de la Sainte Vierge, l’Annonciation, Pâques et les deux jours suivants, l’Ascension, la Pentecôte (les deux féries suivantes sont supprimées, attendu que ce temps est très précieux pour les travaux de la campagne), la Fête-Dieu, S. Jean B., S. Pierre, l’Assomption, la Nativité de la T. S. Vierge, la Toussaint, le jour des Morts (obligation d’entendre la messe seulement), la Conception de la S* Vierge, Noël et S. Étienne. — Les vigilles esquelles tous les fidèles sont obligés au jeûne sont la veille de S. Jean B. et celle de S. Pierre, de l’Assomption, de la Toussaint et de Noël. Le jeûne observé la veille de la Pentecôte reste supprimé, attendu la solennité du temps paschal. — A l'égard des Patrons de chaque paroisse, s’ils tombent le lundy, mardy, la fête en sera célébrée le dimanche précédent. Lorsqu'ils tombent les jeudy, vendredy, où samedy, on les renverra au dimanche suivant. Dans le cas où le dimanche précédent serait empesché par une autre solennité, lesdites fêtes des patrons sont renvoyées au suivant et réciproquement. — [La fête du principal patron de chaque diocèse y sera célébrée au jour auquel elle tombera ; les autres, renvoyées au suivant, ainsy qu’il est marqué cy-dessus pour les patrons des paroisses, sont la fête de S. Maurice qui continuera d’être chommée dans le diocèse de Tours ainsi que par le passé. — Quant aux fêtes autrefois chommées en l’état cy-dessus, considérant que l’usage établi dans quelques diocèses de les transférer au dimanche, et le jeûne de leur vigile au samedy précédent, est contraire à l'esprit de l’Église, qui veut que les dimanches on ne fasse que le moins possible l’office des Saints, qu’il est également opposé à la discipline de l’église de Tours, renouvelée par M. de Fleury, il a été résolu de se conformer à la pratique de la Métropole. — Il a en outre été arrêté que Messeigneurs et Messieurs les Députés inviteront l’Assemblée du Clergé à faire sur cet objet un règlement général et dans le cas où il apporterait aux dispositions ci-dessus quelques changements, on a résolu de s’y conformer. — Et néantmoins Mgr l'archevêque de Tours a été prié d'envoyer de la part de l’Assemblée à nos Seigneurs les Évêques absents la présente délibération, comme aussi de composer au nom collectif de tous les évêques de la Province un mandement et de l’adresser à chacun en particulier. »
Une nouvelle réunion des Évêques et députés de la Province fut fixée au 8 mai 1780. L’archevêque annonça la communication d’un projet de mandement collectif concernant les fêtes, « et il revient sur la suppression des deux féries suivant la Pentecôte, le lundi restant chômé (*). »
Les choses restèrent en l’état jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. À ce moment, la Constitution civile et la suppression de la semaine, remplacée par la décade, vinrent tout bouleverser. La Cathédrale passa aux mains des schismatiques : assermentés en attendant qu’elle serve à la glorification de la Déesse-Raison.
Avec le Concordat, sous la pression du Gouvernement de Bonaparte, 1° Consul, le Souverain-Pontife força l’Église de France à supprimer la plupart des fêtes d'obligation