Lehoreau, op. cit, I, p. 46vo
230 aBonographie de la Œatbédrale d'Angers. —
Présidial assistaient, « il prendra à leur tête sa place sur une chaise qui sera mise exprès pour lui sur un tapis (').»
Réception des Ambassades. — A défaut de documents, nous pouvons croire qu’en 1466, ambassade des Catalans qui, sous la présidence de Ponce Andrieu, abbé de Rippoll, vint offrir au roi René la couronne d’Aragon, fut reçue à grant honneur à la porte de la cathédrale, et qu’on assigna à ses membres des places de choix quand ils vinrent y assister à l'office. C'était l’usage en pareil cas, comme on le vit à l’arrivée de l’ambassade des Hongrois qui vint à Angers, à quelques années de là, en 1487. fs
Le vendredi matin, 9 juin 1487, les ambassadeurs du Roi Apostolique, conduits par Jean de Luxembourg, cardinal-évêque du Mans et Jean de Burthin, évêque de Limoges, arrivent à Angers. Ils avaient pour chef le chancelier de Hongrie, archevêque de Gran, et ils étaient accompagnés de deux cents chevaux. Messieurs les officiers du Roi en grand nombre, le maire, les échevins, cinq à six chanoines de la cathédrale et Jean de Vignole, leur doyen, étaient allés à la rencontre des étrangers jusqu’au prieuré de Ballée, sur la route de Sorges, et le Doven leur fit une belle harangue en latin.
À l’arrivée de l'Ambassade à Angers, le chancelier de Hongrie fut logé chez M. Olivier Le Prince, et les gens de sa suite furent reçus chez les Chanoines, en leurs maisons de la Cité. Le dimanche 10 juin ils entendirent la grand’messe à Saint- Maurice, où on les entoura d’honneurs, et un grand festin leur fut donné dans la salle de l’Hôtel-de-ville parée de tapisseries. On avait emprunté pour cela « 300 plats'et 300 écuelles d’étain. » — Le soir du même jour, un splendide souper fut servi aux Ambassadeurs « dans l’enclos du manoir de Reculée.» — « Aucun lieu, dit Marchegay; ne pouvait donner aux habitants des rives du Danube une opinion plus favorable de la‘beauté des bords de la Maine que la pittoresque colline du haut de laquelle on voit la belle rivière recevoir au milieu de riches prairies et de splendides ombrages les eaux de la Sarthe et du Loir. » — A la sortie du souper donné dans le petit manoir du Roi des Ablettes, Charles VTIT, entouré d’une nombreuse suite, arrivait à Angers. Le maire, les échevins, les chanoines espéraient le retenir pour la procession du Sacre. Ils ne peuvent y parvenir. Le Roi était pressé de retourner à Laval où était la Cour, et nos hôtes qui avaient été si bien fêtés, les Ambassadeurs de Hongrie, l’y suivirent de près.
Présents du Chapitre aux nobles visiteurs. — À tous ces grands personnages, rois, reines, princes et princesses etc., qui venaient faire visite officielle à la cathédrale, Messieurs les Chanoïnes envoyaient les présents du Chapitre. Rangeard, archiprêtre d'Angers, étudiant les conclusions capitulaires des archives de Saint-Maurice, a pris des notes et nous a légué quantité de détails à ce sujet. Tous ont trait au XV” siècle ; ils sont curieux et je les transcris tels qu’ils nous ont été conservés. En même temips qu’ils marquent une grande civilité ils sont empreints encore de patriotisme et de loyalisme de la part du Chapitre vis-à-vis des souverains de la France et des rois de Sicile auxquels les Angevins furent toujours si attachés. ‘ Ë |
1428. — Le 7 janvier, le Chapitre envoie « une pipe de vin et 4 septiers de bled au Lion d’Angers à l’arrivée du Duc de Richemont.» Charles VII était alors pressé de toutes parts et la monarchie française reconnaissait deux souverains, Henri VI, roi d'Angleterre, encore enfant, et Charles VIT qu’on appelait par dérision le Roi de Bourges.