Chapitre ii — Œnterrement et services des Rois et Des eines
fut fait à Saint-Maurice, le 18 décembre 1743, pour un autre Prince de la Maison de Lorraine, lui aussi gouverneur d'Anjou. La demande en avait été faite au Chapitre, le 17 octobre, par M. Daburon de Mantelon, conseiller, et Jallet de la Vervaillerie, procureur de la Maison de ville, au nom du maire d'Angers et de son conseil. Les choses se passèrent à Saint-Maurice comme au service du comte d’Armagnac. Un Recollet, le R. P. Didon, fit l'oraison funèbre du défunt. |
Rarement, autrefois, on accordait la sépulture à des laïques en notre cathédrale, « à moins qu’ils ne fussent personnages d’importance, ou qu’ils soient morts pour cause de religion. » — Le 19 janvier 1562, M. du Puy-Gaillard fut inhumé dans la chapelle des chevaliers, devant l’autel de M. de la Barre. — Le 24 septembre 1568, M. du Plaing, capitaine, tué dans un combat contre les hérétiques, fut enterré devant l’autel Saint-Louis, dans la chapelle des Chevaliers (').'
Depuis 1802, bien d’autres cérémonies funèbres, semblables à celles que nous avons racontées d’après les récits des contemporains, furent organisées à Saint-Maurice, quels que soient les régimes qu’elle a vus : services de Louis XVIIT, du duc d'Orléans, du comte de Chambord, du Prince Impérial, le fils de Napoléon III, du comte de Paris ; services des Papes, ceux de Léon XIII, de Pie X, de Benoît XV ont été particulièrement remarquables par l’affluence des fidèles, la beauté des offices, la somptuosité du décor de l’église, parée de tentures noires avec armoiries pontificales soutenues par des anges, de grandes oriflammes noires. portant les-strophes du Dies ire ou du De profundis, de bannières immenses suspendues devant Pautel couvert de cierges avec taques armoriées, grand catafalque avec tiare surmonté du dais à pentes FHRBantes et relevées si gracieusement, grands lampadaires et cierges innombrables.
Pendant la grande guerre, de magnifiques services funbres eurent lieu aussi à différentes époques dans notre cathédrale avec le même décor splendide : des inscriptions de circonstance tirées de nos Saints Livres, des trophées de drapeaux aux couleurs de la France et des pays alliés : services pour nos soldats tombés au champ d'Honneur, service pour le député de Maine-et-Loire, M. Dumesnil, mort avec tant de vaillance, face à l'ennemi. Et, chaque fois que le deuil ramenait les Angevins à l’église-mère, la voix éloquente de l’ Évêque d'Angers, Mgr Rumeau, ou celle d’un autre orateur, se faisait entendre devant les autorités de notre pays, les officiers de notre État-Major ou ceux des armées alliées, devant la foule immense et recueillie, pour célébrer l’héroisme des morts, consoler ceux qui les pleurent, tirer les leçons des événements.