‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 197 sur 212 · Bibl. m. de Carpentras. Extr. du Cartulaire de St-Serge · texte numérisé non relu

Bibl. m. de Carpentras. Extr. du Cartulaire de St-Serge

256 @onograpbie de la Œatbédrale v'Angers.

ses tribunaux ne se prononcent dans une affaire qu'après avoir entendu les témoins et la défense de l'accusé. — Les ordalies ou Jugement de Dieu furent condamnées par le Pape Innocent III, et définitivement abandonnées en France sous le règne de saint Louis, qui, supérieur aux préjugés de son temps, et d'accord avec le Saint-Siège, déclara que combat n’était pas voie de droit, et que désormais dans les procès on ne devait admettre que les preuves testimoniales.

Peines infligées à des meurtriers qui avaient commis leur crime dans le cloître de l'église de Saint-Maurice. — En 1116, un certain Salomon, pour venger la mort d’un de ses parents, Henri Rotundelli — {miseranda cede perimerat quo non decuerat loco vel tempore), — avait tué un certain Hugues, qu’il soupçonnait d’en être l'auteur, dans le cloître de Saint- Maurice. Le samedi de la wi-carême, excommunié et exilé depuis longtemps, d'accord avec ses complices, sous la médiation de ses parents et de ses amis, il s'en vint implorer la miséricorde de l’évêque Rainauld, et demander à l’église qu'il avait violée, satisfaction et pénitence. L'évêque, voyant l'assassin repentant, sur l’avis des vénérables pères en Dieu, Hildebert de Lavardin, évêque du Mans, et Marbode, évêque de Rennes, et du Chapitre de Saint-Maurice, pour empêcher le retour d’un pareil crime, résolut de faire un exemple, mais ne voulant pas rebuter le pénitent par une peine trop grande, condamna Salomon à payer un cens annuel de 23 sous « de vineisque sunt juxta Sanctum Leonardum, » lequel cens il abandonna dans la suite au Chapitre. Salomon, pour montrer sa bonne volonté et ses regrets, de lui-même « concessit etiam Deo et beato Mauricio censivam XX solidorum quam predictus Hugo Turonensis pro anima Belvisie, nurus sue, eidem ecclesie Beaii Mauricii dederat, et sic demum Salomon absolutionem cum suis penilenciæe locum invenit et modum (*').»

Après avoir analysé les circonstances du meurtre de Hugues Rotundelli, l’auteur du récit continue ainsi : « Ce prélat (l’évêque Rainauld), de l’avis des évêques Hildebert du Mans et Marbode de Rennes, et du Clergé de Saint-Maurice, résolut de lui imposer une pénitence capable de faire craindre les autres de tomber dans pareil cas. A voir ce début, le lecteur s’attendrait à des jeûnes, des mortifications, l'expulsion de l’église et l’éloignement de la Sainte Table, et d’autres pénitences plus ou moins fortes ; point du tout, ce grand cortège et cette assemblée respectable est /sic) plus touchée de la profanation du cloître à cause du cimetière voisin que de l’homicide en lui-même. Salomon en est quitte pour céder à l’évêque d'Angers une censive de 23 5. sur des vignes situées à Saint-Léonard, ses parents en sont caution. [1 confirme aussi un cens de 20 s. donné à Saint-Maurice par Hugues de Tours pour le repos de l’âme de Belvise, sa belle-fille, et à ces conditions, il reçoit lui, et ses complices, l’absolution de son crime. Est-ce là intimider les pécheurs et empêcher les crimes? Au moyen d’une cession de quelques rentes on est rétabli dans l'esprit de justice. Cette conduite est nouvelle, il ne manquait que d’envoyer Salomon en la Terre Sainte; sa pénitence est plus douce.» —- Le narrateur s’indigne à tort. Le crime de Salomon avait été aggravé du fait qu’il avait été commis dans un lieu saint. Et les cessions de rentes qu’il fit pour marquer son repentir lui coûtèrent sans doute plus que des jeûnes ou autres peines spirituelles.

Hommage-lige prêté entre les mains de l’Evêque d'Angers. — Membre de la Féodalité,

1. M* Gaignières, 650, p. 59, entre 1178 ct 1199. — Beautemps-Baupré, I, p. 413, Preuves.

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