Jbidem, p
new
Œbapitre i — L'Œvéêque. 29
€ Michel du Tertre, Saint- Maurille, Saint-Pierre, Saint-Denis, Saint-Jean-Baptiste, Saint- € Martin, Saint-Michel-de-la-Pallue, Sainte-Croix, Saint-Evroult, Saint-Aignan, Saint- € Maurice, la Trinité, Saint-Jacques, Saint-Nicolas, Saint-Laud et Lesvière, — les € Carmes, les Jacobins, les Augustins, les Cordeliers, les Récolets, les Minimes et les « Capucins, dont la marche s'est faite depuis l'Évêché par la porte Angevine, au haut de € la rue saint Laud, la place neuve, celle de sainte Croix, et par la porte de la Vielle- € Charte dans la Cité devant la porte du Couvent des Jacobins et au placitre et vestibule «€ de la dite éylise de saint Maurice, dans lequel vestibule Mr l'Evesque étant entré avec € ses aumôniers faisait les serments accoutumés entre les mains du doyen du Chapitre, € accompagné de neuf dignités et chanoines d'icelluy.
€ Après quoy, les portes de la dite église ont été ouvertes : Mr l'Evesque y est entré. € ayant trouvé au bas de l'église le chœur de la dite église en chappes qui l'attendait, les € compagnies l'ont suivi dans le méme ordre que la procession.
« M l'Evesque s'estant mis à genoux au pied du grand autel, a esté conduit dans son «€ siége épiscopal par Mr Martineau, chanoine député du chapitre, qui avait la droite et € M' le Pénitencier à sa gauche, tous deux ses assistants. Les compagnies sont entrées € dans le chœur, où elles ont trouvé Messieurs de l'Université, placés entre l'autel et le € chœur et se sont placés aux deux côtés du grand autel, dans le même ordre, qu'elles ont € coustume d'assister aux 7e Aeum et autres cérémonies, savoir le Présidial du côté de « l'Évangile, et le Corps de Ville du côté de l'Épitre, elles ont entendu la messe, célébrée € par M" Martineau, archidiacre et chantée par la musique ordinaire, à la fin de la quelle « M' l'Evesque a donné sa bénédiction au peuple et les compagnies s'estant retirées, M le € maire est allé disner avec Mr l'Evesque. qui l'y avait prié le jour précédent.
Seau de augiraud.
€ Le 17 octobre 1730, assemblée extraordinaire du Chapitre, dans laquelle le doyen lit € une lettre de Mr Lepelletier, abbé de Saint Aubin. Il donne avis que le Roy a nommé & à l'évêché d'Angers Messire Jean de Vaugiraud, grand archidiacre et chanoine de cette € église, à qui la compagnie est tout aussytôt allé faire compliment.
«€ Le chapitre a ensuite révoqué tous les grands vicaires, élus lors de la vacance du siège € et a choisi Messire Jean de Vaugiraud pour seul grand vicaire, dont Monsieur le doyen « luy est allé donner avis. Mais, Mr de Vauviraud, après avoir remercié de cette marque € d'honnêteté, a prié le Chapitre d'élire de nouveau tous les mêmes grands vicaires et d'y € ajouter Mr Babin, maître-école, ce qui a été exéquté le même jour.
« Le Chapitre a aussy fait prier M' de Vaugiraud de prendre au chœur la pre- « mière place, ce qu'il a fait le même jour à la grande messe et on lui a rendu tous «les honneurs du chœur, ordinairement rendus à l'Évêque.
«€ Le même jour, après Vêpres, le Chapitre a fait chanter le 7e Deum avec l'orgue et €en plein chant seulement.
« Le 28 février 1731. M' de Vaugiraud donne avis de Paris du jour de son sacre et € demande des prières : suivant l'usage, on a chanté une Messe du Saint Esprit à cette intention.
€ Enfin, le samedi 3 mars 1731, M" de Vaugiraud prend possession personnellement de € l'évêché : on observe tout ce qui fut fait à l'entrée de feu Mer Lepelletier, sauf qu'aucune
30 &onograpbie de la cathédrale d'Angers.
«€ députation n'est allée à Saumur à sa rencontre, parce qu'il est revenu en poste de Paris (').
acques de Grasse.
« Jacques de Grasse, auparavant évêque de Vence, nommé à l'évêché d'Angers le € 7 décembre 1738 (*} est arrivé en cette ville sur les onze heures du soir ; il avait cy de- € vant pris possession par Mr de Livonnière archidiacre, son procureur. Le lendemain, « Messieurs ont fait sonner toutes leurs cloches depuis huit heures et demy du mattin € jusqu'à neuf heures après en avoir été advertis, ce qu'on a fait également dans toutes les € aultres églises de la ville en les mêmes temps. Et ayant appris quil recevoit des visites « le trois, du même mois jour de la pentecôte, sont allés ledit jour le saluer à l'issue de « leurs vespres, tous en manteau long, précédés de leurs deux bedeaux. Monsieur le doyen € l'a complimenté au nom de la Compagnie, et Messieurs ayant été aussi avertis qu'il € souhaittait être installé le cinq sur les huit heures du mattin dudit mois, sont allés € processionnellement a leveché en chantant le Vent Creator. Et ont entré dans la troi- «€ sième salle, qui est celle daudience, qui joint sa chambre, les autres compagnies se sont « assemblées dans les aultres salles, savoir le Corps de Ville, les mandians, tous les Curés « de la Ville, les quatre collèes Episcopaux, Messieurs les chanoines réguliers avec « Messieurs de l'hôpital saint Jean, chacun avec leur croix, et les deux collèges royaux de € saint Laud et de saint Martin, dont les diacres et sous diacres sont seuls revêtus de « leurs tuniques qui servent aux premières classes avec leurs croix et textes et ont marché € tous ensemble jusqu'à la porte de la chambre de Monseigneur qui s'y étant présenté € avec ses appariteurs et aultres officiers, Monsieur le doyen de saint Laud accompagné « de messieurs les doyen, chanoines, officiers et chapelains tant de saint Laud que de € Saint Martin, a fait un compliment en latin au nom des deux chapitres, auquel Mon- € seigneur a répondu aussi en latin. Sa réponse finie, le chantre de saint Laud a semoncé € chaque Compagnie de se mettre en marche et à même temps les deux sous chantres € l'un de saint Laud et l'autre de saint Martin ont entonné le répons #rc est fratrum € amator, lequel fini chacun a marché en procession selon son rang et ordre. Les « deux sous-chantres ont aussi entonné du sixième ton les psaumes suivants : Ones gentes « flaudite manibus, Ve second Nagnus Dominus et laudabilis nimis, le troisième /ubilate « Deo omnis terra, psalmari Nomint ejus, le quatrième Cantate Deo Canticum novuni. & Cantate Domino omnis lerra, le dernier Laudate Dominum omnes gentes, tous ces € psaumes se chantent pendant la marche de la procession, dont voici le tour. L'on « descend de la salle de l'Evêché par la porte Angevine, on remonte par la place « neufve, on passe devant l'église sainte Croix et l'on détourne par la Vieille Charte, de là € par devant les maisons de Monsieur le doyen et de la Psallette pour se rendre au placitre « de Saint Maurice. On conduit Monseigneur jusqu'à la première grande porte de la « Gallerie de la dite Eglise, la quelle se tient fermée, ensuitte on s'en revient lors- € qu'il y est entré et cela conformément aux anciens usages. constatés dans les régistres à € l'installation et prises de possession de Messieurs les autres Evêques ses prédéces-
1. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 639, pièce 17. 2. Bibliothèque d'Angers. Ms. N° 658, p. 204.
Goo gle
Œbapitre i. — L’'Œvêque. 31
« seurs.. Messieurs pour se conformer à l'usage de Messieurs de saint Laud et de « tous les autres chapitres, n'ont point présenté le pain de chapitre (').
ichel-Françoié bu Dibier de Lorru. — I] avait été évêque de Vence, puis de Tarbes : il est nommé à l'évêché d'Angers par brevet de Louis XVI, le 4 août 1782: ses bulles sont datées du 24 septembre suivant. Le 4 novembre, il prête serment au Roi et écrit à son Chapitre (°).
Le 16 décembre, les députés de l'église d'Angers étant entrés à l'audience du Présidial pour inviter les compagnies à la prise de possession solennelle de Mr l'Evêque, l'avocat du Roi, M' Benoît, leur fit un discours nuageux, ampoulé et sentimental, dans le style à la mode : il est trop long pour que je le reproduise (:).
Rien de particulier à noter dans le procès-verbal de l'installation solennelle du 20 décembre 1782 (+).
Trois jours après, l'Evêque fait visite au Chapitre et l’assure de sa bienveillance. Quarante-huit livres sont distribuées par les chanoines aux vingt-quatre soldats du régiment, qui ont gardé les portes de l'église et maintenu l'ordre. Mer Couët du Vivier de Lorry avait fait un mandement tellement républicain (‘), que Le District crut pouvoir lui adresser le $ janvier 1791, une lettre pour le décider à approuver l'organisation civile du clergé. C'est un modèle de flatterie et de perfidie (*).
1. Archives de Maine-et-Loire. Série G. N° 1012. Délibération du Chapitre de Saint-Martin d'Angers, p. 128. 2. À Messieurs, Messieurs les Doyen, Dignités, Chanoines et Chapitre de l’Église Cathédrale d'Angers. Paris, le 5 Novembre 1782.
Messieurs,
Jay l'honneur de vous prier de mettre en possession celui de Messieurs les grands Vicaires qui sera chargé de ma procuration, de mon brevet et de mes bulles. 11 fera tout ce que mes prédécesseurs ont fait; il vous offrira de ma part, Messieurs, le désir le plus impatient de mériter votre Estime et votre amitié, de contribuer à la gloire de Votre Église, au Bonheur de tous ceux qui la composent et qui en sont membres.
Je respecterai également, Messieurs, les Bornes qui nous séparent comme les liens, qui nous unissent.
Jay infiniment à cœur de maintenir l'union et la Concorde dans le premier sanctuaire de mon Épouse et de faire la Douceur de ma vie de celle de votre Société.
Jaurois bien désiré, Messieurs, pouvoir aller moy même munir à vous : des affaires indispensables narrêtent encore, mais je ne tarderai pas d'aller m'édifier de vos exemples, m'éclairer par vos lumières et me rendre heureux par votre amitié. -
Je désire qu'on prenne possession le samedi neuf au plus tard, afin qu'on puisse me renvoyer mes Bulles et Brevet le lendemain.
J'ai l'honneur d'Etre avec un respectueux attachement.
Messieurs, Votre très humble et très obéissant, Serviteur #4 M. Fr. Év. d'Angers.