Afiches d'Angers
4. Archives de Maine-et-Loire, Série G. N, 272. Conclusions Capitulaires de 1780 à 1785, p. 334.
s. Angers et le Département de Maine-ct.Loïre de 1787 à 1830 par Blordier-Langlois 11. Pièces Justificatives N° 9.
. 6. Archives de Maine-et-Loire. Registre eprstolaire 111, année 1791.
N° 344. A M' l'Evêque du département de Maine-et-Loire.
€ Monsieur, vous nous avez trop positivement témoigné de l'intention, où vous étiez de ne jamais gêner notre admini- €stration pour que nous hésitions à vous faire la confidence de notre caisse. Le département vient de nous promettre €de vous faire des fonds des districts voisins et nous attendons à chaque instant l'effet de cette promesse. » (Voilà V'appât, la tentative de corruption).
€ Nous profitons de cette occasion pour vous faire passer le décret relatif à l’organisation civile du Clergé. Vous €avez fait connaître à la France entière vos sentiments patriotiques et nous avons chaque jour le plaisir d'entendre {citer notre Pasteur comme un des hommes du Royaume les plus vertueux, les plus éclairés et une des plus
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Écœuré, l'évêque, écoutant uniquement la voix de sa conscience, refusa le serment et cessa d'exercer ses fonctions ('). Honneur à sa mémoire ! on pouvait craindre qu'il faiblit à ce moment décisif.
Le délai pour prêter le serment, décrété le 27 novembre 1790, expirait dans le Département le 23 janvier 1791. Le lendemain, le maire d'Angers fit savoir au procureur général syndic le refus de l'Évêque de s'y soumettre. Celui-ci quitta Angers, poursuivi par la lie de la population, qui jetta des pierres sur sa voiture et se réfugia à Saint-Germain, puis à Paris, où il passa les mauvais jours de la Révolution (°).
Mais, par son refus de serment, il était (se/on a oi) déchu de sa dignité épiscopale. Le 6 février 1791 les électeurs du Département, réunis à Saint-Maurice, lui choisirent un successeur. Je n'ai point à raconter cette élection ni même à donner le nom de l'Intrus, qui finit misérablement, abandonné de tous (*).
Aux yeux des catholiques, Mgr Couët du Vivier de Lorry ne cessa d'être évêque d'Angers, qu'après avoir remis sa démission au Souverain Pontife dont il tenait son autorité spirituelle, le 19 septembre 1801. Il fut nommé administrateur apostolique du diocèse d'Angers jusqu'à la prise de possession du nouvel évêque, puis, le 9 avril 1802, à l'évêché de La Rochelle par Napoléon ; préconisé le 17, il donna sa démission en octobre et mourut à Paris le 14 mars 1803 (+).
aPougeigueur Lharles aMontault des les. — Le Concordat du mois de juillet 1801 avait réorganisé la hiérarchie ecclésiastique ; Monseigneur Montault fut promu à l'Évêché d'Angers, le 18 avril 1802, il prêta serment entre les mains du premier consul à Notre- Dame de Paris avec plusieurs archevêques et évêques et fut installé le 6 juin suivant.
Voici le compte-rendu des Affiches d'Angers.
12 prairial, an 10. — L’Évêque d'Angers est arrivé hier soir à sept heures. Aussitôt qu'il a été aperçu, toutes les cloches se sont fait entendre (5). Un concours innombrable de citoyens s'était porté sur son passage ; il a dû être flatté de la joie qui régnait sur tous les visages. Arrivé à la maison de son frère, le Préfet (‘), il a passé un instant
€ fermes colonnes de la Constitution. Nous vous estimons trop et nous sommes sûrs que vous vous estimez trop € vous-même pour douter du parti, que vous prendrez dans cette occasion, où l’on n'aurait à craindre que les {effets de l’Avarice, de l'ignorance et de l’hypocrysie. Signé. Perard, Boutton Doyen et Viger.
1. Archives de Maine-et-Loire. Xegrstre Epistolaire 111. Année 1791. N. 429. Doyen écrit au Département le 9 février 1791.
€ Nous apprenons que M' l'Evêque ci-devant se refuse aux fonctions de son ci-devant ministère, par la raison, dit-il, «< qu'il courrait les risques d'être poursuivi comme perturbateur, s'il s'immisçait dans les fonctions. 1] peut résulter de « cette rubrique les plus grands malheurs si M. l'Evêque, avant l'installation de son successeur, se permet de cesser « l'exercice de ses obligations, nous vous supplions de lui écrire...
On voulait contraindre le ci-devant évêque à continuer ses fonctions, jusqu’à l'installation de l'intrus.
2. Angers et le Département de Maïne-et Loire de 1787 à 180. par Blordier-Langlois, I. p. 170 et 171.
3. 1bidem. 1, p. 344. Le 19 novembre 1793, il abjura son sacerdoce par l'intermédiaire de Francastel, en ces termes : «Je m'honore de faire aujourd’hui à la Raison, sur l’autel de la Patrie, le sacrifice de tous mes titres de chanoine < régulier, de prêtre, de curé et d'évêque. pour m'en tenir à celui de citoyen pur et simple... >
4. Monographie de La Cathédrale d'Angers, T. 11, p. 183. — Semaine Religieuse de 19c0, p. 70. Article de M. l'abbé Uzureau. Note.
5. Le nombre en était bien restreint alors. Elles avaient été presque toutes brisées pendant la Révolution. Il n'y en avait qu'une seule à la cathédrale. Voir /a Monographie, T. 11, p. 103.
6. Le préfet n'était pas encore installé dans l’ancienne abbaye de Saint-Aubin : il habitait l'hôtel de Lantivy, dans la rue David.
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sur le balcon et a salué avec cordialité le peuple, qui l'accueillait avec tant de plaisir.
14 prairial. — Monsieur l'Évêque d'Angers le lendemain de son arrivée et le jour suivant a reçu la visite et les compliments des autorités constituées, d'un grand nombre de fonctionnaires et de tout le clergé d'Angers.
18 prairial. — "L'installation de Mr Montault, nouvel évêque de ce diocèse, a eu lieu hier dans l’église cathédrale avec toute la pompe et la solennité convenables.
Deux circonstances ont contribué à répandre sur cette cérémonie un intérêt tout particulier : la première, c'est la présence de Mr l’'Evêque d'Orléans, qu'on sait avoir eu si grande part dans le Concordat et que ses rares talents semblent devoir porter aux plus hauts emplois de l'Église et de la Diplomatie ; la seconde, c'est que l'évêque et le préfet du département sont frères, ce dont il n'existe point d'exemple dans la République.
L'hôtel de la préfecture était le rendez-vous de toutes les autorités constituées. Dès neuf heures du matin, la cour d'entrée était occupée par des détachements du 14° régiment de dragons, des vétérans, de la gendarmerie et de la garde nationale. A dix heures, MM. les évêques d'Angers et d'Orléans, le préfet et le général se rendent dans la salle des audiences publiques, où ils trouvent réunis en costume tous les corps constitués, tous les fonctionnaires publics et même les membres du conseil général, qui, quoique leur cession fût expirée, étaient restés pour être témoins de cette cérémonie. Le régiment de dragons avait été placé dans l'Église.
Cependant le clergé était parti de la cathédrale pour venir chercher Mr l'Évêque à la Préfecture, précédé de la bannière et de la Croix. Lorsqu'il fut arrivé dans la salle de réunion, l'ancien doyen de la Cathédrale prit la parole et dans une harangue pleine de verve et de mouvement, ce respectable vieillard rendit hommage à la tendre piété de l'un des prélats, aux services éminents de l'autre, à la sagesse des chefs civils et militaires du département, au héros qui a pacifié le monde et rétabli la religion en France.
Après la réponse de Mr l'Évêque, le cortège sortit de l'hôtel de la préfecture et se rendit, au bruit des fanfares, à l’église cathédrale, escorté par les détachements, dont nous avons parlé et au milieu d'un concours immense de peuple.
Mr l'Évêque d'Angers officia pontificalement et prononça un discours empreint de cette charité, de cette onction qui le caractérise, dans lequel il fit des vœux pour la réunion de tous les fidèles dans les mêmes sentiments et les mêmes principes et protesta qu'il n'épargnerait rien pour parvenir à un si heureux résultat. La messe fut suivie du Ze Deum. après quoi le cortège retourna à la Préfecture, où il se sépara.
Aongeigneut Louié-Hohert Pangant. Le 29 septembre 1839, Louis-Philippe nomma évêque d'Angers Mgr Louis-Robert Paysant, vicaire-général de Bayeux. Préconisé le 23 décembre, il fut sacré à Saint-Étienne de Caen, le 25 février 1840.
Le /ournal du Maine-et-Loire et de la Mayenne donne le compte-rendu de son entrée solennelle. En voici un résumé :
Jeudi matin (12 mars 1840), à 6 h. 1/2, un détachement de la garde nationale à cheval sortait d'Angers pour aller au devant de Mr l'Évêque. La rencontre eut lieu bien au delà de la maison appelée La Lieue, paroisse de Saint-Silvain.…
34 S&onographie de la cathédrale d'Angers.
Entre 8 heures et 8 heures et demie, il faisait son entrée dans nos murs et se rendait au grand séminaire. Immédiatement Monseigneur alla faire ses visites d'étiquette à Mr le premier Président de la Cour Royale, à Mr le Préfet, à Mr le général.
Les rues étaient décorées de guirlandes et de tentures. Dès neuf heures, on circulait avec peine dans tout le trajet de Saint-Maurice à Saint-Serge.. A neuf heures et demie, cinq coups de canon, partis du château, annoncèrent le départ de Saint-Serge de la procession qui était allée chercher Monseigneur. En tête, marchaient les commissaires de police, un peloton de sapeurs-pompiers, puis le clergé des différentes paroisses et le Séminaire. Après le Chapitre, marchait Monseigneur seul, entouré de gardes-nationaux. Revêtu de ses habits pontificaux, il donnait sa bénédiction à la multitude, accourue sur ses pas.
Depuis dix heures, toutes les autorités civiles et militaires, la musique de la garde nationale, celle du 30° régiment et un détachement de chacun de ces corps s'étaient placés à Saint-Maurice. À onze heures moins un quart, Monseigneur arrive à la porte de la cathédrale. I] s'agenouille sur un prie-Dieu, préparé sous l'orgue. M. l'abbé Quincé, doyen du Chapitre, lui offre l’eau bénite et l'encens ; il lui exprime ensuite la joie des fidèles de le recevoir. Celui-ci remercie en quelques mots, se place sous le dais et entonne le 7e Deum. Messe en musique de Miné et morceaux d'harmonie militaire à l’entrée et à la sortie des autorités, à l'arrivée de l'Evêque à l'autel, pendant l'Offertoire et l'Élévation. .
Avant de donner sa bénédiction, Monseigneur remercie le Chapitre, le Clergé, les Autorités, la Garde Nationale et les fidèles de leur empressement à se réunir pour honorer l'arrivée de leur premier Pasteur.
Vers une heure et demie, MM'S Richou et Guillory, adjoints, reçoivent le Prélat à l'Évéché, d'après le cérémonial du décret du 24 messidor, an XII. Enfin, vers cinq heures, Monseigneur offrit un dîner aux principaux chefs des administrations civile, militaire et religieuse.
Dès le 6 septembre 1841, Mgr Paysant décédait à Bocé, en tournée pastorale, à l'âge de cinquante-quatre ans.
Mongeigneur Suillaume-Laurent-Louis Angebault, — Louis-Philippe nomma,le 23 février 1842, à l'évêché d'Angers, Mgr Guillaume-Laurent-Louis Angcbault, vicaire-général de Nantes. Préconisé le 24 mai, il fut sacré dans la cathédrale d'Angers le 10 avril suivant par Mgr de Hercé, évêque de Nantes, assisté de Mgr Bouvier, évêque du Mans et de Megr Soyer, évêque du Luçon.
D'immenses tribunes furent dressées dans les ailes de la cathédrale et montaient jusqu'aux grandes rosaces. Malgré le prix relativement élevé des places, les frais d'établissement de ces gradins en charpente furent si considérables, que la fabrique dut encore payer plus de deux mille francs. C'est le 2remzer Sacre d'un évêque d'Angers, qui ait eu lieu à la cathédrale : aussi l'affluence des fidèles, empressés à suivre tous les détails de la cérémonie, s'explique-t-il fort bien
Avant la sortie de l'église, Mgr Angebault prononça une courte et paternelle allocution. La procession parcourut la rue Saint-Aubin, le boulevard de Saumur, les rues du Mail, des Poëliers et Saint-Laud, ornées de guirlandes, de draperies blanches et de fleurs. On évalue à 20,000 au moins le nombre des personnes venues de la campagne à Angers pour
la cérémonie,
Œbapitre i. — L'Œvêque. 35
Dans l'après-midi, Monseigneur a reçu les différentes autorités de la ville.
Manéeigneur Charieé-Œinile ÆFreppel — Za Semaine Religieuse du 9 janvier 1870 annonce la nomination de M" l'abbé Freppel par l'empereur Napoléon III à l'Évêché d'Angers. Dans le consistoire secret du 21 mars suivant, Sa Sainteté Pie IX a élu et préconisé, comme évêque d'Angers Mgr Freppel ; le chapitre d'Angers lui envoie aussitôt à Rome (où il était retenu par les travaux du Concile), ses félicitations et ses protestations de dévouement.
Le mardi 26 avril, le nouvel évêque prend possession par procureur. Monsieur l'abbé Bompois, délégué à cet effet, remet les Bulles pontificales à Mr le secrétaire de l'Évêché, qui en donne lecture à haute voix dans la cathédrale. Mr l'abbé Bompois, accompagné des deux plus anciens chanoines, est ensuite monté à l'autel, qu'il a baisé au milieu, au coin de l’épître et au coin de l'évangile, puis a été conduit au trône, sur lequel il s'est assis. ]l a ensuite fait le tour de la nef de la cathédrale, suivi de tout le chapitre et s'est rendu à la salle capitulaire, où fut rédigé le procès-verbal de la cérémonie.
La Semaine Religieuse du 24 avril publie une lettre de Mr Chesneau, grand-vicaire, datée de Rome, annonçant que le sacre de Mgr Freppel vient d'avoir lieu aussi solen-
nellement que possible en même temps que ceux des évêques d’Ajaccio et de la Guadeloupe à Saint-Louis-des-Français. C'est le cardinal de Bordeaux, assisté de l'archevêque de Tours et de l'Évêque de Strasbourg, qui a consacré les trois évêques.
Le mercredi, 27 juillet, eut lieu la Fcsbon solennelle de Mgr Freppel dans sa ville épiscopale. Vers cinq heures, la procession se déroule au travers des rues et va chercher Monseigneur à la gare. [1 est ramené sous le dais, à la cathédrale, au milieu d'une foule immense, qui s'incline respectueusement pour recevoir sa bénédiction.
À l'entrée de l’église, Mr le chanoine Chesnet, doyen du Chapitre, adresse à Mer Freppel une allocution, à laquelle il répond en des termes pleins d'humilité et de respect pour la mémoire de son prédécesseur. Pendant le chant du 7e Deum, le prélat est conduit à l'autel du Saint-Sacrement, puis dans le sanctuaire et à son trône pour la cérémonie de l'obédience.
Après cet hommage du Chapitre et du Clergé, l'évêque monta en chaire pour y prononcer une éloquente allocution. Le chœur chante l'antique antienne des saints Titulaires de l’église et Mer Freppel donne solennellement à son troupeau sa première bénédiction.
Jamais évêque n'a fait son entrée dans sa ville épiscopale, précédé d'une plus g Hand Féputa ton de science, de piété et de bonté, et appelé par des vœux Spies ardents (').
1. Pen la Abiace de la ubéére s'était abstenue de toute décoration et s’en était remise aux fidèles seuls pour Pornementation des rues. Il n’en sera plus de même désormais. Deux arcs de triomphe semblables avaient été dressés, l'un devant la gare, l’autre à l'entrée de la rue des Lices. On lisait sur le premier :