‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 28 sur 212 · EXVLTA: VIRGO-: MATER: ECCLESIA · texte numérisé non relu

EXVLTA: VIRGO-: MATER: ECCLESIA

ILLK: ÆTERNAM: TIBl: DVCTOR: EST: AD: SALVTEM.

Œbapitre i — L'Œvèque. 39

porté par les membres du conseil de fabrique de la Cathédrale et de Saint-Laud. Le cortège se rend par la rue des Lices, à la cathédrale brillamment décorée « Sicuf sponsam ornatam viro suoy. Pas de musique, à cause de la mort récente du président de la République. A l'entrée de l'évêque, le 7e Deum traduit la joie des assistants. Précédé du Chapitre, Monseigneur se rend à l'autel du Saint-Sacrement, au grand autel et monte à son trône. À cet instant, Mgr Maricourt lui adresse une allocution, à laquelle il répond brièvement. Après la cérémonie de l'obédience, Monseigneur monte en chaire et développe de la façon la plus touchante le texte : Ægo sum Joseph, frater vester.

Aussitôt après, le prélat reçoit dans la salle Synodale les membres du Chapitre et du Clergé.

Un banquet de 120 couverts réunit, dans la Salle des Actes du grand séminaire, les invités, que le défaut d'espace empêche d'être plus nombreux encore.

La Semaine Religieuse du 5 mars décrit dans tous ses détails cette belle fête: la décoration de la Cathédrale ressemblait à celle des précédentes réceptions ; les discours et les toasts d'une exquise délicatesse sont à lire ; il m'est impossible d'en tenter ici l'analyse (:).

Terminons cette revue des entrées solennelles de nos évêques par une digression.

Les quatre barons, vassaux de l'Évêque d'Orléans, le portaient le jour de son entrée comme à Angers, au Mans et en mainte autre ville. En outre, pour reconnaître leur dépendance, ils lui remettaient chaque année une certaine quantité de cire; on l'appelait redevance de la Gouttière.

Or, ces quatre barons d'Orléans, ayant accompagné à la croisade vers 1248 leur évêque Guillaume de Bucy furent pris par les Turcs. condamnés à mort et, rapporte la tradition, miraculeusement délivrés et transportés dans la cathédrale de sainte Croix.

Jean IT, duc de Bourbon, mort en 1488, fit reproduire ces divers événements, sur cinq belles tapisseries qu'on tendait au dossier des stalles de la cathédrale. Le Maire (*) nous a conservé la description des trois premières et les Annales Religieuses d Orléans (?) nous apprennent ce que représentaient les autres.

1° Pièce: Capture des barons par les Turcs, coiffés de turbans, dont l’un portait un

étendard avec un croissant. Sur le hocqueton de ce dernier, on lisait:

GRAVIS FERRAGVS. A l'extrémité du tableau, une femme semblait

attirer l'attention de son enfant sur la capture des barons. Au col et au bas

de la tunique de l'enfant étaient inscrits les noms du peintre et du tapissier (+). 2° Pièce: Les barons, amenés devant le Soudan, sont condamnés à mort (°).

r. Voir les Semaines Religieuses de 1898 et 1899. 2. L'Histoire et les Antiquités d'Orléans, par le Maire, en 1648. 3. Novembre 1912, p. 720.

4. L'Histoire et les Antiquités d'Orléans, par le Maire. 5. Elle avait pour inscription, en lettres gothiques, d’après les Annales d'Orléans : LES BARONS FRANÇAIS TRES CHRETIENS FURENT EN LA PAYENNE VILLE MENEZ PAR PLUS DE QUATRE MILLE TANT INFIDELES QUE PAYENS

40 @onograpbie de la cathédrale d'Angers.

3° Pièce : Elle comprenait deux scènes: € /es barons Lies, emmenottés, dorment contre Levre dans la prison, — Les voici délivrés, à genoux devant l'autel de sainte Croix, rendant grâces à Dieu (°).

Les deux autres pièces, volées en 1563 par les Huguenots, avaient été remplacées en 1598 par le doyen de la Saussaye, mais elles furent grossièrement faites ("), dessinées de mémoire et tout à fait inférieures à celles qu'elles remplaçaient. Les quatrains ne sont pas parvenus jusqu'à nous, mais on connaît les sujets qu'elles retraçaient.

4° Pièce : Les quatre barons, portant sur leurs épaules deux gouttières de cire, pour

les présenter à leur évêque (:).

5° Pièce: Saint Euverte officiant à l'autel, qu'il vient de consacrer, aperçoit une main

divine qui bénit la nouvelle basilique (+).

Voilà une suite de bien intéressantes tapisseries, consacrées aux barons (5); malheureusement, il n’en reste que le souvenir. Il est tout probable qu'elles étaient d'origine flamande, comme presque toutes celles de nos églises à cette époque, mais on n’a aucune certitude sur ce point.

Un autre historien d'Orléans, Symphorien Guyon (f). donne la description d'un arc de triomphe à deux faces, élevé le 26 mai 1648 pour l'entrée du «très digne évêque Alphonse Delbesse, On y avait assemblé des statues, des blasons, des portraits, entremélés de guirlandes de lierre et de laurier avec des inscriptions françaises et latines. » Les arcs de triomphe, dressés à Angers pour l'arrivée de Mer Freppel, d'illustre mémoire, ne furent donc pas une innovation, sans précédent.

Enfin, nous avons vu, p. 10 de ce volume, Guillaume le Maire recevoir, le 2 juin 1291, à l'offertoire de la messe solennelle de son entrée € wulta vasa argcntca et deaurata », dont la description ne nous est pas parvenue.

Voici, en compensation, l'inventaire de l'argenterie de la chapelle € dx palays d'Angers », sous l'évêque Hardouin de Bucil (). Je ne prétends point que tous les objets

1. COMME LES BONS BARONS DE FRANCE SONT DEVANT LE JUGE DES LOIS PAYENNES ET NONT ESPÉRANCE DE SALUT QUE LA VRAYE CROIX

2. LES BARONS FURENT ABATTUS TOUS QUATRE LIEZ DE LIENS DU SOMMFIL DU SOIR GRANDEMENT EN PRISON UN SOIR REPOSERENT QUE LE GRAND ROI DU FIRMAMENT ET LE LENDEMAIN SE TROUVERENT Y VOULUT MONTRER SES VERTUS. DEDANS SAINTE CROIX DORLIENS

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