Pibliothèque d'Angers, Ms. N° 658, p
Œbayitre i. — L’Œvêque. 47
A la mort de Mgr Fouquet, le chapitre obtient par sentence du présidial la somme de 1200 livres sur les biens de sa succession, pour la chapelle qu'il devait le ro fév. 1623 et fait racheter à sa vente trois ckapelles (de satin violet, de damas rouge et de tabis violet) (*).
Michel le Peletier, transféré à l'évêché d'Orléans, obtint remise du droit de ckapelle, en considération des 7000 livres, qu'il avait dépensées pour mettre le chœur à la Romaine (°).
Le chapitre se contenta de 1000 1. comme droit de chapelle sur la succession de Mgr Poncet, vu la modicité de sa fortune (:).
Mgr de Vaugirauld fut si généreux pour sa cathédrale, qu'il fut dispensé du droit de chapelle.
Ni Mgr de Grasse, mort insolvable, ni Mer Couët du Vivier de Lorry, le dernier évêque d'Angers au XVIII* siècle, n'acquittèrent cette obligation.
Depuis la Révolution, il n'est évidemment plus question de droit de chapelle : les évêques agissent à leur gré, vis-à-vis de la fabrique. Quelques-uns se sont montrés très généreux: certains autres ont semblé ignorer qu'il existât une fabrique, dont les ressources diminuent de plus en plus.
L'Etêque dans gon diocèée. — Avant l'échange de terrains (arearum) entre le comte Eudes et l'évêque Dodon, en 851 (+), où se trouvait l'habitation épiscopale? Nous ne le savons pas au juste. Quelques anciens textes, cités dans & Æ Palais Episcopal d'Angers (5)» autorisent à penser qu'elle dominait la Maine, entre la promenade actuelle du Bout du Monde et la Roche de l'Évêque, voisine de la #ontée saint Maurice. Le mur d'enceinte de la cité, flanqué de tours carrées dernièrement reconnues par M. le Chanoine Pinier (f), lui servait de base, ou tout au moins formait au devant une terrasse, d'où la vue s'étendait au loin : de cette demeure, détruite depuis longtemps et dont l'emplacement fut distribué plus tard en différentes maisons canoniales (’), nous n'avons aucun détail.
Il en est tout autrement du palais, situé au nord de la cathédrale et communiquant avec
elle. Les ravages des Normands, le terrible incendie de 1032 et la reconstruction partielle
de la cathédrale obligèrent les évêques à se contenter un certain temps de logements plus ou moins provisoires.
Renaud de Martigné (1101-1124) aurait, croyons-nous, construit d’abord la salle des pas-perdus le long du mur de la Cité, la salle basse presque perpendiculaite à la première ; Ulger, son successeur (1125-1149), aurait élevé le premier étage, c'est-à-dire une immense salle en forme de Tau, plus quelques autres bâtiments (Infirmerie, secrétairerie, chapelle, etc.). Mais, la partie nord, de l'Évéché, remontant au XII° siècle et dont nous admirons l'architecture, ne comprenait que des pièces d’apparat ou d'un usage déterminé (Réfec-
. Bibliothèque d'Angers, Ms. N° 658, p. 304.
. bide.
Jbidem.
. Le Palais Épiscopal d'Angers, par L. de Farcy et P. Pinier, 1903, p. 32, note 1. . Jbidem, p. 37 et 38.
. Revue d'Anjou, novembre 1911.
. Monographie de la Cathéärale. Les Immeubles, p. 137, note 8.
SON BY Nm
Goo gle
48 SBonograpbie De la cathédrale d'Angers.
toire, Cuisine, etc.) ; où logeait alors l'Évêque ? Évidemment, très près de la cathédrale, dans des bâtiments disparus depuis le XIII° siècle. En 1236, Guillaume de Beaumont, désireux de donner au transept-nord de sa cathédrale un développement égal à celui du transept sud, entrepris par son prédécesseur, sacrifia en partie les bâtiments d'habitation de l'Évéché, à la condition que la fabrique lui ferait une entrée suffisante, un escalier et consoliderait ce qui pourrait subsister des anciens édifices (*).
Alors, la chapelle de l'Évéché, le petit cloître, qui la joignait à la grande salle et même une certaine partie de celle-ci furent détruits ainsi que d'autres bâtiments. Quelques vestiges de ces derniers consolidés tant bien que mal furent remplacés au XV°® siècle sous les évêques Hardouin de Bueil et Jean de Beauveau par des constructions collées le long du mur oriental du transept nord.
Là se trouvait la chambre de l'Évêque, jusqu'au XVII° siècle. Mgr Arnauld habitait au deuxième étage au-dessus d'un des salons actuels (*). Ensuite, Mgr le Peletier s'établit dans un nouveau bâtiment donnant sur la cour et sur la rue de l'Évêché et communiquant avec le salon de réception à la place de l'ancien secrétariat : ses successeurs l'habitèrent à leur tour, jusqu'à l'épiscopat de Mur Angebault, dont la chambre se trouvait au second étage, au-dessus de la salle à manger. L'aile, construite à neuf, et terminée en 1870 par Mr Joly, comprenait des appartements complets pour l'Évêque, au même niveau que la grande salle ; ils furent habités par Mur Freppel et ses successeurs jusqu'à la main-mise de l'État sur l'Évêché (5) et l'expulsion violente de Myr Rumeau.
Mais, quelle qu'ait été la magnificence des appartements, le manque d'air et de soleil, obligèrent les évêques à passer une partie de l'année à la campagne dans les châteaux de Chatonnes, de Morannes, de saint Alman, de Villevéque, où d'Eventard. Ns partageaient leur temps entre leur sombre palais et ces agréables villégiatures.
À Chalonnes (+), ils devaient le lendemain de leur sacre, portant sous la mitre, la coiffe {cucufa) de leur consécration, officier dans l'église mère de Saint-Maurille, surnommée { Cathédrale 3 et recevoir l'hommage de leurs vassaux. Hardouin de Bueil (1374 à 1439) dépensa 6000 écus d’or au château de Chalonnes, qui fut détruit à la fin du XVIe siècle (°).
Morannes, villa comprise dans la première dotation de l'évêché d'Angers par les rois de France et confirmée en 864 par Charles le Chauve, possédait un château à demi ruiné au XVIe siècle. Il était écroulé au XV{IIE siècle (5).
Bauné dépendait jusqu'au XVIIIe siècle de la baronnie du palais épiscopal d'Angers. Quand l'évêque visitait l'église, il devait admettre le curé à sa table et celui-ci était obligé de lui tenir l'étrier pour remonter à cheval. Au cours d'une tournée, Guillaume le Maire y mourut en 1317. Poncet de la Rivière céda ce fief par échange le 4 avril 1714 au seigneur de Briançon (?).
1, Le Palais Épiscopal d'Angers, p. 64.
2. Le Palais Épiscopal d'Angers, p. 48, légende de la planche V.