chapitre ti. — Ye Chapitre de Saint-IPau Baurice | d'Angers
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9 Chapitre de Saint-Maurice d'Angers « est l’un des plus anciens et des plus illustres du Royaume; il en existe de plus nombreux, mais il y en à peu qui aient fourni plus de princes à l’Église, plus de défenseurs à la Religion et plus de grands hommes dans tous les genres (") Dès le IX" siècle, il apparaît constitué sous une règle qui devait être à peu près celle que saint Chrodegang donna à celui de son église de Metz.
Le concile d’Aix-la-Chapelle, en 816, avait dressé des règles générales qui établissaient la vie de communauté pour tous les chanoines du royaume de Louis-le-Pieux, et ces règles, rédigées par Amalaire, diacre de l’église de Metz, furent en partie celles de saint Chrodegang. On croit que ce fut d’après ces règles, que Benoît, évêque d'Angers (798-820), qui assistait au Concile d’Aix, rétablit la vie commune dans le clergé de son église cathédrale. Charles le Chauve appelle les chanoines de Saint-Maurice d'Angers fratres inibi Deo servientes. Dans une charte de Pépin, roi d'Aquitaine, on trouve encore des termes plus explicites. Ce prince nomme nos chanoines congregationem in eodem monasterio deservientem. Les chartes Carolingiennes, sans le dire expressément, laissent entendre que l’Évêque et les Chanoines menèrent longtemps la vie commune ; elles appellent les chanoines fratres Deo et Sancto Mauritio militantes ; — congregatio canonicorum — congregatio S" Maurilii (°).
La vie commune subsistait encore à Angers parmi les chanoines au X° siècle. Du temps de Rainon (881-906), entre eux et l’évêque tout était commun, jusqu'à la vie de tous les jours. Même au début du XI siècle, d’après une lettre de Rainault le Jeune (973-1005), les chanoines, soumis à la même discipline, continuaient de prendre leurs repas à la même table que l’évêque. Les repas des fêtages en seraient des souvenirs. À partir de 1077 (‘), on voit les dignités abandonner la maison du Chapitre pour aller vivre en des maisons particulières. En moins d’un siècle, chanoines et officiers du Bas Chœur font de même.
La maison du Chapitre, qui comprenait toutes les parties essentielles d’une abbaye de moines moinant en moinerie : salle de réunion, chauffoir, réfectoire, bibliothèque, caves, greniers, cloître, resta la propriété de Messieurs les chanoines, qui continuèrent de s’y réunir pour traiter de leurs affaires. De temps à autre, le réfectoire servait aux repas des fêtages ; dans les caves et les greniers s’emmagasinaient les produits des terres et des récoltes qui appartenaient à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, à saint Maurice, aux doyens et chanoines de l’église d'Angers.
Pouillé du diocèse d'Angers, imprimé par ordre de l’évêque Couet du Vivier de Lorry, p. XI. Chan, Urseau. Cartul noir. N°° XIII, XVII, XXIIT. Chan. Urseau. Op. cit., N° XLIX
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Œbapitre ii— Le Chapitre De Saint-Maurice D'Angers. 81
Combien il y avait de chanoines aux origines du Chapitre, et quelle hiérarchie existait alors parmi eux : voilà ce qui semble à peu près impossible à dire. In 1094, Messieurs les chanoines constatent que la mort fauche plus de têtes parmi eux que dans les autres chapitres de France ou abbayes de moines. Ils n’étaient plus que trente titulaires : mauvais chiffre à leur avis ; il représentait les /reute deniers que Judas reçut du Sanhédrin pour livrer Notre-Seigneur. Les laïques d’alors, un peu superstitieux sans doute, par crainte de malheur, ne voulaient plus rien acheter ni vendre aux chanoines d'Angers. Très ennuyés, nos vénérables messieurs s’en vont un jour prier humblement le seigneur évêque de vouloir bien les tirer de la triste situation où ils se trouvaient, et, pour chasser le mauvais sort, ils le supplient de créer dix nouvelles prébendes, « sara investilura episcopi ». — Geoffroy de Mayenne (1093-1100) fit bon accucil à la requête et promit de s’en occuper. L’affaire traîna en longueur, et rien n’avait encore été décidé quand il mourut. — Geoffroy le Jeune, son successeur (1100-1101), faisant droit aux justes revendications de son Chapitre, accorda gracieusement les dix prébendes. En foi de quoi il signa un acte sur parchemin, avec Marbode, évêque de Rennes, le doyen Etienne, le trésorier Geoffroi, le chantre Hubert et les archidiacres Guillaume et Gosselin. Les titres de ces derniers prouvént que dès la fin du XI" siècle, les dignités du Chapitre étaient à peu près constituées, comme on les voyait à la fin de l’Ancien Régime, au moment de disparaître avec la Constitution civile du Clergé et les destructions de la Révolution (*).