Chan. Urscau, op. cit, Introd., p. XL
Œbapitre ii. — Le Œbapitte De Saint-Maurice D’'Angets. 83
Toutes les paroisses situées dans le territoire du Grand Archidiaconné ne dépendaient pas du Grand Archidiacre. Six relevaient directement de l’Évêque, de sa chambre épiscopale, comme on disait. C’étaient celle de Bauné, dont le curé était tenu, à toute visite épiscopale dans sa paroisse, de tenir l’étrier à l’évêque, quand il montait à cheval ; — celles de Saint-Maurille et de Notre-Dame de Chalonnes, de Saint-Laurent de la Plaine; — celle de Morannes dont le curé était aumônier de l’Évêque; — celle de Villevêque dont le curé était secrétaire-né de l’évêque ; — celle de Pellouailles dont le titulaire était officier en la Chambre épiscopale, comme ses confrères de Chalonnes et de Saint-Laurent de la Plaine.
Le Trésorier. — Chargé de garder la fortune de l’église d'Angers, ce personnage très important occupait la troisième place au chœur de la cathédrale. Primitivement, la fonction appartenait au Grand Archidiacre, mais toujours en relation avec le Saint-Siège Apostolique, l’Église d'Angers, à l’imitation de ce qui s’était fait à Rome, avait divisé le grand Archidiaconné en deux dignités : l’une devait s'occuper des affaires intérieures, l’autre des affaires extérieures. Le plus anciennement connu des Trésoriers de l’église d'Angers, Baltharius, archiclavis, est nommé dans une charte de l’évêque Rainon de 886 ou de 888.
Le Grand Chantre. — I] porta d’abord le nom très simple de Cantor, puis, très probablement à partir de 1177, celui de præcantor, qui prévalut désormais. Il portait à la main gauche le bâton de sa dignité, en métal, surmonté d’un petit édicule d’orfèvrerie qui abritait une statuette de saint Maurice, patron de l’église cathédrale (*). — « C’est lui qui allait porter l’antienne aux chanoines, les jours de fêtes solennelles. » — Les autres jours, il n’avait point de fonction particulière, à moins qu’il ne fût la première dignité du chœur. La sienne est aussi ancienne que les cathédrales ou églises épiscopales. Le Concile de Cologne donna aux Chantres la qualité de co-évêques. — Le premier que l’on connaisse à Angers est Berno, qui, en qualité de notaire, « transcrit la charte par laquelle Foulques I”, comte d'Anjou, donna à Saint-Aubin le territoire de Chiriacus (?). »
L’Archidiacre d’Outre-Loire. — I1 n’y avait autrefois à Angers, comme ailleurs, qu’un Archidiacre. On ne sait pas quand ceux d’Outre-Loire et d'Outre-Maine ont été fondés. C’est sans doute vers la fin du IX* siècle, puisque dans les actes du temps il est fait mention de ces deux dignitaires. Une charte du Cartulaire noir de la cathédrale d'Angers, de 929, porte parmi les signatures « le S(ignum) Alberti, archidiaconi Transligerensis. » — En 966, les deux archidiacres d'Outre-Loire et d'Outre-Maine, Burchardus et Ernestus, signent l’acte par lequel Néfinge, évêque d'Angers, restitue à l’abbaye de Saint-Aubin une vigne de la banlieue d'Angers. Dès lors, nous voyons régulièrement mentionnés les noms de ces deux dignitaires dans les chartes et documents de notre province.
Dix paroisses du Doyenné échappaient à la juridiction de l’Archidiacre d’Outre-Loire, c'étaient celles du territoire exempt de Saint-Florent-le-Vieil. Le sacristain de l’abbaye prétendait avoir loi diocésaine sur elles ; mais, par transaction du 29 juin 1675, sous l’épiscopat d'Henri Arnauld, les dix cures furent restituées à l’évêque, à condition que le prieur de Saint-Florent « sera grand vicaire-né dans ledit territoire et pourra y faire les visites archidiaconales. »
L’Archidiacre d’Outre-Maine, dont la fonction remonte à la même époque que celle de l’Archidiacre d’Outre-Loire, avait sous sa juridiction les doyennés de Craon et de Candé.
1. Dans bien des églises cathédrales et ahbatiales le grand chantre porte toujours le bâton de sa fonction. Il serait intéressant de le rétablir en notre cathédrale. 2. Chan. Urseau, op. cit., Introd., p. 41 et n° XXXIII.
L'Ecolâtre ou Maître-Ecole. — Le droit ecclésiastique ne détermine point d’une manière certaine, ni même uniforme, les droits et les fonctions du Maître-École ou de l’Écolâtre. Le plus anciennement connu chez nous c’est Bernard, l’un des premiers disciples de saint Fulbert, en cette école de Chartres qui fut si célèbre au Moyen-Age ; il vint chez nous à la demande d'Hubert de Vendôme. Sous des noms qui varièrent : scholæ magister, scolasticus, grammaticus, magister scolarum, quelques-uns de ses successeurs devinrent illustres, en particulier Marbode, qui mourut évêque de Rennes, en 1096, et Ulger, le grand évêque d'Angers, au début du XII° siècle. Primitivement professeurs à l’École épiscopale, ils cessèrent de bonne heure d’enscigner pour devenir les surintendants de l’enseignement dans le diocèse d'Angers. A la veille de la Révolution, ils étaient chanceliers de l’Université. A l’église ils n’avaient aucune fonction particulière.
Le Pénitencier. — Il était le vicaire de l’Évêque « pour entendre les confessions et absoudre les cas réservés. » — Il assistait l’Évêque, quand il pontifiait ou conférait les saints ordres. Il ne pouvait être ni promoteur ni official. La question avait été jugée au Parlement de Paris, 15 mars 1610, au temps de M. Miron, qui avait pris le pénitencier Oger, comme promoleur de son officialité diocésaine. Le Pénitencier, outre la prébende qu’il devait avoir, conformément aux décisions du concile de Bâle, 1441, avait un domaine particulier.
Le Théologal n’était pas chez nous dignité, comme il l'était dans plusieurs Chapitres de cathédrales ; il n’avait point non plus de revenus particuliers. « Ses fonctions consistaient à prêcher, tous les premiers dimanches du mois, exceptés ceux des mois de mars et de décembre. » Sa prébende portait le nom de saint Jacques. Elle était de la première fondation du Chapitre, mais elle ne fut érigée en /.éologale qu'après le concile de Bâle, en 1441, par Jehan Michel, qui la conféra à Mathieu Ménage. Le bénéfice du Théologal était le seul de tous ceux du diocèse pour lequel les degrés en théolgie étaient de rigueur (*).
Deux personnages encore, à l’occasion, faisaient partie du Haut Chœur, l’évêque d’Angers et le roi de France : ils étaient de droit chanoines de la cathédrale d'Angers.
Comme tel, l’évêque d'Angers, quand il venait à l’office, s’il ne célébrait pas ix pontificalibus, avait sa place en une stalle du Haut Chœur. Il devait y siéger « en habit canonial, conservant toujours le rochet à manches et même le petit camail en été avec l’aumusse et le surplis. » En 1767, l’évêque Jacques de Grasse, après avoir suivi l’exemple de ses prédécesseurs, l’ayant trouvé trop gênant, ne voulut plus porter en toute saïson
que l’habit épiscopal ; mais les chanoines ne manquèrent pas de réclamer. « Notre pré- |
tention, disaient-ils, dans une lettre au Chapitre de Troyes, est d’abord fondée sur la possession ; de plus sur ce qui s’observe à l'institution de l’évêque... » Nous prétendons, ajoutaient-ils, « que l’évêque est chanoine parce qu’il est distribué comme les chanoines d’une portion du pain du Chapitre (*).» Les chanoines l’assignent devant le Parlement de
Paris, et l’obligent à reprendre l’aumusse, 25 mai 1761.
Les Rois de France, d’après nos écrivains Angevins, Chopin (*), Ferrand, « bien que :
laïques, ne doivent exercer aucune fonction dans l’église, ayant été sacrés et étant protecteurs des églises du Rovaume dont la plupart avaient été fondées par eux, se trouvaient être chanoines des cathédrales. Ils l’étaient de celle d'Angers, comme nous l’apprennent