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Œbapitre ii. — Le Œbapitre de Saint-Maurice D'Angers. 87
titulaires particuliers, finirent par être unics les unes après les autres à la mense capitulaire, ou à la Fabrique de la cathédrale. Celle du Champ-Charles, avec les terres et les vignes qui en dépendaient, fut annexée au domaine de l’Évêché. — Chaque chanoine avait le privilège d’avoir un clerc qui pouvait assister à l'office en habit de chœur et prendre sa part des gaignages. Mais ce clerc devait être le commensal du chanoine qui l’avait nommé. C'étaient ces clercs, qui, à titre de chapelains ou de prêtres habitués, desservaient les chapelles unies à la mense de leur chanoine et en touchaient les revenus. Ils étaient tenus d’assister assidûment à l’ofhice, les dimanches et jours de fêtes, d’y chanter, d’être toujours prêts à remplir la fonction qu’on voudrait bien leur imposer, sans y faire d'objection, d'assister aux processions, aux stations du matin et du soir. Ils devaient sortir du chœur, pour les processions, deux à deux, suivant leur ordre de réception, et non en groupe. Ils portaient la croix à l'Évangile devant le diacre. Ils oublièrent quelquefois leur devoir. En 1614, on fut obligé de le leur rappeler. S'ils y manquaient, ils étaient marqués par le pointeur, « a notatore ex Albo expurgantur. »
A chaque réunion générale du Chapitre ils devaient apporter un témoignage d’assiduité et de progrès signé de leurs maîtres. Quelques-uns portèrent, à un moment donné, les cheveux coupés #ilitari modo, on leur enjoignit de les porter à l’ecclésiastique, et d’y faire tailler coronam clericalem. Il leur était défendu de porter les habits du monde, de louer les maisons de leurs bénéfices, situées dans la Cité, sans une autorisation écrite. Et pour qu'ils ne prétextent pas l'ignorance, les sous-chantres leur lisaient de temps à temps les statuts de leur ordre affichés dans la sacristie (*).
La Psallette. — Elle fut établie ou au moins dotée par Guillaume Turpin, évêque d’Angers, en 1369. Ce prélat « lui donna une rente de 12 septiers et y unit une prébende par décret du 22 mars 1389. » Le Chapitre y attacha une maison et, postérieurement, des terres à Pierre-Lize et quelques busses de vin. Le nombre des Psalteurs, ecclésiastiques ou laïques, « varia avec les siècles. » Il fut successivement augmenté par le Chapitre qui prit sur sa Bourse pour fournir les appointements.
Les Bedeaux. — Ils étaient au nombre de quatre. Les deux premiers, dits Grands Bedeaux, étaient entièrement fondés sous le nom de Baslionari. Ils étaient officiers laïques du Chœur, et salariés par les chanoines. — L'office du premier Bedeau était très ancien. Il était rempli primitivement par des avocats et des bourgeois. Celui du second avait été créé par Louis XI, par acte royal en 1474, enregistré à l’Hôtel-de-ville d'Angers, le 18 juin 1478. — À la mort des titulaires, le Chapitre vendait leur charge et les deux bidelleries montaient souvent jusqu’à trois cents livres, l’une. Elles furent encore achetées à ce prix, en 1709, par MM. Giffart et Boisgontier, tous deux tailleurs d’habits. — Les Bedeaux étaient des fêtages de Mgr l’Évêque et des Dignités ; ils avaient part à des distributions et droit à une maison. Celle du premier Bedeau était située « au bas du placitre de terre ; celle du second au-dessus de la porte de la Vieille-Chartre », qui servait de prison à toute la ville avant la construction de la Nouvelle-Chartre ou prison du bas des Halles. Les insignes de leur dignité étaient les verges noires garnies d’argent au sommet desquelles, sous une niche, se trouvait une statuette de saint Maurice en métal (?).