‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 64 sur 212 · SERVITEURS DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

SERVITEURS DU CHAPITRE

Les Chanoines de Saint-Maurice avaient à leur service un très grand nombre de serviteurs : un suisse, des sacristes, un garde-relique, un gouverneur des horloges.

1. Bibl. m. d'Angers, M“ 652. Statuta eccles. Andegav. ad Chori disciplinam et vitæ honestatem spectantie. 2. Lehoreau, op. cit., L. I, p. 114.

88 %onograpbie De la cathédrale D'Angers.

Le Suisse. A l’imitation de ce qui se faisait à la Cour et dans certaines grandes maisons du Royaume, de bonne heure le Chapitre avait voulu avoir un Suisse. Ce personnage, plus ou moins décoratif, faisait la police en dehors du Chœur. Pendant les offices, le bicorne en bataille, l’épée attachée à un riche baudrier, la hallebarde à l’épaule gauche, et la canne à pommeau d’argent à la main droite ; il faisait les cent pas dans la nef, veillant à ce qu’il n’y ait aucun désordre dans l’assistance.

Le premier Suisse, reçu, 31 août 1778, fut Jean-Pierre Bapst, du canton de Fribourg. Il entra en fonction aussitôt, et reçut du chanoine fabriqueur vingt livres de gages (*).

La Sacristie, à laquelle était unie la chapelle des Grands Prés, par décret de l’archevêque de Tours, en date du 26 juillet 1593, était desservie par deux prêtres dont l’état était une simple commission donnée par le Chapitre. Les sacristes logeaient et nourrissaient les deux sonneurs ordinaires, qui étaient en même temps domestiques de l’église (?). Un règlement très détaillé leur indiquait ce qu’ils avaient à faire au jour le jour, à prop:s des tapisseries, des grands parements de la Broderie, du linge d’autel, de l’orfèvrerie.

Le Gouverneur des Horloges. — I] avait la surveillance des trois horloges de la cathédrale. Le gros Horloge, qui était dans le clocher du milieu, tirait son nom de ses dimensions et de la puissance de !a cloche sur laquelle frappait le marteau de l’heure. — « On dit encore à Rennes il est telle heure au Gros. » La même locution, très ancienne, était aussi en usage à Angers. Le 19 avril 1459, il fut conclu, à Angers, « que chacun des gens des Comptes se rendra à la Chambre, à chascun jour, à telle heure que le Grox de Saint- Maurice sonnera à l’heure de 8 h. » (*). — Une moindre Horloge, dite korloge municipale, était placée sur la pointe du pignon du transept nord de la cathédrale. — Une troisième horloge était à l’intérieur de l’église, celle du Chœur.

Le Coupeur de pain bénit. — Il taillait le pain destiné à être distribué aux fidèles, les dimanches et jours de fête. La Fabrique lui remettait les outils nécessaires à son métier. D'après les Comptes de chaque année, la réparation des couteaux était assez dispendieuse. Ï1 n'avait aucune rétribution fixe et se trouvait largement payé par le fait qu’il emportait chez lui le pain non employé.

Avec la desserte de la Fabrique il avait suffisamment de quoi vivre, lui et sa femme pendant la semaine. La place était très recherchée au XVI° siècle. Elle fut maintenue dans l’église cathédrale jusqu’à la Révolution (*).

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