JURIDICTION TEMPORELLE DU CHAPITRE
: Messieurs du Chapitre de Saint-Maurice n'avaient pas seulement juridiction spirituelle, comme corps ecclésiastique ; il avaient encore ensemble, sans distinction de dignités et de simples prébendés, à titre de Seigneurs châtelains, droit de juridiction temporelle en l'étendue de leur féodalité, dans laquelle leur église est située, ou de la Cité d'Angers. Cette féodalité s’appelait le grand Fief de Saint-Maurice.
Ils étaient en droit, de temps immémorial, « d’establir des officiers pour l'exercice de leur juridiction temporelle, sçavoir, un sénéchal, un lieutenant, procureur fiscal, greffier et sergens auxquels ils donnaient des provisions sur lesquelles lesdits officiers se faisaient installer à la même juridiction. »
Il y avait un lieu singulièrement destiné à l'exercice de la juridiction temporelle du Chapitre en la Cité, la Galerie de la cathédrale. C’est là, à la porte de l’église, que les juges délégués par les chanoines rendaient leurs arrêts de quinzaine en quinzaine. De leurs sentences on pouvait en appeler pour le civil et le petit criminel au Bailliage et Siège Présidial d'Angers.
Les marques de la juridiction temporelle du Chapitre étaient « le poteau planté de tout temps à ung des coings de la place, qui est au devant du parvis de la cathédrale, auquel poteau était empreint l’écusson des armes du Chapitre, et au-dessus de l’écusson était attaché le collier de fer. »