‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 80 sur 212 · CURIOSITÉS DES MAISONS CANONIALES · texte numérisé non relu

CURIOSITÉS DES MAISONS CANONIALES

Les maisons canoniales ne portaient pas des numéros, comme aujourd’hui. Placées dans

1. Jean Dumas fit faire tout le devant de la maison décanale appelée Ste-Catherine et il y dépensa 2000 1, il fit régler que ses successeurs pourraient l’opter de préférence.

le vicus Cunaldi, dans le vicuts Anianus ou celui de Saint-Évroult, elles avaient toutes des noms de saints, de ceux qui étaient les patrons des prébendes auxquelles elles étaient attachées, ou bien des noms vulgaires, comme ceux de l’/x Pace, de la Fonte, de la Fonlaine, de l’'Échelle de pierre, de la Roche d'Enfer, du Châtaignier, des trois Images. Quelques-unes avaient des noms amusants, par exemple ceux de la Pie qui parle, de Haute Mule, de la Rue-Chèvre, du Petit Bouc ou du Bouc cornu, du Poil rouge, de la Male mort, de la Guernouille.

Toutes ces maisons étaient intéressantes et agréables à habiter. Celles qui, du côté ouest de l’ancienne Rue du Château, sont appuyées sur le vieux mur gallo-romain, ont une vue magnifique, en face, sur la Maine et la Doutre, et, par delà, sur le Bois de la Haie et la Garenne de Saint-Nicolas ; vers le midi, sur les hautes futaies de Molière, le rocher de Grézil, le Prieuré de Pruniers, la vallée de la Loire, et, au delà, sur les premiers coteaux couverts de vignes de la Vendée angevine; vers le nord, entre les hauteurs de Reculée et de la Chalouère, sur les immenses prairies de l’Ile Saint-Aubin, des vallées de la Sarthe et du Loir qui, éclairées par une lumière d’argent, s’étendent à perte de vue, vers Briollay, et rappellent tout à fait certains paysages de la Hollande, aux environs de Haarlem et d’Utrecht. |

La plupart sont restées à peu près dans l’état où elles étaient au temps de leur construction, au XV°, au XVI", au XVIT° ou au XVIII siècles. Elles ont généralement pignon sur rue avec une cour, un petit jardin auquel on a accès par une porte cochère. Celles qui, au cours des siècles, ont été remaniées, gardent encore des témoins de leur état primitif ; de belles caves voûtées, une porte à accolades ornées de crochets et de fleurons à choux frisés, richement sculptés, des fenêtres, des lucarnes à meneaux croisés, en anses de panier ou encore cintrées comme celles du Carmel, dans la rue Lionnaise, des tourelles d’escalier à pans coupés avec couvertures en ardoises, ornées d’épis en plomb admirablement travaillés, de belles cheminées, des trumeaux finement sculptés, de jolies charpentes, de ravissantes petites chapelles dont les fenêtres polylobées décorent si gracieusement certains pignons, de puits à armatures de fer et auges de pierre, des armoiries, des inscriptions gothiques ou Renaissance. Presque toutes, à côté de quelques curiosités artistiques, rappellent aux visiteurs des faits de l’Histoire générale ou provinciale, certains traits amusants qui font la joie des amis du passé ou des curieux de folklore.

Parmi les maisons canoniales de notre vieille Cité, il en est beaucoup qui méritent qu’on s’y arrête un instant. Rue de l’Évêché, la maison Saint-Pierre, « qui comprenait plusieurs logis, et couvrait tout le terrain, en montant, à droite, jusqu’à l’Archidiaconé. » — C'était primitivement la maison de ligence du seigneur de Châteaugontier. Il y demeurait avec ses gens pendant les quarante jours du service d’Host qu'il devait, chaque année, au Comte d'Anjou, en la Cité d'Angers. Elle fut vendue en 1265 sous la réserve de cette servitude. — En 1342, Philippe Nicolas la donna aux huit Frères, les quatre Corbelliers et les quatre Maires-Chapelains. — En 1411, elle fut passée au Chapitre par Jean Haucepié, trésorier de Saint-Maurice, qui l’arrenta et l’échangea contre la maison des Casses. Plus tard, les chanoines se débarrassèrent des dernières charges qui pesaient sur cet immeuble « sans aucun retour en équivalent dont on ait connaissance (*). » — Le 15 janvier 1779, un loyer y fut consenti à Jacques Levesque, brodeur, et à sa femme, pour neuf ans, à partir de la S. Jean d’Été, 1780, d’une portion dépendant autrefois de la Grande Bourse et alors de la Fabrique. Malgré tous ces change-

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