‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 81 sur 212 · Arch. de M.-et-L. G · texte numérisé non relu

Arch. de M.-et-L. G

Œbapitre ii. — Les Maisons Tanoniates. 107

ments de propriétaires, la maison Saint-Pierre, dut payer au seigneur de Châteaugontier, tous les ans, « le droit de station d’un pot de vin et d’un échaudé (' ) » — C'est encore aujourd’hui une habitation bien curieuse avec ses magnifiques caves à voûtes gothiques, « son grenier ogival à poinçons fuselés en colonnes, ses fenêtres romanes, sa terrasse et son jardin, ne sur la muraille ancienne qui domine de quarante pieds la Rue Baudrière (?). »

Place du Pan — Le Grand Archidiaconé. — Belle construction du XVIII siècle, bâtie en 1750. Une jolie inscription rappelle que, dès le Moyen-Age, là se trouvaient la démeure de ce grand dignitaire ecclésiastique et le siège de sa juridiction sur tous les habitués et fonctionnaires de l’église d'Angers et sur les paroisses soumises à sa loi diocésaine. — Face au Grand Archidiaconé, maison de Saint-André où Bureau des Décimes, « dans un coing de laquelle maison se tenait la juridiction de l’Archidiacre d’Outre- Loire et auquel coing est à présent le poteau de bois où sont empreints les écussons et armes du Chapitre, et au-dessus est attaché le collier de fer pour marquer sa juridiction(*).» — Au fond de la place, se trouvait la maison de l’/# Pace, ainsi appelée parce qu’elle renfermait les prisons du Chapitre — (aujourd’hui maison des Dames de la Sagesse). — Dans les caves se trouve une très curieuse fenêtre géminée, avec pilier central orné d’un très élégant chapiteau dont l’abaque est à dents de loup. Cette fenêtre, ouverte dans un mur fort épais, servait sans doute à éclairer la chapelle des prisons canoniales. Un petit jardin, derrière la maison, est attenant au rempart gallo-romain et à la Tour Villebon, qu’on a dégagée en face du Palais de Marchands.

Montée Saint-Maurice. — La maison des Bikards ou des trois images, conserve encore aujourd’hui, au fond d’une courette vitrée, une très jolie porte, avec, au-dessus, une accolade ornée de crochets et de fleurons à choux frisés, une belle tour d’escalier du XV” siècle. Une petite galerie en pierre et en briques, donnant sur le placitre, est éclairée par deux fenêtres dont les volets, aujourd’hui au Musée Saint-Jean, sont très curieusement découpés d’ajours et décorés de sculptures de la fin du XV° siècle ou du commencement du XVI". — La Maison Saint-Michel « super rocham Inferni, » était autrefois ornée de belles fenêtres à meneaux. Elle possédait une chapelle dans laquelle on a retrouvé les restes d’une fresque, qui, sans doute, servait de retable, et qu’on a heureusement conservée. Un souterrain mettait cette maison en communication avec la Rue Baudrière. — A l’angle formé par la Montée Saint-Maurice et la rue du Volier, se trouve la maison de la Pie qui parle, belle construction de 1742, avec lucarnes de l’époque. A l’un des angles on voyait encore, il y a quelques années, une pie sculptée, près de laquelle était cette inscription, qui rappelle une légende connue de tout Angers : DEBITA SOLVE, LATRO, GARRVLA PICA DOCET. Avant la Révolution, cette maison dépendait de l’église Saint- Évroult, qui, elle-même, dépendait de Saint-Maurice (“).

Rue Donadieu de Puycharic, ancien Wicus Cunaldus ou de Cunaldo. — Quelques curieuses maisons donnent sur le rempart gallo-romain, avec petits jardins d’où la vue est magnifique sur la Doutre et le paysage d’alentour. Certaines ont gardé leurs fenêtres à meneaux, ou des portes avec partie supérieure sculptée des XV° et XVI° siècles, par exemple la maison de la chapelle Saint-René (École Saint-Aubin), mais la plus belle de

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