Péan de la Tuil., op. cif., p
Œbapitre ii. — Les Maisons anomalies. 111
intérêts du Chapitre et de ceux qui leur étaient personnels, des nouvelles du royaume, des petits potins de la ville. Ils vaquaient entre temps à la prière, à l'étude, et, au XVIII" siècle, à la lecture des Gazettes et des livres à la mode. Parfois ils s’occupaient de ministère, et, dans leurs petites chapelles, ils pouvaient administrer les sacrements. Ainsi, le 28 septembre 1764, l’un d’eux célèbre chez lui le mariage de Joseph Gigault et de Françoise Anne Boyvin « de consensu rectoris seu vicarii parochialis S“ Mauricii in sacello domus canonialis S'° Catharine intra limites parochie S“ Mauritii (')..»
Si la maison qu'ils habitaient ne leur plaisait pas, à la mort d’un collègue mieux pourvu, les chanoines pouvaient, à leur rang de promotion, opter pour cette demeure plus à leur goût, et non seulement pour celle-là, mais pour d’autres, à l’occasion des nouveaux décès qui survenaient. Ces maisons, à part quelques-unes, n’étaient pas nécessairement affectées à telle prébende (*).
Le Doyen, quand, au moment de son élection, il se trouvait pourvu d’un canonicat et d’une prébende, pouvait toujours opter pour la maison de Sainte-Catherine (*). Jean du Mas, doyen, qui avait dépensé à sa restauration deux cents livres avait fait régler que ses successeurs « pourraient opter de préférence à tout autre, quand elle viendrait à vaquer (*).» — Une sentence de la 1° Chambre des Enquêtes au Parlement de Paris, rendue le 26 avril 1660, et bientôt une transaction passée devant maître Charlet, notaire à Angers, 28 mars 1676, avait confirmé ce règlement. Le Doyen pouvait posséder, « sans incompatibilité avec sa dignité, canonicat et prébende, mais il ne pouvait posséder d’autre maison canoniale avec celle de Sainte-Catherine (°).»
Le Grand Archidiacre avait un logis affecté d’office à sa dignité. Il était, nous l’avons vu, à l’angle de la rue de l’Évêché et de la place du Parvis Saint-Maurice, face à la Galerie de l’église. S’il était pourvu d’un canonicat et d’une prébende, il ne pouvait opter pour une maison canoniale, comme il avait été décidé contre le Grand Archidiacre par sentence de la Sénéchaussée d'Angers, 8 janvier 1627, confirmée deux ans Li par arrêt du Parlement de Paris, 1629 (*).
Les Archidiacres d'Outre-Loire et d'Outre-Maine avaient, eux aussi, des maisons réservées à leur dignité, l’une joignait celle de Saint-Maurille, in vico Cunaldi, l’autre était au fond de l’impasse, près de l’/x Pace du Chapitre. L’un et l’autre, s’ils étaient pourvus d’un canonicat et d’une prébende, ne pouvaient opter pour une autre demeure, comme il avait été jugé contre Garande.
Le Doyen, le Grand Archidiacre, les Archidiacres d'Outre-Loire et d’'Outre-Maine, le Pénitencier, pouvaient être pourvus d’un canonicat et d’une prébende tout en ayant leur dignité. Le Chanoine qui résignait sa prébende en faveur de quelqu'un, et devenait honoraire, n’était pas obligé de céder sa maison à celui en faveur de qui il avait résigné.
Le Chapitre, seigneur et maître dans la Cité, entendait bien comme tel y exercer tous les droits que lui accordaient ces qualités. Il n’était point résigné à y souffrir les abus qui pourraient y naître avec le temps. Aussi, en 1363, le Sénéchal d'Angers, Jehan de Chintré, s'étant permis de faire murer une porte, qui donnait du cloître du Chapitre en