Arch. de M. et-L. G. 278, p
112 SBonographie de la Œatbédrale D' Angers.
face le couvent des Jacobins, les chanoines se réunirent en séance publique, et, après avoir porté plainte contre le préjudice qui leur était porté de ce fait, réclamèrent réparation ('). D'ordinaire les Ducs d'Anjou y allaient doucement dans leurs relations avec le Chapitre et surtout dans les demandes qu'ils avaient à lui faire. Le 22 octobre 1414, c’est prudenter et maxima cum reverentia que le maréchal-des-logis du roi de Sicile vient réclamer quatorze chambres « konestas et propinquiores Castri pro habitaculo familiarium Regis. » Les Chanoines alors déléguèrent deux d’entre eux, MM. Simon Bodier et Pierre Turpin, pour procurer au dit maréchal-des-logis les appartements dont son maître avait besoin, « £am penes canonicos quam penes capellanos. »
Mais le Chapitre n’était pas toujours aussi accommodant avec les officiers du Roi de France ou ceux du Roi de Sicile. En 1437, les Chanoines prient l’évêque Hardouin de Bueil d’excommunier Pierre de Brézé, capitaine et sénéchal d'Anjou, qui s’était permis
d'occuper une maison canoniale contre sa volonté (*). — Le 28 octobre 1443, « Charles”
d'Anjou, comte du Maine, et frère de René d’Anjou, fait demander par un chanoine
une chambre dans une maison canoniale, « dans le dessein d’y tenir sa Chambre des”
Comptes. Le Chapitre charge deux chanoines de lui représenter les inconvénients de ce projet et s’y oppose (*). »
Avec le roi René, le Chapitre est généralement de bon accord, parce que ce Prince si bon, si aimable, en tout sait mettre les formes. Le 26 octobre 1464, « le maître d'Hôtel de René vient avec des lettres de créance demander aux chanoines treize chambres honnestes, les plus voisines du Chasteau pour y loger les principaux officiers du Roi, sçavoir l’évêque de Vence, Jehan de Cossé, le seigneur de Loué et de Brézé, de Clermont, de Malelièvre, le bailly de Vitry, Saladin, Philibert de Laigné et André de Laval, les enfants de Jehan de Cossé, Baudricourt et Maubrun, Étienne Moreau, Guillaume de Mirault, Montplacé de Fleurenville, et trois autres chambres pour le reste. » Un chanoine est aussitôt commis pour choisir les logements demandés et obliger le roi de
Sicile (*).
Si les chanoines logent assez bénévolement en leurs maisons les officiers du Roi de :
Sicile, ils répugnent à recevoir leurs gendarmes. Le 31 décembre 1470, ils arrêtent en Chapitre « qu’on obtiendra du Roy des lettres pour qu’il soit permis de mettre les armes de Saint-Maurice aux maisons qui en relèvent, afin que les officiers de Sa Majesté ne puissent se méprendre. »
Malgré toutes les précautions que prend le Chapitre, les gens de guerre et les gens du monde envahissent la Cité ; des chanoines et des chapelains sont les premiers à loger chez eux, ou dans les dépendances de leurs maisons, des appartements, pour augmenter d'autant leurs revenus. Et puis, les religieuses de Fontevrault et les religieux de Cunaut, n'ayant plus de jeunes moines à envoyer à l’Université d'Angers, plutôt que de laisser leurs immeubles à ne rien faire, les louent en attendant de les vendre. Alors, on voit successivement habiter la vieille maison de Suint-Alaurille, le frère de Jehan Bourdigné, l’auteur de la Légende de Pierre Faifeu, et autres personnes dont nous avons parlé (*). — La Municipalité d'Angers, dès le XVI° siècle, loue à l’abbaye de Fontevrault son magnifique logis de la rue Saint-Évroult pour y loger les gouverneurs de la Ville et du