Chan. Urseau, Cartul. n., D
120 @ponographie De ia Œatbévrale d'Angers.
à l'anniversaire de son père et de sa mère ('). — Puis, c’est Ulger, Geoffroy la Mouche, Foulques de Mathefelon, Guillaume Turpin, Guillaume Ruzé, qui prennent des mesures semblables.
Des membres du Haut Chœur font de même, doyen, grand archidiacre, archidiacres d'Outre-Loire et d'Outre-Maine, maîtres chantres, écolâtres, trésoriers, pénitenciers, et simples chanoines ; les membres du Bas Chœur aussi, maires-chapelains, corbelliers; des seigneurs, de simples fidèles.
Le Livre des Fondations. À côté du Livre des Anniversaires, il y en avait un autre que l’on ouvrait souvent dans les réunions capitulaires, c'était celui de fondations spéciales. Quelqu'un avait-il une dévotion particulière à la Très Sainte Vierge, il donnait aux chanoines une somme pour célébrer avec plus de pompe une solennité de la Reine du Ciel. — Un autre faisait de même pour une fête de Notre-Seigneur, pour celle de son saint Patron, pour celle d’un Saint en qui il avait confiance tout particulièrement. — Un autre fondait une petite rente pour faire réciter à perpétuité, tous les ans, à une date qu’il
fixait, un Salve, un Sub tuum, ou toute autre prière. —- Guillaume de Chemillé fonde la cire qui sera nécessaire à l’éclairage du Chapitre ; il laisse une rente de deux sols pour | l’entretien d’une lampe dans la chapelle où il désire être enterré. — Tel autre laisse une | somme à percevoir en une ou deux fois pour que « l’on allume tant de cierges ou de |
lampes » à l’autel de tel Saint, le jour de sa fête, pour que l’on sonne les cloches et le bourdon à telle date, en souvenir de tel événement; pour que, à telle solennité de l’année, il y ait au chœur un plus grand nombre de chapes.
Parfois, il y a des fondations bizarres, comme celle que fit un jour Ulger. L’Évêque avait remarqué que les chantres de la cathédrale, au commencement de l'office, solemniter dicerent ; mais qu’à la fin on les entendait moins, le ton baissant considérablement.
Mécontent « guod tam digna ecclesia quæ in principio offici videretur fervere, in fine
servilii videretur frigescere », il demande aux Chanoines de chanter le Benedicamus D" à toutes les heures du jour et de la nuit « fesfina voce et alta. » — Cela obtenu, nous dit une charte de l’ancien Cartulaire noir de notre cathédrale, « {anti doni exhilaratus concessione, » il donne «in perpetuum ecclesie S" Mauritii et canonicis » une terre qu’il avait achetée « à Raïinerio de Fulgeriaco et a Gunterio filio ejus apud Salmuniacum et nemus el ortum », et encore la maison qu’il avait fait élever en cet endroit.
Le Livre des Distributions. — La règle des Chapitres vivant de la vie régulière et desservant les cathédrales, attribuée à saint Augustin, et reformée par saint Chrodegang, évêque de Metz, avait été rendue universelle à tout l’Empire franc, au concile d’Aix-la- Chapelle, en 817. Elle accordait déjà à chaque chanoine, vivant en communauté avec l’Évêque, de légères rétributions, s/ipendia, en retour de ses services personnels (2). Elle les conserva à plus forte raison quand, au X° siècle, dignités et chanoines eurent abandonné la vie de communauté pour vivre chacun séparément dans la maison de leur prébende.
Les distributions étaient des sommes d’argent dont l'importance variait. D’ordinaire c'étaient des rentes assises sur les propriétés cédées aux chanoines par des fondateurs, ou achetées avec l’argent qu’ils avaient donné. Elles servaient à payer les membres du Chapitre chargés de célébrer leur anniversaire, à fournir une petite indemnité à ceux qui