‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 93 sur 212 · Arch. de M.-et-L. G · texte numérisé non relu

Arch. de M.-et-L. G

Œbapitre iv. — Réunions.du Œbapitre, etc. 119

fait savoir « que comme sa chère dame et mère, Madame de Valois ('), que Dieu absolve, laissa à la grande église 100 1. tournois, une fois pour acquerre et acheter rente pour faire son anniversaire trois jours mes si comme le Doyen et le Chapitre de lad. église dangiers qui nont encore pas ladicte rente acquise ou son testament pour faire tous jours mes le sien anniversaire vint livres tournois de rente perpétuel pour laquelle acquerre et acheter et a commandé à ses gens qui s’entremettent de l'exécution de son dit testament qu'ils délivrent mémoire au doyen et chapitre dessus dit. » — « Nous avons voulu, ajoute-t-il, consenti et octroié, voulons, consentons et octroions aux diz doyen et Chap. qu’ils puissent acheter et acquerre les dites rentes à Baillis d'Anjou, du Maine et de Tourraine, souz justice et sous noble fié, et qu’ils les puissent tous jours nous tenir et pourvoir paisiblement, sans en faire finance à nous ne à noz successeurs, et sanz q nous ne noz successeurs les puissent jamais contraindre à les mettre hors de leurs mains. Et que ce soit ferme et estable chose nous avons fait sceller ces lettres de nostre scel, sauf nostre droit en autres choses et l’autrui en tout et partout. — Donné à Poissy, au mois d’avril, lan mil cec cent et huit (*). » — Par lettres patentes de Marie, reine de Jérusalem et de Sicile, duchesse d'Anjou, données au Mans, le 15 mars 1388, est fondé un anniversaire solennel « qui sera fait dorénavant, par chacun an, en l’église d'Angers pour le roi Louis, son défunt mari, au 20 du mois de septembre, auquel jour il alla de vie à trépaz. » Elle assigne 50 1. de rente sur la recette ordinaire d'Angers, au terme de l’Ascension. Cette fondation fut ratifiée et confirmée par Louis, son fils, roi de Jérusalem et de Sicile, et duc d’Anjou, par lettres patentes données au château d'Angers, le 21 novembre 1404 (*). -— Par les mêmes lettres, Louis d'Anjou ordonnait un autre anniversaire solennel « en ladite église d'Angers pour lad. reine Marie, sa mère, au 12 nov. de chaque année, moyennant pareille somme de 50 livres sur la recette ordinaire d'Angers, d'Anjou, aux termes de l’Ascension et Toussaint par moitié. » Le tout fut confirmé par le roi Louis XI, par lettres patentes données à Plessis-lès-Tours, au mois de mars 1480, « par lesquelles il fonde encore une messe pour chaq jour de l’année à l’autel St-André en lad. église d'Angers, pour laquelle il assigne encore 500 I. de rente sur la recette ordinaire d'Anjou »; mais cette dernière fondation n’eut pas d’exécution. On n’en finirait pas si l’on voulait rapporter tout au long les fondations d’anniversaires en faveur du bon Roi René, d’Yolande d'Aragon, d'Isabelle de Lorraine, de Jeanne de Laval...

Les évêques imitent les rois et les princes. Entre 882 et 886, Rainon, évêque d'Angers, en retour de dons qu’il vient de faire au Chapitre, — il lui a cédé des maisons et des terrains dans la Cité, — demande aux chanoines et à leurs successeurs de chanter pour lui, tous les jours, le XXIV° ps. Ad te D" levavi et le CXLII° D" eraudi, et la messe du jour, «meæ arimæ absolutioni ab omnibus debitis et pro successoribus meis qui meæ firmilatis auctoritatem pari ratione cet eadem voluntate custodierint et observaverint (‘). » — En 1107, Renaud III de Martigné fonde un anniversaire pour lui et les chanoines de Saint- Maurice, et il donne ce qui sera nécessaire pour « payer le pain et le vin tant qu’autre chose selon q l’on aurait apresté ce jour-là et qu’il servit à de pauvres clercs ou laïques ainsi que le doyen et le semainier le jugeraient à propos, qui seraient reçus à la table pour manger avec les chanoines. » -— À son anniversaire on devait donner deux portions pour lui et une

1. Marguerite d'Anjou, dont le cœur fut retrouvé, en 1902, dans le chœur de la cath. 2. Arch. de M.-et-L. G. 324.

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