Fabrique, t. IV, p
2. Jbidem. — 1tem, pour quatre vitres, mises au lanternon, VIIII s, IV d. 3. Zbtdemn, t. IV.
4 La Renaissance en France, t. 111, p. 184.
Œbapitre vi. — Les Liochers. 87
ausst simple qu'aujourd'hui. La coupole à huit pans, qui lur sert d'amortissement et du centre de la quelle émerge un lanternon, au lieu de présenter une surface lisse, devait être décorée d'oynements analogues à ceux que l'on voit partout à cette place à l'époque de la Renaissance.
Rien de plus certain. L'ancienne lanterne était plus ornée, plus légère : elle était percée de huit arcades, celle d'aujourd'hui n’en a plus que quatre. Autrefois des colonnes cylindriques accompagnaient chacun des huit pans ; de vulgaires pilastres plats et unis les ont remplacées. Le dôme était sphérique et non tracé en contre-courbe. Deux balustrades à jour embrassant la base du dôme et celle du lanternon, produisaient de jolis effets de lumière et donnaient à l’ensemble une richesse et une légèreté qui lui font défaut. Ces galeries à jour, tombées en ruine avant l'incendie de 1831, ont été vivement regrettées des connaisseurs. |
Le ministère adopta après l'incendie de 1831 un plan nouveau en style classique néo-grec, assurément en désaccord avec celui de la tour.
En 1543, fut installée dans la coupole l'horloge, fournie par Dujardin et munie de deux cadrans peints et dorés. Là fut montée en 1572, la grosse cloche fondue en 1535, qui commençait à s’user, elle servit désormais de timbre pour sonner les heures.
L'habile architecte de la tour centrale mourut en 1576 et fut enterré dans l'église des Carmes d'Angers. Voici un extrait de son épitaphe ().
. Tu as élabouré temples et sépultures Logis des ossements des nobles créatures, Mais qui n’admirerait la hardie entreprise De ta brave lanterne au pignon de l’église Posée en l’air si hault entre deux piramides Dont les poincts élevés touchent aux nues liquides Et comme de l'horloge un gros son et tonnerre Avec sa pesanteur ne met sa masse à terre C'est de ton art divin un occulte mistère Qui l’ignorant invite à désormais se taire.
Le 14 juin 1592, dit Louvet, le fonnerre tomba sur le clocher et sur les niches, où sont les figures de saint Maurice et de ses compagnons (°).
Nous n'avons aucun détail sur cet accident : il n’en est pas de même pour l'orage du 25 mai 1617 (3).
« Toute la gallerie estant sur la flatte-forme du daulme, contenant de longueur et de relour quarante pieds, y compris cing pieds du côté de la pyramide est fracturée en divers endroits, ensemble le passage d'une des galleries en l'autre, icelles galleries ayant trois Pieds et demy de hauteur. — Les balustres (sic) dudit daulme en trois faces, contenant vingt sept pièces de longueur et trois pièces de hauteur sont la plupart tombés et l'autre partie disloquée. — En l'escalier de pierre, descendant de l'orloge, il y a cing marches de pierre dure cassées par le dit orage. — Vers midy, le coin de la tour dudit daulme est grandement
1. Bibliothèque d'Angers, Ms. n° 871, p. 105. 2. Revue d'Anjou, 1854, t. 11, p. 295. | 3. Fabrique, t. IV, p. 365". Devis des réparations du 26 octobre 1617.
88 onograpbie De la cathédrale D'Angers.
fracturé el endommagé, laquelle fracture pénètre le corps du mur de six pieds et demy compris les prillastres et corniches qui soulloient porter la gallerie d'audessus et Les saillies ainst qu'il est évident par les vestiges qui restent et par-dessus lequel entablement la dite gallerie a de haut quatre pieds et demy. ET pour celle réparation faire, est requis faire grand appareil de pierres de sept pieds de long ou environ pour liaisonner dans le dit corps du mur, avec des crampons et des barres de fer bargnées du sciment et chaux pour la seureté des diles saillies et supports des dites galleries. — Au-dessus du dict entablement, y a une grande fracture de hauteur de seize pieds tant en pied d'estail que basses et coulonnes suivant l'ordre corinthe et le haut des dites colonnes est rompu mesme les chappiteaux, archityaves et frises, celle ruyne s'estendant en la hauteur de six pieds, pour laquelle reparacion convient faire grand appareil de chaufaudage et engins à monter les matériaux jusques à cent-cinquante pieds de hault à prendre du rez-de-chaussée. — Au-dessouslz du dit entablement y a encore douze pieds de fracture, tant en coin carré qu'architrave.
Le clocher était illuminé en certaines circonstances : il le fut le 3 janvier 1634 pour la naissance du duc d'Anjou, mais le 14 février 1687, le chapitre défendit de le faire à l'avenir à cause de l'incendie de l’église de la Rochelle.
M. Desnoter, tailleur de pierres, reçut le 20 novembre 1757, la somme de 360 livres pour avoir réparé la galerie du clocher.
L'année suivante, il refit une petite galerie, joignant le dôme couvert de plomb (:).
Thorode, toujours ingénieux, explique à sa façon la croix à double traverse, qui couronnait la tour centrale. « C’éfait, suivant lui, /e sione à l'extérieur de l'exemption de l'église de la juridiction de l'ordinaire et de sa soumission immédiate à l'archevêque de Tours (°).» Une croix semblable brillait à la pointe du clocher de la Baumette. « C'éfart, dit Péan de la Tuillerie, /a marque de la prééminence de ce couvent sur tous ceux des Récollets, établis en France (;). » Ces raisons alambiquées seraient acceptables si les croix à double traverse dont il s'agit, n'avaient été placées qu’au XVIIe siècle (alors que cet insigne de l’archiépiscopat était en blason d'un usage courant), mais celle de la cathédrale y avait été posée dès la fin du XIVe ou dès le commencement du XVe siècle. Il est probable que celle de la Baumette, fondée par le roi René, y a toujours été depuis le milieu du XVe siècle. À mon avis, l'exemption de la juridiction de l'ordinaire n'y est pour rien. Ces croix ont été placées à la cathédrale et à la Baumette en souvenir de la Croix d'Anjou, nommée plus tard croix de Lorraine depuis que les ducs de cette province, issus de la maison d'Anjou, l'ont adoptée sur leurs monnaies. Après la réunion de l'Anjou à la couronne, le souvenir de l'ordre de la Croix, fondé par Louis Ier en l'honneur de la croix d'Anjou, c'est-à-dire de la Vraie-Croix à double traverse de la Boissière (aujourd'hui conservée aux [Incurables de Bangé), s'est complètement perdu. À cela rien d'étonnant. Thorode et Péan de la Tuillerie ont interprété la Croix à double traverse de leur mieux; il ne faut pas leur en savoir mauvais gré. |
La croix à double traverse de la tour centrale dont les bras avaient été coupés fut
1. Archives de Maine et Loire, Série G, n° 385. Délibération du Chapitre 1754-1771. 2. Molice de la ville d'Angers, avec notes de l’abbé Longin, p. 90. 3. Description de la ville d'Angers, réédition de Mgr Port, p. 236.
Rate